Lectures

14 décembre 2018

Eden Springs

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« Eden Springs »

KASISCHKE Laura

(Page à Page)

 

Fascinant récit d’une réussite autant sociale que spirituelle. Une réussite qui prélude au naufrage. Au cœur des Etats-Unis. Au cours des années qui précèdent la Première guerre mondiale. La réussite d’un bellâtre (Benjamin Purnell), créateur d’une communauté dont il est à la fois le maître et le guru. A partie d’une thématique somme toute banale : la promesse de la vie éternelle. Promesse qui suscite l’exaltation parmi des jeunesses en quête de repères. Garçons et filles. Plutôt belles celles-là et donc rapidement intégrées à ce qui ressemble à un harem dans lequel, au gré de ses désirs, puise le dit guru. L’entreprise prospère. Le parc d’attraction qui se crée attire bien vite des foules de curieux, donc de possibles adeptes. Mais la mort d’une jeune fille introduit comme un caillou dans le bel engrenage.

Ce court récit/roman le confirme : Laura Kasischke appartient à la catégorie des beaux et bons écrivains américains. De ceux dont la fréquentation réjouit et réconforte. Via l’usage d’un fait historique, Laura Kasischke met à nu les « incongruités » (parmi lesquelles la sexualité) d’une société, laquelle, dans sa version contemporaine, reste à l’image de ce qu’elle fut.

« Elle pouvait à peine respirer. L’odeur de tous ces ouvriers y flottait. Le picotement léger de l’eau sale éclaboussée sur du bois pourrissant. C’était la pièce où ils avaient dansé nuit d’hiver après nuit d’hiver – les unes aves les autres, et avec Benjamin… Dehors, les arbres gelés du Michigan et rien d’autre – mais dans la maison de Diamant, Benjamin transformait l’eau en vin, et ils buvaient et dansaient avec Benjamin qui avait retiré ses chaussures… »

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13 décembre 2018

Le loup dans la bergerie

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« Le loup dans la bergerie »

MICHEA Jean-Claude

(Climats)

 

Perplexité du Lecteur qui, l’âge aidant, se méfie des apparences. Ici, les apparences d’un certain bon sens, de critiques et d’analyses qui émergent spontanément en lui lorsqu’il observe certaines des tares propres à la société au seine de laquelle il survit. Avec toutes les confusions afférentes, de celles qu’élaborent les metteurs en phrases dévoués à la seule cause des Maîtres du capitalisme. Rien de mieux en effet que la confusion introduite dans l’esprit de celles et ceux que tenteraient une contestation globale et radicale du système. Ce que Michéa tente de débusquer dans ce court opuscule, là où il donne l’impression d’accorder au libéralisme des vertus « émancipatrices », tout en concédant au Lecteur que les avancées (politiques, sociétales, culturelles) qu’a pu produire ce libéralisme se sont souvent conclues par de conséquents et douloureux reculs.

Est-il pourtant à ce point évident que la « gauche » se soit au fil du temps nourrie de l’idéologie libérale au point d’en devenir une sorte d’agent exécutif ? Ce qui vaut pour la gauche dite socialiste vaut-il de même manière pour les gauches « souterraines » ? Celles qui tentent d’émerger et qui se nourrissent, en partie, de la pensée de Michéa.

Cet opuscule a passionné le Lecteur. A travers ce qu’il rappelle sur l’histoire du libéralisme en particulier. Dans ses critiques, lui semble-t-il fondées, sur son enlisement qui le prive peu à peu de toutes légitimité et lui interdit d’imaginer des solutions novatrices. Dans la subordination à ses seuls intérêts des principaux acteurs de la vie intellectuelle et politique.

Mais dans quelle direction cheminer ? Comment se désentraver des liens qui paralysent ? La perplexité du Lecteur n’est pas feinte. Il lui est de toute évidence nécessaire d’accomplir l’effort d’aller au-delà des apparences.

