Lectures

26 août 2016

Candide et lubrique

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« Candide et lubrique »

THIRLWELL Adam

(L’Olivier)

 

La société interlope de celles et ceux qui disposent des atouts nécessaires à l’usage immodéré des bienfaits que confère si ce n’est la fortune à tout le moins de conséquentes sinécures. La vie point trop désagréable d’un trentenaire qui « habite avec mère, père et femme et (qui a) l’impression d’être constamment en souffrance ». Bien manger, boire, faire la fête, partouzer lorsque l’occasion se présente et regarder des films pornos, recourir à quelques substances illicites. Quelques dérapages. Le recours à certaines formes de violence, puisque cela fait partie du jeu. La vie n’est-elle en effet pas qu’un jeu ? Qui concourt à l’ennui, c’est vrai. Qui génère l’ennui. Tant il est avéré que la vie, l’autre, la vraie, est maintenue en marge.

Le Lecteur reste hermétique à l’humour british. Cette satire sociale, ce portrait sans doute sans complaisance des couches les plus aisées de la société britannique n’a cependant produit en lui qu’une sorte d’ennui et donc une distanciation sans doute étrangère aux intentions initiales de l’Auteur.

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24 août 2016

Barracuda

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« Barracuda »

TSIOLKAS Christos

(Belfond)

 

Un romancier australien déjà rencontré il y a quelques années (« La gifle »). Point de surprise. Le Lecteur s’est installé dans un récit bien construit, efficacement mis en place par le romancier selon des modalités typiquement anglo-saxonnes. Du prêt à porter susceptible de se transférer vers le cinéma. Moyennant toutefois quelques aménagements. Tant il est vrai que « Barracuda » recèle des moments de littérature, de fugaces mais indéniables instants qui échappent aux contraintes « commerciales ». Bien que l’ensemble s’avérât cohérent, preuve s’il en était besoin du professionnalisme d’un Ecrivain qui vient tout juste d’entrer dans la carrière.

L’histoire ? Celle d’un adolescent doué pour la natation, intégré dans une sorte de lycée sport/études plutôt réservé aux nantis et pris en charge par un entraîneur qui veut en faire un champion. Ce qui aurait pu se produire. Mais il y eut les grains de sable dans l’engrenage. Et Danny ne concrétisera pas ses rêves de médailles olympiques. Pire encore : il connaîtra la prison, prison au sortir de laquelle il se construira une vie d’homme à partir d’un exil en Ecosse (et d’une tentative de vie de couple) avant son retour en Australie. Là où il renouera avec sa famille, une famille dont il découvrira les failles (d’où un happy end assez pesant).

« Il aurait tant souhaité lui parler de Carlo, de la prison, de ce qu’il savait lui-même de la honte, du déshonneur, de la difficulté de sortir de terre pour regarder le ciel à nouveau. Il avait tant de choses à dire, mais il craignait de ne pas savoir s’y prendre. Il avait besoin du silence, de réapprendre à se servir des mots, de pouvoir se fier à eux, de se révéler au jour sans les chercher en vain, sans échouer. Cela n’était pas encore possible. Oui, d’abord le silence, l’assurance que sa mère serait capable d’attendre. »

Un roman de facture très classique qui donc ne surprend pas mais qui se parcourt sans jamais ressentir d’ennui. Une histoire convenable au fil de laquelle le Lecteur se laissa emporter.

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22 août 2016

Le plus et le moins

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« Le plus et le moins »

DE LUCA Erri

(Gallimard)

 

Chaque année entre avril et mai, le Lecteur surveille sur les rayonnages de sa librairie préférée l’apparition du « dernier » De Luca. Cette année encore, l’honorable maison Gallimard n’a pas failli. Pour le plus grand bonheur de ce Lecteur fidèle aux quelques auteurs en la compagnie desquels il se prépare, avec toute la conviction nécessaire, à franchir d’ici peu le cap des trois-quarts de siècle.

