Lectures

24 avril 2017

Mélancolie de gauche

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« Mélancolie de gauche »

TRAVERSO Enzo

(La Découverte)

 

« La mélancolie de gauche » est-elle réductible à la seule fin de l’histoire du communisme qui « a brisé cette dialectique entre passé et futur, et l’éclipse des utopies qui accompagne notre époque « présentiste »... » ? N’est-elle pas, et plus globalement, ce processus individuel et collectif qui accompagna les échecs et les défaites de toutes les gauches sur tous les continents ? Y compris les gauches qui n’exercèrent jamais directement le pouvoir ? Révolutions avortées ? Révolutions dévoyées ? Révolutions de velours comme cela fut proclamé en 1989, ces révolutions qui selon Enzo Traverso « n’ont rien inventé » ?

Quoiqu’il en soit, cette « mélancolie » affecte nombre de celles et de ceux qui rêvèrent s’un autre monde, d’un monde meilleur et qui se retrouvent prisonniers derrière les barbelés érigés par les tenants du néolibéralisme. Des espaces dont ils essaient de s’échapper, d’où ils tentent parfois d’élaborer de nouvelles utopies, de réinventer le futur dans un monde que n’obsède que le présent. Dans ce contexte, le souvenir des conquêtes passées s’estompe, « le legs des luttes libératrices est devenu presque invisible car il ne survit pour ainsi dire que sous une forme spectrale. ».

Voilà donc un livre qui interroge les perdants. De la Commune de Paris jusqu’à l’effondrement du communisme. Un livre qui toutefois n’englue pas dans la résignation, qui s’en va chercher derrière cette mélancolie les esquisses d’autres cheminements. « La mélancolie de gauche ne signifie pas l’abandon de l’idée de socialisme ou de l’espérance d’un monde meilleur ; elle implique cependant de repenser le socialisme à une époque où sa mémoire est perdue, cachée, silencieuse et demande à être rachetée. Cette mélancolie ne doit pas se limiter à pleurer une utopie perdue ; elle doit s’atteler à la reconstruire. »

L’objectif est ambitieux. Il a séduit le Lecteur qui prit grand plaisir à accompagner Enzo Traverso dans son cheminement parmi les œuvres multiples qui jalonnent l’histoire de « la mélancolie de gauche ». Ecrivains, poètes, penseurs, cinéastes. « Suivant une tradition qui remonte à Tommaso Campanella, pour qui la mélancolie et l’utopie s’attiraient et se repoussaient mutuellement de façon hypnotique, la culture de gauche s’évertua à occulter la mélancolie derrière ses espoirs messianiques. » 

Reste une interrogation que le Lecteur a envie de poser à l’Auteur. Pourquoi conclure ce livre passionnant en accordant tant de place aux travaux de Daniel Bensaïd ? Comme si le philosophe et ancien dirigeant de la Ligue Communiste Révolutionnaire concentrait dans ses contradictions l’essence même de cette mélancolie de gauche ? Alors que l’ouvrage, celui d’Enzo Traverso, dans les multiples rencontres auxquelles il invite, révèle la multiplicité des regards et donc des approches. « La mélancolie dont il est question dans ce livre est celle d’une culture qui ne s’apitoie pas sur les victimes mais cherche à les racheter, qui voit les esclaves comme des sujets révoltés, non comme des objets de compassion. »

 

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21 avril 2017

Le garçon

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« Le garçon »

MALTE Marcus

(Zulma)

 

Du néant au néant. Les cinq étapes majeures de la vie du Garçon. L’autre siècle, celui de la naissance du Lecteur, parcouru jusqu’au prélude de la Seconde Guerre mondiale. L’enfant sauvage, confiné dans l’environnement de sa mère. En un lieu improbable, proche de la mer, de la Méditerranée et de l’étang de Berre. Les derniers souffles d’une vie qui ne fut pas. « Celle qui pèse sur ses reins n’a rien d’un chevalier sinon la triste figure. Une femme. Ce qui reste d’une femme. Les reliques… » La mort de la mère. Le brasier. Avant l’adoption par Joseph, un homme brisé mais debout. Emporté cet homme-là, quelques années plus tard, par le tremblement de terre qui bouleversa la Provence. Donc à nouveau la solitude.