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12 décembre 2018

La quatrième dimension

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« La quatrième dimension »

FERNANDEZ Nona

(Stock)

 

Redoutable récit qui a réveillé chez le vieux Lecteur d’insupportables douleurs. Celles qui s’installèrent en lui en ce matin de septembre 1973. Le 11 septembre. L’information distillée par les radios. Le coup d’état qui mit un terme à la belle aventure de la gauche chilienne. La mort d’Allende. Les premières heures de la dictature de Pinochet. L’abomination au cours des mois et années qui suivirent le crime soutenu par la puissance prétendument démocratique : les Etats-Unis d’Amérique. Les rencontres avec les premiers réfugiés. Des frères. Des camarades. Accueillis dans ce pays qui ne voulait pas d’eux. Que n’entourait de leur affection que celles et ceux qui s’étaient passionnés pour ce que fut « l’’expérience » de l’Unité Populaire, celle d’un cheminement vers un socialisme au visage authentiquement humain.

Donc un livre qui de son début jusqu’à son terme a bouleversé le Lecteur. Un livre que ne peuvent ignorer celles et ceux qui ici, en ce pays qui se prétend celui des droits de l’homme, ont vibré de toute leur chair, de toute leur âme, à ce qui se passait si loin d’eux, sur les rives de l’Océan Pacifique. Là où nos frères, nos camarades subissaient le martyre. Là où la soldatesque à la solde de l’Amérique torturait et assassinait le meilleur d’un Peuple qui avait eu l’outrecuidance de rêver à la création d’un monde de justice et de fraternité.

Ce livre-là ne guérit pas des douleurs. Il interdit de s’abandonner à l’oubli. L’oubli mortifère en ce temps où les fascismes s’installent à nouveau sur le devant de la scène. En toute impunité. Sous le regard bienveillant des Maîtres du monde lesquels, en un peu plus de quarante ans, ont réussi le tour de force d’éliminer l’essentiel des forces qui combattaient l’emprise, tant politique qu’idéologique, du système capitaliste.

« L’Histoire est bienveillante, nous oublierons que c’est lui (l’ex-président Patricio Aylwin) qui a fait appel à l’armée pour le coup d’Etat en 1973, l’information ne fait pas partie de cette mémoire, et ainsi, puisque le retour à la démocratie nous indique joyeusement que nous sommes arrivés à la fin du parcours, nous sommes libres d’aller boire, comme nous l’avons fait, un Coca bien frais à la cafétéria, puis d’acheter à la boutique des souvenirs, comme nous l’avons fait, deux pin’s à l’effigie d’Allende et une carte postale de la Moneda en flammes. »

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10 décembre 2018

La note américaine

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 « La note américaine »

GRANN David

(Globe)

 

Un moment de l’histoire américaine. Au lendemain de la Première guerre mondiale. Les tribus indiennes ont été parquées dans des réserves. Seul le peuple Osage bénéficie d’un privilège qui fut transféré sur un territoire dont il s’avéra bien vite que son sous-sol recelait un trésor. L’or noir. Le pétrole. Un trésor qui excita très vite les convoitises. Les Osages s’enrichirent. Mais considérés comme des mineurs. Donc incapables de gérer leur fortune. Donc soumis à la tutelle d’honnêtes « conquérants ». Lesquels « conquérants » se gavent sur leur dos. N’hésitant pas à éliminer les gêneurs. Trucidés. Empoisonnés. En toute impunité puisque les victimes ne sont que des indiens. Voilà pour la partie la plus intéressante, la plus « informative » de l’ouvrage. Aux yeux du Lecteur, passionnés par ce moment sordide et sanglant de l’histoire américaine.