Erri De Luca donne sens et cohérence, dans cet ouvrage, aux moments qui furent très probablement les plus importants de son existence. De son enfance napolitaine à son ancrage romain, en passant par ses expériences militantes, sa découverte de la condition ouvrière et sa passion pour l’alpinisme. Avec, et au beau milieu de tout cela, les livres, le bon grain et l’ivraie (« … j’avais ramassé Céline, un salaud à prendre et à flanquer au panier. »)

Erri De Luca se raconte. Et ce qu’il raconte de lui-même a bouleversé le Lecteur, sensible à la pudeur dont s’entoure l’Ecrivain qu’il commence, par ailleurs, à plutôt bien connaître. Avec les compléments, les informations qui relèvent de l’intime. Ainsi lorsque paraît le premier ouvrage publié en Italie, ouvrage qu’il offrit à son père. «  Et c’est arrivé, parce qu’il devait en être ainsi. Aucun autre choix ni variante, mais un ordre venu de l’avenir d’un enfant qui exécutait simplement son mandat. Je ne lui ai pas mis un fils dans les bras, mais un livre, à temps pour le voir l’ouvrir, le respirer au milieu, effleurer sa couverture lisse, s’informer sur le prix : « Le livre de mon fils. » Il était aveugle. C’est ma mère qui le lui a lu. »

Erri De Luca ne se renie pas. Il parsème ses textes de courtes réflexions. Il s’engage. « J’appelle terrorisme le bombardement d’une ville. Terroriste est celui qui se donne comme objectif militaire la vie de la population civile. » L’Ecrivain avait vécu les bombardements sur Belgrade. Comme un écho aux bombardements de Naples racontés par ceux qui en souffrir. Le monde de son enfance. L’île d’Ischia. « Adulte, je n’ai pas su avoir un désir de tropiques, l’île m’a suffi. »

Et puis ce qui fut. La jeunesse. L’ouverture au monde. Cette fin des années soixante de l’autre siècle. Tout ce tumulte. Tous ces rêves. Ce qui ne ressemble pas aux caricatures vulgaires qu’esquissent les idéologues du néolibéralisme.

« Dylan sifflait le départ d’un train, en appelant dehors une génération vaste comme elle ne l’avait jamais été auparavant à l’échelle mondiale.

Le monde était devenu un.
Une jeunesse chantait Dylan et s’affrontait à toutes les polices, de Prague à Berlin, à Paris, à Rome, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Les mêmes couplets et les airs identiques : être du même âge, avoir une même musique à jouer dans la rue ou dans un pré, donnaient des frissons. Aujourd’hui, le monde est un marché unique, à cette époque-là, c’était une seule jeunesse. »

Et puis, car il faut bien conclure : « Dans ma vie, je me suis battu pour une égalité, pour une liberté, mais la fraternité ne peut se conquérir. C’est un don, elle vient à l’improviste, elle peut durer le temps d’un demi-poulet. Mais elle existe, elle a existé, je l’ai goûtée… »

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19 août 2016

Héloïse, ouille!

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« Héloïse, ouille ! »

TEULE Jean

(Julliard)

 

Divertissante production. Le mythe Abélard/Héloïse revisité. La brûlante passion sexuelle entre l’abbé et philosophe quadragénaire et la jouvencelle placée sous la tutelle de son vieil oncle. La multiplication des travaux pratiques. Jusqu’à ce que le vieil oncle ne siffle la fin de l’exaltante récréation. Abélard définitivement privé de ses accessoires s’en revient vers ses obligations religieuses tout en continuant à répandre d’insupportables, aux yeux des prélats, de sulfureuses odeurs. Héloïse sacrifiera sa belle et si avenante jeunesse. Le Lecteur résume, abrège, coupe court.  Le roman se referme. Héloïse et Abélard défuntent chacun leur tour. La légende survit. Héloïse se taille la part due à l’inoffensive lionne. Jean Teulé se montra beaucoup plus convaincant dans quelques-uns de ses précédents romans.