Puis la rencontre avec le saltimbanque. Les errances plus que les voyages. L’apparence, à défaut du bonheur, d’une certaine quiétude. Une vraie affection. Un guide spirituel plus que le père. Mais nul n’est éternel. Et surtout pas ce saltimbanque, ce lutteur indestructible qui finira par trouver plus fort que lui et ne s’en remettra pas.

L’errance encore. L’accident fortuit mais salvateur. L’adoption du Garçon mutique par un riche belgien et sa fille. Emma. Celle-là même qui provoqua l’accident. Le Garçon devient Félix. « Une appellation, une marque de reconnaissance. Au moins sait-il désormais à quel saint se vouer. » L’irruption de l’amour. Emma. Un bel amour. Sauf que la Guerre. La Première. Des Vosges à la Somme, Félix est de tous les combats. Jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé. Soigné. Sauvé. Emma auprès de lui. La rédemption ? Non. La Grande Guerre s’achève, mais la grippe est espagnole. Le virus s’en prend à Emma. Emma résiste. Emma se meurt. Le Garçon est une fois encore rendu à la solitude. Il ne lui reste plus qu’à cheminer jusqu’à son propre néant. A son rythme à lui. En prenant tout son temps.

Roman hugolien ? Pourquoi pas. Mais un roman qui s’inspire également  de Lawrence dans les pages qui relatent les « tumultueuses » étreintes d’Emma et de Félix, la riche héritière et le garçon sans origine. Un roman marqué par les lectures des Ecrivains qui furent des « combattants » et donc des témoins directs de l’immonde carnage. Barbusse, Dorgelès, Remarque, Giono, entre autres. Au cœur des pages que Malte consacre à l’immonde boucherie. Une dénonciation plus qu’une condamnation. Des lambeaux de phrases qui fleurent bon l’anarchisme. Un roman. Sur la crête duquel le Lecteur est en permanence resté en équilibre instable. Dont il est toutefois sorti indemne.

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19 avril 2017

Le noyau blanc

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« Le noyau blanc »

HEIN Christoph

(Métailié)

 

Nouveau roman de l’Auteur de « Paula T., une femme allemande ». Nouveau roman qui s’ancre dans ce qui fut la RDA, à Leipzig plus précisément. La vie d’un chargé de cours à l’université. Rüdiger Stolzenburg. La soixantaine. Une vie sans grand attrait. Un salaire qui lui permet tout juste d’assumer l’essentiel. Et la crainte du pire : l’administration fiscale exige de lui le paiement d’impôts liés à des revenus non déclarés. De brèves liaisons. Une femme qui s’est attachée à lui mais qu’il maintient à distance.  Et une obsession : Weiskern, comédien et librettiste qui aurait œuvré au service de Mozart. « Il continue à fouiller les archives, cherche dans les documents paroissiaux, correspond avec des chercheurs, des essayistes, de bizarres archivistes du dimanche, des descendants du comédien et auteur originaire de Eisleben, méfiants et sans le moindre intérêt pour leur ancêtre, il espère dénicher des écrits encore inconnus ou des renseignements ou des pistes, obtenir d’autres pièces de ce puzzle, avec lequel il compte donner une image complète des nombreuses facettes de cet extraordinaire Saxon, extrêmement célèbre à Vienne, dont la publication des écrits devait parachever et compléter la célébrité. »