La suite se lit comme un polar. Quelques crimes sont mis à jour. Une enquête commence. Une enquête pilotée par un flic. Un incorruptible. Intégré sous la houlette de Edgar J. Hoover dans ce qui deviendra le FBI. Le commanditaire des meurtres sera arrêté, jugé et condamné. Donc une vision un peu plus « rassurante » d’une certaine Amérique blanche. Une vision quasiment conforme mais dont la transcription ne manque cependant pas de faire froid dans le dos.

« Contrairement aux autres Américains prospères, les Osages ne pouvaient pas dépenser leur argent comme ils l’entendaient à cause de l’arrêté fédéral qui leur imposait des curateurs. (L’un d’entre eux prétendit que même les adultes raisonnaient comme « des enfants de six ou sept ans, et quand ils voient un nouveau jouet, ils veulent se l’acheter. »). La loi attribuait un tuteur à tous les Indiens que le ministère de l’Intérieur jugeait « incompétents »…. »

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07 décembre 2018

Massif Central

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« Massif Central »

OSTER Christian

(L’Olivier)

 

Christian Oster n’a pas réussi à réveiller chez le vieux Lecteur d’inconsistants souvenirs qui remontent à sa lointaine enfance, durant les années de l’après-guerre, lorsque lui furent imposés des séjours à la Bourboule. Et cela malgré la découverte des fastes de Saint-Nectaire ou bien encore de la fascinante beauté des lacs volcaniques.

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05 décembre 2018

Fugitive parce que reine

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« Fugitive parce que reine »

HUISMAN Violaine

(Gallimard)

 

Le Lecteur ne parvint jamais à s’installer dans la première partie de ce triptyque qui constitue moins qu’un roman une biographie familiale centrée sur la personnalité de la mère de la Narratrice. Laquelle Narratrice est l’une des deux filles de cette femme à laquelle le Lecteur ne parvint pas, d’emblée, à s’attacher. Dont la fréquentation le dérangea. Alors qu’il prit de pitié les deux gamines alors âgées, lorsque s’ouvre le récit, de dix et douze ans. Les instants où tout se prépare à s’écrouler. Le Mur de Berlin. Mais surtout ce qu’il subsiste d’une famille déjà décomposée. La séparation. Le départ du père, un « grand » bourgeois qui se revendique de gauche. L’alcool et les substances illicites dont cette mère fait un usage immodéré. L’effondrement dont les fillettes sont les observatrices. Et puis l’internement à Sainte-Anne, « célèbre » hôpital parisien où officie l’élite de la psychiatrie.

De leur côté, Violaine (la cadette, la Narratrice) et Elsa résistent. Mieux même : elles vouent à leur mère ce qui est plus que de l’admiration, ce qui ressemble à de la dévotion. En raison de ce que fut l’enfance de cette mère et de ses relations tumultueuses, voire même violentes, avec Catherine, leur grand-mère. La commune passion de ces deux femmes pour la danse ? Les deux derniers volets du triptyque ont fini par rapprocher le Lecteur de tous ces personnages féminins décrits avec un froid réalisme par la Narratrice.

« Entre la mère et la putain, maman n’avait jamais su choisir. Ce déséquilibre constant perdura par(delà le départ de ses filles et l’avait certainement précédé. La femme vivait ce funambulisme, l’inéluctable funambulisme de son sexe, tant bien que mal, mais maman le vivait surtout mal. Le cul entre deux chaises, elle n’avait réussi à le poser, son si beau cul dont les hommes avaient tant voulu…. »

 

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03 décembre 2018

Clientèle

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« Clientèle »

REYBOZ Cécile

(Actes Sud)

 

L’avocate. « Nous », lorsqu’elle se raconte dans ses relations avec ses clients. Spécialisée dans le droit du travail. Et qui, à ce titre, défend devant les tribunaux des Prud’hommes de la région parisienne, des salariés qui, pour la plupart d’entre eux, eurent le malheur de déplaire à leurs employeurs respectifs. Les victimes des violences perpétrées par les agents exécutifs d’un capitalisme tout heureux de se désentraver des contraintes légales qu’un archaïque code du travail leur avait imposé. Face à l’Avocate. Devant laquelle ils tentent de s’expliquer. Devant laquelle ils biaisent parfois. L’Avocate qui leur rappelle les règles élémentaires, celles qui prévalent dans sa profession : toute peine mérite salaire. La défense du salarié licencié passe aussi par la rétribution de celle qui assurera la défense de ses intérêts.