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26 juillet 2016

La prime lumière

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« La prime lumière »

TONON Emanuele

(Verdier)

 

Défroqué, rendu à la vie civile, il raconte la mort de sa mère. Sa mère qui l’a recueilli, avec laquelle il a partagé le peu de ce qui concourt à la survie. Une mère qui naquit en Calabre dans une famille évidemment très pauvre. Une mère qui, à peine sortie de l’adolescence, avait migré vers le Nord, emportant avec elle l’enfant à naître et dont elle refusait de se séparer. L’enfant qu’elle éleva, qu’elle porta jusqu’à l’âge d’homme sans qu’il lui ait jamais déclaré son amour. Cet amour qu’il chante, qu’il entremêle des cris de ses souffrances, dans ce récit d’une noirceur impressionnante, dérangeante parfois.

« Tu ne pouvais rien, dans ce village en pente. Sinon attendre que quelqu’un te prenne et te remplisse le ventre de sperme. Il n’y a que ça que tu pouvais et que tu devais faire. Mais toi, tu voulais autre chose, toi fille de journaliers dévastés par des générations de misère, tu voulais être chose. Tu étais l’exception, le chromosome fou, la jeune fille si belle qu’il fallait la traiter à coups de ceinture, de louche, de claques en pleine figure. Tu t’es enfuie… »

L’histoire des « Sans dents », qu’ils fussent d’Italie ou d’ailleurs, atteint dans ce récit-là à une évidence quasiment « palpable ». « Il est bon que les bouches des pauvres soient délabrées, il est bien qu’il y ait ce signe définitif, cette marque apocalyptique pour distinguer les pauvres des riches. J’ai appris, mon amour, durant ces années, et après ta mort, qu’il n’y a pas de moyen terme entre bien et mal, juste et faux, pauvres et riches, que nous autres de ce côté-ci nous n’avons même jamais eu de dents pour manger. »

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25 juillet 2016

Corps désirable

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« Corps désirable »

HADDAD Hubert

(Zulma)

 

Il est journaliste et il dénonce, entre autres, les pratiques perpétrées par les laboratoires pharmaceutiques. Mais il a dissimulé sa véritable identité : il est en réalité le fils du magnat de l’une de ces firmes. Jusqu’au jour où il est victime d’un accident et que son pronostique vital est engagé. Dans les coulisses, le papa va tirer les ficelles. Un praticien italien réussit une greffe censée rendre vie au jeune homme : il substitue au corps  très abîmé du journaliste devenu tétraplégique celui d’un inconnu. Et ça marche. Longtemps tenue secrète, l’aventure chirurgicale va bientôt faire la une des gazettes. Et le miraculé revient à la vie avec un corps qui n’est pas le sien et qui lui fait entendre qu’il n’est pas le sien.

Roman de science-fiction ? En partie, oui. Mais qui s’accompagne d’une réflexion (ou d’une tentative de réflexion ?) sur les perspectives que la science offre aujourd’hui à l’espèce humaine de reculer ses propres limites. (Le Lecteur ne put s’empêcher de penser tout au long de sa découverte de ce récit au demeurant passionnant à Frankenstein.) Celui qui fut journaliste va tenter, dans la dernière partie du roman, de retrouver la trace de l’homme auquel appartenait le corps qui n’est pas le sien. Puisque ce corps a ses singularités, qu’il porte des traces gravées sur et dans sa peau. Des tatouages.

 A coup sûr, le Lecteur fut passionné. Convaincu ? Ceci est une autre affaire.

« Ne pourrait-on pas en effet projeter dans un avenir proche un monde partagé entre simples mortels et surdoués impérissables ? Les têtes d’Einstein et de Nelson Mandela eussent pu ainsi enrichir et guider ad libitum les générations successives. L’Histoire conserverait ainsi des témoins irréprochables. Chaque pays aurait son élite d’immortels, manière de minotaures idéalisés auxquels on transplanterait de jeunes corps sains et vigoureux amovibles par tranches de dix ou vingt années… » Le Lecteur fit un cauchemar : la tête de François Hollande, cette tête si peu pleine, greffée sur le corps d’un foutreballeur d’origine africaine….