Une quête au cours de laquelle Rüdiger Stolzenburg se confronte à un escroc. Dans cette Allemagne de l’Est intégrée voilà bientôt tente ans dans un système capitaliste sans foi ni loi. Où l’étudiant issu d’une famille fortunée fait des pieds et des mains pour acheter l’obtention du diplôme qu’il ne mérite pas. Corruption endémique. Prévarication. Un autre monde auquel le vieux professeur n’était pas préparé, auquel il peine à s’adapter, dont il sait qu’il ne lui concédera que des miettes. Des miettes dont cependant il se satisfait. « Suivre les  fluctuations de la Bourse, observer les panneaux remplis de chiffre, spéculer sur des matières premières ou des valeurs virtuelles, cela me plongerait dans la dépression. Je serais au bord du suicide si je devais jour après jour contrôler des colonnes de chiffres. »

Ne lui reste que Friedrich Wilhelm Weiskern. Sa quête constante des documents improbables qui lui permettraient de publier les deux tomes de l’ouvrage qui serait « son » aboutissement. Alors que l’université pleure misère, privée de l’argent public nécessaire à son bon fonctionnement, contrainte de quémander des aumônes auprès de rares et richissimes donateurs. Le passage du socialisme réel au capitalisme triomphant. Un roman doux/amer, aux colères et à l’indignation contenues. Reflet d’une littérature allemande qui, sur son versant oriental, propose de nombreuses et belles surprises.

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17 avril 2017

Quelques regards

 

CONTOU-Noel

 

 

 

 

 

 

 

« Quelques regards »

NOËL Bernard

(La Dragonne)

 

39 textes pour 39 peintures. Les peintures de Jean-Michel Marchetti. Observées plus que scrutées par Bernard Noël. Sans la moindre « recherche » d’une quelconque « compréhension ». « Il y a une beauté innommable. Ces deux mots sont incompatibles car cet adjectif n’est bon qu’à désigner la bassesse. La beauté, pourtant, a tout à gagner dans cette confrontation qui la valorise. »

Textes courts. Textes ciselés. Qui aident à s’installer dans un univers d’apparence rébarbative mais auquel l’œil finit par s’accoutumer, par se laisser apprivoiser. « L’œil n’a sans doute pour rôle naturel et premier que de nous informer sur l’environnement, et ce serait la raison de son penchant à reconnaître partout des choses déjà connues. Les images ordinaires de la réalité seraient ainsi son vocabulaire immédiat et la raison de se tendance à les repérer en priorité. Ce besoin d’identifier partout des représentations bien connues correspondrait à la pratique d’une seule langue, celle de la réalité. Que des yeux scientifiques parlent des langues spécialisées ne dérange rien, mais que des yeux d’artistes en inventent sans cesse d’autres dérange gravement l’ordre du monde. »

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14 avril 2017

La succession

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« La succession »

DUBOIS Jean-Paul

(L’Olivier)

 

« J’allais devoir rentrer en France pour enterrer mon père et m’occuper de ces choses que l’on doit régler quand on est le seul et le dernier à pouvoir les régler. Je pensai qu’après ma mort il n’y aurait plus personne pour s’occuper de ces formalités. Et pourtant tout se réglerait. Comme à chaque fois qu’un type meurt et qu’il faut faire de la place pour les suivants. Les numéros de sécurité sociale s’effacent les uns après les autres, les assurances se lassent de réclamer, les facteurs oublient l’adresse, les banques regardent ailleurs, et toute cette petite comptabilité

s’éteint d’elle-même comme une triste et mauvaise journée d’hiver. »

La mort du père. La succession. Laquelle n’enthousiasme pas Paul Katrakilis installé à Miami où il vit modestement de la pratique de son sport de prédilection, la pelote basque. Bien qu’il soit médecin, tout comme son père, le défunt, et comme Spyridon, son grand-père lequel se vantait d’avoir, en tant que praticien, récupéré un petit morceau du cerveau de Staline lors de l’autopsie du Bon Père des peuples soviétiques.