Le tableau « social » est saisissant de réalisme. Il alterne avec les moments où l’Avocate redevient « je », ceux où elle narre sa vie « privée », ses désirs et ses envies, les besoins d’un quotidien qu’elle tente d’agrémenter de « choses » qui ont un prix. Ses rencontres et ses errances. Son peu de vie familiale délimitée dans des périmètres bien précis. Le fils qui atteint à l’âge d’homme et que la violence subjugue, d’où les différents brouillons de la lettre qu’elle souhaite adresser à un psychiatre pour lui demander de prendre en charge les désordres éventuels de ce fils. Une fille fantôme et idéalisée, figée dans ses dix-sept ans.

Voilà un roman « intéressant ». Donc un roman non négligeable. Un roman de (sur) notre temps si peu soucieux de l’humain. Lequel humain retrouve ici une place centrale.

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01 décembre 2018

L'été circulaire

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« L’été circulaire »

BRUNET Marion

(Albin Michel)

 

Une bien belle rencontre littéraire. Inattendue. Et donc réconfortante. Un roman courageux, dans la mesure où une jeune Auteure s’attaque de front aux maux qui ravagent la société française : l’exclusion, les inégalités, le racisme. Avec une ardeur, un souffle et un sens de la dramaturgie qui confèrent au récit une authenticité remarquable. Celle-là même qui décille le regard de celles et ceux qui se confinent dans leurs certitudes et s’enclosent dans l’univers frelaté qui fait pourtant les délices des couches sociales moyennement inférieures.

Tout, dans ce roman, concourt à décrypter les tares d'une société si proche du renoncement. Le cadre géographique et sociologique. Cavaillon, ses quartiers populaires et sa proche « banlieue » tout aussi populaire. Cavaillon, dans la proximité des collines du Lubéron où se sont établis tant et tant de nantis. Cavaillon où les votants se tournent désormais, pour une part si importante d’entre eux, vers le parti politique qui concentre ce que certaine pensée française élabora de plus abjecte, d’infiniment réactionnaire.

Et, dans ce contexte-là, les quelques mois si particuliers de l’histoire d’une famille. Deux sœurs. Deux adolescentes. Céline, l’ainée, brutalement projetée l’année de ses seize ans dans l’âge de femme. Enceinte. Refusant de dévoiler le nom du géniteur. Jo, sa cadette. Si proche. Mais si prompte à tenter de stupéfiantes évasions (dont un passage par le festival d’Avignon). Rebelle. Lumineuse. Leur père, fils d’immigrés espagnols et ouvrier du bâtiment. Leur mère, fille de paysans et femme de service dans une école. Ainsi que quelques-unes et quelques-uns de celles et ceux de leur environnement. Des amis ou de banales relations. Un monde quasiment clos. Dans les profondeurs duquel parvient à se dissimuler la bête immonde. Un monde au cœur duquel se reproduisent, de génération en génération, des processus analogues (l’été circulaire).

Le Lecteur s’est enthousiasmé pour ce roman « politique » (au beau sens du terme). Puisse cette œuvre (car il s’agit bel et bien d’une œuvre !) ne pas être confinée par les faiseurs d’opinion dans les limbes d’un oubli prématuré. Tant il est vrai qu’il tranche avec tant d’évanescentes productions, reflets d’une société dont les Maîtres cherchent à engluer leurs sujets dans les miasmes du renoncement.

