Lectures

15 juin 2019

La neuvième heure

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« La neuvième heure »

McDERMOTT Alice

(Quai Voltaire)

 

Ni Dieu ni Maître. A bas la calotte. Même lorsque celle-ci se surajoute aux déguisements de quelques bonnes sœurs. Un univers totalement étranger au Lecteur. En dépit de la chaleureuse présence d’Annie, jeune et pétulante veuve que ces bonnes sœurs ont recueillie, et de celle non moins remuante de sa fille Sally.

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12 juin 2019

Je reste ici

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« Je reste ici »

BALZANO Marco

(Philippe Rey)

 

Roman « social » plutôt bien apprécié par le Lecteur. L’histoire d’un village du Haut-Adige. L’histoire de ses habitants depuis le début des années 1920, lorsqu’après le traité de Versailles et l’écroulement de l’Empire austro-hongrois, la région devint italienne. Une population contrainte par les nouveaux maîtres d’adopter la langue italienne. Trina, qui se destine à l’enseignement, se familiarise à cette langue. Non sans réticence. Une réticence partagée par la plupart des hommes et des femmes et de son voisinage. Dans un pays où Mussolini et les fascistes viennent d’accéder au pouvoir. Elle accepte d’enseigner clandestinement aux enfants du village la langue de leurs parents, l’allemand. Puis elle épouse Erich, devient mère de deux enfants, attachée à cette contrée que nombre de ses proches ont déjà déserté.

La suite ? Elle est intimement liée à l’Histoire. Fascisme et nazisme. La seconde guerre mondiale. Des conditions d’existence plus que difficiles en ce pays de montagnes où l’on vit essentiellement de l’élevage. Avec un problème annexe : celui du projet de l’édification d’un barrage sous les eaux duquel le village serait inondé. Projet abandonné lorsque les nazis occupent la contrée. Mais qui revient sur le devant de la scène dès la fin de la guerre, lorsque l’Italie intègre la société des démocraties occidentales et se prépare à participer à la construction de l’Union européenne. Trina et Erich sont de tous les combats menés pour empêcher l’édification de ce barrage. Des combats sans issue positive face à l’ogre capitaliste.

Ce roman est une sorte de récit mémoriel destiné à Marica, sa fille, dont elle est séparée depuis longtemps. Un récit pour que la mémoire ne s’efface pas, pour que subsistent des traces de ce que fut la vie d’un pays malmené, coincé entre deux cultures. Un récit à l’échelle humaine qui raconte les bouleversements politiques, économiques et culturels qui élimineront progressivement tout ce que en avait fait la spécificité. Jusqu’à l’engloutissement, la disparition « physique » du village. Un roman « épique », tourné du côté des damnés de la terre. Une œuvre, somme toute, réconfortante.

(Le Lecteur indique qu’il fut parfois gêné et peut-être même irrité par certaines « légèretés » de la mise en langue française de ce roman italien.)

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10 juin 2019

Trio pour un monde égaré

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Trio pour un monde égaré

REDONNET Marie

(Le Tripode)

 

Trois personnages. Chacun se racontant dans un pays en guerre. Trois courts récits qui s’imbriquent et se complètent. Mais qui, au bout du compte, firent naître une vague frustration chez le Lecteur.

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07 juin 2019

La journée de la vierge

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« La journée de la vierge »

MARX Julie

(L’Olivier)

 

Ni Marx (le lointain ancêtre ???) ni Spinoza n’y purent rien. Le Lecteur resta à la marge de cet ouvrage dont l’humour ravageur ne lui arracha que de rares sourires.

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04 juin 2019

Ces femmes-là

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« Ces femmes-là »

MORDILLAT Gérard

(Albin Michel)

 

Du Mordillat pur jus (bis repetita ???). Le Lecteur ne s’en plaint pas, lui qui prend toujours plaisir à s’enclore dans des romans tout pleins de rage et de fureur. Des romans qui mettent le doigt sur les tares des sociétés capitalistes dont les tenanciers exhibent une foi inébranlable dans les prétendues vertus du néo-libéralisme.