Paul Katrakilis rentre en France, à Toulouse, où il réintègre la vaste demeure familiale et entreprend de « s’occuper de ces choses que l’on doit régler. » La succession.

Soit donc l’immersion dans le fatras de ce qui constitue le socle des souvenirs familiaux, les authentiques et ceux qui le sont un peu moins. « Notre vie commune se résuma donc à l’acceptation silencieuse de ces artefacts généalogiques, ces ascendances tacitement détourées, ces fantômes qui n’erraient nulle part et ne hantaient personne. » Assumer l’identité. S’enclore dans le cabinet du père et y recevoir une clientèle qui avait vénéré celui qui ne refusait pas d’aider certains de ses patients à franchir l’ultime pallier. Des pratiques hors normes qu’il avait soigneusement consignées dans les deux carnets dont Paul Katrakilis fit la découverte. Une (ré)adaptation plutôt réussie par l’héritier qui reste cependant nostalgique de sa vie américaine, de cet amour qu’il frôla et des mâles amitiés sportives. Mais qui savait ce qu’implique l’héritage et qui, au bout du compte, ne dévia pas du chemin tracé par ses deux ancêtres.

Un roman fascinant. Un roman bouleversant. Les atavismes. Les héritages. Le peu de liberté dont dispose celui (ou celle) qui se retrouve en bout de chaîne pour s’émanciper du poids aberrant des contraintes.

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12 avril 2017

10:04

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« 10 : 04 »

LERNER Ben

(L’Olivier)

 

Pas convaincu, le Lecteur. Qui reste dans les mêmes dispositions d’esprit que celles qui furent siennes au terme de sa découverte de « Au départ d’Atocha ». Perplexité. Gêne. Et même un vague ennui à devoir accompagner l’Ecrivain dans ses pérégrinations.  Hier en Espagne (Atocha). Aujourd’hui à New York où l’on attend une tempête d’une exceptionnelle virulence. New York où l’Ecrivain se débat avec son impuissance à faire avancer l’écriture de son roman. Le Lecteur, lui, ne parvient pas à s’intéresser, à se rendre partie prenante de ce genre de littérature fort prisée par les faiseurs d’opinion.

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10 avril 2017

Le poids du coeur

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« Le poids du cœur »

MONTERO Rosa

(Métailié)

 

Un roman de science-fiction à l’intérieur duquel le Lecteur n’est jamais parvenu à trouver sa place. Même si l’Auteure traite d’un devenir possible d’une espèce animale en voie de déperdition, l’espèce humaine. Même si elle aborde à des thématiques d’actualité et leurs possibles (probables ?) conséquences vers la fin de ce nouveau siècle. Dont celle de nos poubelles nucléaires. Dont celles, plus générales, de notre très relative éternité.

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06 avril 2017

Jardins de la dissidence

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« Jardins de la dissidence »

LETHEM Jonathan

(L’Olivier)

 

« Mais pourquoi ne pas se révolter ? » La question revient tel un leitmotiv tout au long de ce foisonnant roman. Révoltes et dissidences essentiellement portées par deux femmes, mère et fille, Rose et Miriam, l’une et l’autre d’origine juive. Rose, la génération bolchevique, celle qui fut chassée d‘Allemagne et d’Europe de l’Est par les nazis, qui gagna les USA, s’y installa puis s’essaya à ne rien renier de ses rêves ni même de ses utopies. Miriam, la génération qui se délivra du poids et donc des contraintes du bolchevisme, qui s’égara dans des dissidences hétéroclites, celles qui jalonnèrent l’histoire des Etats-Unis dès le début des années 1960. Quelques comparses mâles. Dont Albert, ancien, époux de Rose et père de Miriam qui choisit, lui, de se confronter au socialisme réel et regagna au lendemain de la Seconde Guerre mondiale la partie de l’Allemagne communément appelée RDA.