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30 novembre 2018

Le sergent dans la neige

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« Le sergent dans la neige »

RIGONI STERN Mario

(10/18)

 

Une nécessité : aussitôt refermé « Le courage de dire non », relire le tout premier livre de Mario Rigoni Stern. « Le sergent dans la neige ». Un des textes qui illustrent le mieux l’absurdité de la guerre. Prolongeant en cela la filiation, celle des Ecrivains de l’autre guerre, la Première, dont ses maîtres enseignèrent au Lecteur qu’elle fut Grande (Lecteur qui eut la chance de rencontrer très tôt Prévert :

Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre

Une effroyable connerie dont Mario Rigoni Stern témoigne dans ce récit dont l’âpreté bouleverse.

« Je restai seul. De la tranchée, j’entendais décroître les pas des Alpins. Les tanières étaient vides. Sur la paille qui, autrefois, avait été le toit d’une isba, gisaient des chaussettes sales, des paquets de cigarettes vides, des cuillers, des lettres froissées ; sur les piliers demeuraient épinglées les cartes postales avec leurs fleurs, leurs fiancées, leurs villages de montagne et leurs gosses. Et elles étaient vides, les tanières, vides, vidées de toutet j’étais comme les tanières. J’étais seul dans la tranchée et je regardais la nuit sombre. Je ne pensais à rien. Je serrais ma mitraillette. J’appuyais sur la détente, lâchant un chargeur entier. J’en vidai un second, pleurant tout en tirant. Je sautai dans la tranchée, pénétrant dans l’abri de Pintossi pour y reprendre mon sac. Il y avait des grenades que je fourrais dans le poêle éteint. J’enlevai l’amorce à deux autres grenades et les posai doucement sur le sol de la tranchée. Je m’acheminai vers la vallée. La neige commençait à tomber. Je pleurais dans la nuit sans savoir que je pleurais et je n’entendais que mes propres pas dans le sentier obscur. Dans la tanière, épinglée à un pilier, il y avait la crèche en relief que m’avait envoyée ma fiancée pour Noël. »

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28 novembre 2018

Le courage de dire non

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« Le courage de dire non »

RIGONI STERN Mario

(Les Belles Lettres)

 

« Apprenons à dire non. Je l’ai appris dans les camps et sur plusieurs fronts de guerre. Les gens d’aujourd’hui devraient apprendre à dire non en écoutant ce que les médias nous assènent, ce que nous disent les politiciens, ce que nous racontent les télévisions. Nous devons apprendre à dire un non définitif à la violence, à la suprématie d’une poignée d’hommes sur d’autres hommes. » (17 décembre 2001).

Ce livre n’est pas réservé aux seuls initiés, aux lectrices et lecteurs qui ont (ou eurent) l’habitude de fréquenter Mario Rigoni Stern. (Le Lecteur persévère quant à lui dans l’usage du présent !). Ce livre est en partie le récit d’une vie. Par bribes. Qui se complètent et s’enrichissent. La vie d’un jeune montagnard italien embarqué dans les guerres qui mirent l’Europe à feu et à sang. Le temps du fascisme de Mussolini. Celui du nazisme. Des Alpes qui érigent une frontière naturelle entre la France et l’Italie, jusqu’aux vastes plaines d’Europe centrale et la déroute des armées de l’Axe face aux assauts de l’Armée Rouge. Avant l’internement dans un camp de concentration. Une longue et douloureuse expérience qui lui confère ce droit inaliénable de dire non.

C’est aussi l’Ecrivain dans sa globalité qui se révèle au long des rencontres et des interviews qui jalonnent cet ouvrage. L’homme des montagnes, défenseur d’un milieu que les « industriels » du tourisme abîment et saccagent au nom du sacrosaint profit. L’homme de la connaissance de ce milieu si riche dans ses diversités, si fragile face à la rapacité des marchands du temple. Il y a, dans les propos de Mario Rigoni Stern, l’expression d’un humanisme vrai si nécessaire en ces temps du renoncement.

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