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22 juillet 2016

L'ange de l'oubli

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« L’Ange de l’oubli »

HADERLAP Maja

(Métailié)

 

Rencontre fortuite mais dont il résulte un choc d’une extrême violence. Que surmonte le Lecteur, tant ce choc lui permit de se sortir d’une certaine torpeur. Voilà un livre qui l’accompagnera longtemps encore, un livre rare, un livre d’une stupéfiante et rassurante humanité. Livre, plus que roman ou récit autobiographique. Ecrit par une dramaturge autrichienne. Autrichienne par obligation, puisque ses « racines » plongent dans le terreau slovène, en Carinthie et que les slovènes de Carinthie n’eurent d’autre choix que de devenir autrichiens au cours des années qui suivirent la Seconde guerre mondiale. Parmi eux, la famille de l’Auteure. Dont sa grand-mère dont « la langue allemande ne lui vient qu’à grand-peine puisqu’elle est pour elle plus ou moins une langue des camps… » Des camps de concentration. Puisqu’une majorité de slovènes résista (alors qu’une immense majorité d’autrichiens s’enthousiasma pour la cause nazie) et que de nombreux résistants et leurs proches furent alors déportés.

Ce temps de l’Histoire, la narratrice le découvre par bribes, la plupart du temps lors d’évènements a priori anodins de la vie familiale. Elle qui n’est qu’autrichienne que par obligation, mais qui réussit, via un parcours scolaire et universitaire exemplaire, une sorte d’intégration. Dans une opposition larvée à son père, engagé chez les partisans dès l’âge de douze ans, et marqué à tout jamais par les horreurs auquel il se confronta. Avec l’assentiment de sa mère. Tout en préservant ses racines slovènes. Alors que dès la fin de la guerre, les slovènes appartiennent à deux entités distinctes : la petite minorité autrichienne en Carinthie et la grande majorité dans ce qui est devenu, sous la tutelle de Tito, la Yougoslavie.

Maja Haderlap n’a pas écrit un manuel d’histoire. Elle relate la déchirure, les déchirures et leurs cortèges de souffrances. A travers les personnages de son récit. Sa famille. Ses proches. Les gens de son environnement qu’elle côtoiera jusqu’à son admission à l’université de Vienne. Les confidences. Les récits héroïques qui font revivre l’épopée des partisans. Les trahisons. L’Autriche vaincue mais si peu et si mal dénazifiée.  La quête d’une identité. « Dans ce pays, me dis-je, le slovène est donc quelque chose d’indésirable, et je me décide pour ce qui est publiquement méprisé parce qu’à mes yeux et aux yeux de ceux avec lesquels je vis, cela a une importance et parce que pour la première fois je comprends ce que pourrait signifier le mot appartenance. »

Voilà un livre qui bien qu’arrivé de manière fortuite jusqu’au Lecteur se révèle dans son immédiate actualité tout autant que dans son universalité. Voilà un livre dont il ne faut pas hésiter à se saisir. Tant il aborde avec d’exceptionnelles qualités littéraires aux questions essentielles que pose l’actuelle évolution de l’Europe. « Je suis certaine que dans ce pays, c’est l’attitude par rapport au passé qui rend nos histoires familiales si étranges et les fait se dérouler dans un tel abandon et un tel isolement. Elles sont quasiment dépourvues de liens avec le présent. Entre l’histoire de l’Autriche telle qu’elle est proclamée et l’histoire effective s’étend un no man’s land où il y a de quoi se perdre. Je me vois aller et venir dans une petite cave sombre et oubliée de la maison d’Autriche et ses vastes espaces clairs et richement décorés. Dans ces pièces claires, personne ne semble soupçonner ou pouvoir imaginer qu’il y a dans cette bâtisses des êtres que la politique a enfermés dans la cave du passé, où ils sont assaillis et empoisonnés par leurs propres souvenirs. »

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20 juillet 2016

La fin qui nous attend

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« La fin qui nous attend »

GIROD Ryad

(Barzakh)

 

La fin d’un monde. Un violent tremblement de terre détruit une ville algérienne. Une ville où s’affrontaient et continuent à s’affronter ceux qui se revendiquent de la légitimité du pouvoir, les militaires, et ceux qui au nom de la Religion cherchent à instaurer un ordre nouveau. Un mercenaire au service de la caste des militaires raconte les journées qui précèdent le chaos. Ce chaos final que lui prédit l’un de ses proches voisins. Alcool. Prostituées. Douce, l’ange d’une possible rédemption. Mais rien n’arrête la décomposition du corps social en état de mort clinique.