Roman des désillusions ? Non, même si le Sergius, le fils de Miriam, semble se tenir à l’écart des cheminements de sa mère et de sa grand-mère. A l’aube du nouveau siècle, d’autres formes de dissidence s’esquissent, dans un contexte a priori bien différent de ceux auxquels s’étaient confrontées les deux femmes. Ce qui donne un roman passionnant de bout en bout, tant par l’usage que Lethem fait du matériau historique, que dans la complexité et la profondeur des personnages qu’il met en scène.

« Espèces d’Appalachiens. Jodleurs prétentieux. Bouseux. Toute le fershlugginante diversion des années Work Project Administration, la gauche entièrement sous la coupe du camarade Roosevelt ! Le moindre citadin jusque-là doué d’un soupçon de jugeote, qui partait en quête de cow-boys chercheurs de pétrole, fusain et carnet de croquis sous le bras, ou qui allait foutre un magnétophone sous le nez de n’importe quel métayer illettré qui grattait une guitare à une seule corde ! Le Parti en quête de solidarité avec le peuple. Tes airs sont une caricature essoufflée du genre de musique de dessin animé que le Front populaire a laissé dans son piètre sillage. »

Une Amérique rebelle s’est révélée aux yeux du Lecteur. Une Amérique insoumise. Une Amérique dissidente. Dans ses diversités et donc ses contradictions, mais aussi dans son désir, conscient ou non, de participer à l’écriture d’une histoire étrangère à celle que gribouille aujourd’hui un certain Trump.

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05 avril 2017

La file indienne

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« La file indienne »

ORTUNO Antonio

(Christian Bourgois)

 

Sidérant polar. D’une inouïe violence formelle, reflet de la violence réelle dont le Mexique est le théâtre. Dans ce roman, celle dont sont victimes les migrants centraméricains qui tentent de gagner ce qu’ils croient être l’Eldorado US. Au prix d’une multitude de vicissitudes. Contraints de payer à des bandes mafieuses à des prix exorbitants leur périlleux voyage. Il existe bien une commission nationale chargée de les assister et de les protéger. Ce que croit effectuer Irma, une assistante sociale, envoyée à Santa Rita où un groupe de ces migrants vient de subir de sanglantes exactions. Sauf que la commission elle-même est vérolée. Et que l’assistante sociale se retrouve seule face à la pieuvre. Un roman haletant qui ne laisse guère de place à l’espoir, qui brosse le portrait d’une société où la corruption outrepasse l’entendement. Où le crime indiffère. « Il lui avait raconté des histoires de migrants crucifiés sur des poteaux électriques, de corps sans tête, de têtes sans langue et de doigts sans phalanges, de femmes dont on avait extirpé tout ce qu’elles avaient à l’intérieur et d’hommes à l’intérieur desquels on avait mis tout ce qui dépassait. »

Roman en prise avec l’actualité, en particulier depuis l’élection de Donald. Qui traite d’un Mexique en proie à d’infinies souffrances, mais dont les mieux nantis de ses habitants rêvent toutefois de ressembler au grand et puissant voisant du nord.

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03 avril 2017

Histoire de la violence

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« Histoire de la violence »

LOUIS Edouard

(Seuil)

 

Une œuvre angotique. Dotée d’intentions peut-être louables. Mais qui s’emberlificote dans un manichéisme (adossé à un conformisme quasi permanent) qui les desservent.  L’histoire d’une brève rencontre homosexuelle. La violence qui en résulta. Le tout essentiellement reflété par la sœur du héros malheureux devant son compagnon muet. Edouard Louis s’inscrit non sans roublardise dans ce courant d’une littérature autobiographique à laquelle le Lecteur est incapable de s’intéresser. En dépit des modes et de la pression médiatique. Tant il est vrai qu’il ne suffit de traiter ni d’homophobie ni de racisme pour conférer à son récit la force de conviction qui lui serait nécessaire.

L’écrivain Edouard Louis n’est toujours pas né. Il est peut-être en gestation. Le Lecteur n’en est pas certain.

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