Dans « Ces femmes-là », Gérard Mordillat se livre à un exercice d’anticipation. Si peu, mais tout de même. Quelques années seulement, mais qui suffisent au vieux Lecteur dont la mémoire s’effiloche pour qu’il ne s’égare pas et qu’il y retrouve même l’essentiel de ses repères (politiques en particulier). L’anachronique franchouillerie qui se prétend toujours républicaine ne se désole pas de l’irruption d’un pouvoir totalitaire qui vient de prendre les « affaires » en main. Certes, quelques oppositions ont survécu et sont tolérées par les nouveaux maîtres du pays. Un syndicat en particulier. Mais l’essentiel des personnels politiques et des membres les plus en vue de la société dite civile s’adaptent et collaborent, dissimulant à peine des ambitions, celles d’occuper des postes de premier plan dans la machinerie qui se met en place. Presque tous, donc sauf la frange des irréductibles, la résurgence des gauches de l’insoumission. Le syndicat, dans des conditions extrêmement difficiles, appelle à une manifestation. Une manifestation que le nouveau pouvoir entend récupérer en usant des vieilles et traditionnelles recettes : la provocation et le recours à la violence. Il parvient, semble-t-il, à ses fins.

Sauf que dans ce maelstrom, les femmes vont jouer un rôle déterminant. Elles vont être celles qui mettront en œuvre et réaliseront l’affranchissement. Car au-delà des multiples péripéties qui longtemps donnèrent l’impression au Lecteur que Mordillat, abdiquant lui aussi, concéderait la victoire aux Puissants et à leurs exécutants, les femmes parviendront à inverser les données du combat et donc mettre en échec les dits totalitaires, leurs soldatesques et leurs technologies pourtant les plus sophistiquées.

Au bout du compte, une grande bouffée d’air frais qui revivifia le Lecteur et lui donna l’envie de survivre encore un peu afin de savoir si ce qui s’apparente chez Mordillat à de l’anticipation relève du possible.

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03 juin 2019

Les cigarettes égyptiennes

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« Les cigarettes égyptiennes »

GHALI Waguih

(L’Olivier)

 

La réédition d’un roman paru voilà plus de cinquante ans, mais dont le Lecteur avait alors ignoré l’existence. L’œuvre d’un écrivain et journaliste, communiste et copte de surcroit. Son seul roman. Qui raconte la jeunesse de Ram, issu d’une famille aisée, dans l’Egypte des années Nasser. Ce qui ne pouvait que passionner le dit Lecteur. Qui découvrit dans ce roman des facettes inconnues de ce fascinant pays au cours des années qui suivirent le retrait des britanniques puis l’opération militaire conjointe des français et des anglais pour le contrôle du canal de Suez et enfin le premier conflit avec Israël. L’Egypte d’alors, une société cosmopolite, ouverte, vivante, colorée, malgré la férule qui pèse sur elle. Une jeunesse dorée, celle à laquelle appartient Ram, que porte le désir de suivre et d’imiter les modèles occidentaux. Boire. Aimer. Voyager.

Un roman qui raconte donc un temps révolu. Dont le Lecteur ne connut que d’infimes parcelles et qui s’est révélée à lui dans sa complexité.

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31 mai 2019

Ma dévotion

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« Ma dévotion »

KERNINON Julia

(Le Rouergue)

 

Un demi-siècle de la vie d’une femme, Helen. Fille d’un ambassadeur anglais, elle rencontre puis se lie à Frank, fils d’un diplomate, britannique lui aussi. Un lien nécessaire, celui de la survie, puisqu’elle souffre des agressions sexuelles commises à son encontre par ses propres frères. Un lien qui va conduire Helen à un enfermement volontaire, à un renoncement auquel elle n’échappera même pas au cours des quelques années de son mariage avec Günther. (« Je n’ai pas accepté d’épouser Günther Merens parce qu’il m’offrait une porte de sortie désirable, mais parce que je l’aimais… »)

Un demi-siècle d’attachement à Franck pour lequel Helen sacrifie se propre existence, afin qu’il puisse disposer des conditions les plus favorables au développement d’une carrière de peintre. (« Mais il y avait autre chose – c’était aussi le fait de revivre avec toi, d’avoir repris le fil de notre longue vie commune, qui me faisait oublier mon âge. D’une certaine façon, nous sommes restés ensemble les enfants que nous avions été. Notre amitié – comme le mot tinte étrangement à mon oreille ! – nous a comme figés, immobilisés dans un temps impassible. »

Un « nous » qui absout Frank : le long récit qu’offre Helen laisse entrevoir que c’est elle, et elle seule qui s’est figée, qui s’est immobilisée, et que ses rares tentatives d’évasion et de conquête de son émancipation furent vouées à l’échec. Allant même jusqu’à faire sien l’enfant que Frank avait eu avec une danseuse dont il s’était épris et que l’usage de drogues avait fini par détruire.

De leurs retrouvailles sur un trottoir londonien près de trente après leur rupture nait ce récit/confession d’une femme blessée et meurtrie, une femme qui se rapproche du terme de son existence et en fait une sorte de bilan univoque. Un roman auquel le Lecteur a fini par s’attacher en dépit de quelques réticences somme toute accessoires.