Ryad Girod brosse un tableau apocalyptique de l’Algérie contemporaine. La violence du séisme s’y conjugue à celle à laquelle s’exaltent ceux qui n’ont de cesse de s’arroger le pouvoir. Cynique, désabusé, son narrateur accompagne cet inexorable processus. « Seigneur ! Nous sommes les branches finissantes de la partie finissante de ton univers ! Nous sommes ceux par qui la fin arrive ! » Roman d’une noirceur absolue, d’un pessimisme qui ne laisse entrevoir aucune rémission, « La fin qui nous attend » reflète-t-il ce qu’il advient de l’Algérie ? Le Lecteur ne dispose pas assez de repères pour répondre à cette interrogation. Ne subsistent en lui, le livre refermé, que de douloureuses inquiétudes pour ce pays qui lui fut si proche dès les années de son adolescence.

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18 juillet 2016

Sens dessus dessous

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« Sens dessus dessous »

AGUS Milena

(Liana levi)

 

Cagliari. Une demeure bourgeoise qu’occupent au dernier étage, à la mode sarde, les nantis, les étages inférieurs étant réservés aux démunis. Les nantis ? Un violoniste américain qui connut son heure de gloire mais désormais plus pauvre que Job, et sa richissime épouse d’extraction insulaire. Les démunis ? Une jeune étudiante qui s’essaie à l’écriture et une sexagénaire, femme à tout faire qui se rapprochera du violoniste (abandonné par son épouse) jusqu’à en devenir sa maîtresse. Instants fugaces qui sont ceux du basculement, lorsque s’effacent les frontières sociales. Mais l’ordre ancien est immuable, ce que révélera le retour de l’épouse. Même si l’émergence d’un peu de désordre peut ensuite laisser imaginer ce qui relève, a priori, de l’impossible.

Le Lecteur s’éloigne de Milena Agus. Comme s’il avait déjà épuisé le filon. Comme si l’or qu’il avait cru déceler n’était somme toute que du plomb. Sévérité excessive ? Peut-être. D’autres s’enthousiasment pour ce roman. Le Lecteur, lui, ne dissimule pas son ennui ; bien qu’il eût manifesté suffisamment de vaillance pour accomplir sa modeste mission de lecteur….

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15 juillet 2016

Le Testament de Marie

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« Le Testament de Marie »

TOIBIN Colm

(Robert Laffont)

 

« Femme, qu’y-a-t-il entre moi et toi ? » Le Fils interroge sa Mère. Marie. A Cana. Les Evangiles revisités par Marie ? Lorsque Marc lui indique : « Il faut que tu partes avant le jour. Ils vont arrêter tous ses disciples. », Marie lui répond : « « Je n’en fais pas partie. » Le Fils, le Christ sera bientôt crucifié. Marie n’est donc pas de ses disciples. Elle est la Mère et se revendique comme telle. Celle qui avait épousé Joseph. Au plein sens de la chose.

Le Lecteur est un mécréant. Donc insensible à la mythologie christique. Et pourtant, il s’est laissé emporter par le récit que Toibin prête à Marie. Sans aucun doute parce que cette Marie-là est d’abord et avant tout femme. Et que cette femme souffrit infiniment plus de la violence qui entoura l’arrestation puis le jugement de son Fils que de sa crucifixion. Marie n’a pas la foi, au sens où son Fils l’entend. Elle incarne les prémices d’une résistance à l’aveuglement et à la folie des hommes. Toibin (le Lecteur ignore comment placer les accents au bon endroit !) est irlandais. Difficile donc de ne pas retrouver en filigrane comme une évocation des guerres qui opposèrent catholiques et protestants, le fanatisme, l’intolérance. Ce qui nourrit aujourd’hui d’autres crimes et l’enlisement dans les barbaries toutes plus insensées les unes que les autres.

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