 

 

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29 mai 2019

Wild Side

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« Wild Side »

IMPERIOLI Michael

(Autrement)

 

Le Lecteur n’est pas un adepte de Lou Reed dont la musique lui est étrangère. Mais il a tout de même réussi à s’intéresser aux péripéties qui jalonnent à New York la vie d’un adolescent. Que le hasard conduit dans la proximité de Lou (Reed). Que le parcours scolaire rapproche d’une avenante jeune fille, Veronica, lycéenne comme lui.  Cette part essentielle du récit a su, elle, retenir l’attention du Lecteur.

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27 mai 2019

Asymétrie

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« Asymétrie »

HALLIDAY Lisa

(Gallimard)

 

Le vague clin d’œil en direction de Philip Roth n’aura pas suffi à convaincre le Lecteur. Même si Ezra Blazer, le vieil et célèbre écrivain, prend les apparences de l’Auteur de « Portnoy ». Et qu’une jeune écervelée, Alice, qui « fait » dans l’Edition, s’éprend du vieillard de cinquante ans son ainé. Malheureux Ezra dont le dos tout de guingois le fait atrocement souffrir, ce qui limite à des pratiques relativement anodines leurs joutes sexuelles. Chacun et chacune vivent leur vie, Ezra assumant seul la responsabilité d’organiser les retrouvailles des deux amants.

Gentillet. Conforme. Mais tellement éloigné de la littérature de Roth que le Lecteur ressentit comme de l’ennui face à l’insignifiance. Dommage, car la seconde partie du roman, a priori totalement étrangère à la première, ouvre, elle, d’intéressantes perspectives et laisse penser que Lisa Halliday dissimule en elle une Ecrivaine qu’il sera peut-être intéressant de retrouver dans un proche avenir.

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24 mai 2019

Alto Braco

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« Alto Braco »

BAMBERGER Vanessa

(Liana Levi)

 

« Il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Ou plutôt, il faut savoir d’où l’on vient pour pouvoir l’oublier. Je n’appartiens pas à une terre, mais à une histoire, dont je devais connaître le début pour en écrire la fin. »

La Narratrice (Brune) sait d’où elle vient : l’Aubrac (l’Alto braco), elle qui pensait tout savoir de et sur sa filiation, sa grand-mère (Douce) et sa grand-tante (Irène) en témoignent. Orpheline  de mère, une mère qu’elle n’a pas connue, elle a vécu son enfance et son adolescence sous la tutelle des deux aïeules, bistrotières à la mode aveyronnaise à Paris, mais toujours attachées à la terre de leurs origines. Des origines vers lesquelles s’en revient Brune au gré des circonstances. La mort de Douce finalement enterrée dans un petit cimetière villageois de l’Aubrac. Le ré-enracinement d’Irène dans le même village, à proximité de sa sœur cadette.

Brune découvre peu à peu le pays de ses ancêtres, cet Aubrac installé sur trois départements (Aveyron, Cantal et Lozère). Une contrée mystérieuse, refermée sur elle-même. Un pays de labeur, celui qu’accomplissent des paysans-éleveurs dans des conditions souvent difficiles. Un pays où dans l’ombre les femmes maintiennent les équilibres sans lesquels la survie relèverait de la gageure : la ferme, les enfants, la gestion des biens.

Dans ce contexte si particulier, Brune s’immerge progressivement. Souvent contre son gré. Découvrant par bribes des secrets de famille, de sa famille. Les dissimulations. Les non-dits. Apparences sauves jusqu’au jour où quelques langues se délient.

Ce roman, qui prend parfois les apparences d’une histoire « vraie », a tenu le Lecteur en haleine jusqu’à son terme. Tout plein d’une belle humanité. Avec ses personnages féminins si fascinants qu’ils relèguent les hommes dans l’ombre tout en laissant percevoir de belle manière le dur métier de paysan-éleveur.

« … j’ai saisi un couteau sans éprouver le moindre frisson et j’ai découpé la chair luisante dans mon assiette. Sans réfléchir, j’en ai porté un petit bout à ma bouche. Un arôme d’agrumes et d’échalotes a éclaté dans mon palais. La viande a fondu sous ma langue, tendre et fibreuse à la fois. Je n’en revenais pas : c’était délicieux. J’ai mangé un morceau, puis un autre, un troisième. J’avais beau appeler l’image du petit veau blanc dans l’étable de mon père, celle de Câline, la génisse euthanasiée, rien ne pouvait m’arrêter. »

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