Lectures

20 février 2019

Ne me touche pas

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« Noli me tangere

Ne me touche pas »

CAMILLERI Andrea

(Métailié)

 

Stupéfiant ! Le Lecteur n’avait pas fréquenté Andrea Camilleri depuis un bon bout de temps. Il retrouve, dans ce très court roman, un Ecrivain a l’esprit toujours aussi alerte (alors que l’Ecrivain a franchi le cap des nonante années). Capable de conduire une enquête jusqu’à son terme sans jamais ennuyer le Lecteur. Allant même jusqu’à lui donner une leçon d’histoire de l’art. Et tout cela dans la compagnie de Laura, une jeune et belle absente. L’obligeant à feuilleter les pages qui évoquent longuement, sur Wikipedia, l’œuvre de Fra Angelico, et de passer de longues minutes à scruter la fresque du Maître justement intitulée « Noli me tangere ». Laura fut une brillante étudiante en Histoire de l’art (d’où Fra Angelico). Laura est mariée à un vieil écrivain dont le succès éditorial ne se dément pas. Laura s’accorde quelques amants. Laura aurait même écrit un premier roman. Et pourtant Laura disparaît. Volontairement. Sans laisser de trace. C’est au commissaire Maurizi qu’est confiée la délicate mission de retrouver cette femme au comportement étrange. Une femme dont il est savoureux d’apprendre (et donc de comprendre) ce qui motiva sa disparition. Il suffit pour cela de faire preuve d’un peu de patience.

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18 février 2019

Lucia et l'âme russe

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« Lucia et l’âme russe »

VERTLIB Vladimir

(Métailié)

 

Une vieille dame, Lucia Binar. Dont la vie s’achève là où elle débuta, rue des Maures, à Vienne. En cette Autriche d’aujourd’hui qui n’a toujours pas exorcisé son passé nazi de la mémoire collective. Vieille dame quasiment seule, au seuil de l’impotence, mais l’esprit toujours alerte. Tellement alerte qu’elle prend la mouche lorsqu’un service social l’éconduit le jour où elle s’adresse à lui pour protester contre l’absence de livraison, la veille d’un week-end, des repas auxquels elle a droit. Lucia se lance à la recherche de la dame acariâtre qui eut le culot de l’éconduire. Une recherche qui va la confronter aux multiples désagréments que génère une société désentravée de ses repères. D’où une succession de scènes cocasses qui jalonne cette quête (dont celles des dialogues avec le propriétaire de l’immeuble où elle réside ou bien encore ses rencontres avec quelques hôtes a priori indésirables). Jusqu’au point d’orgue : la sorte de séance de spiritisme à laquelle elle est conviée, séance conduite par un étrange et fascinant personnage russe accompagné de ses compères.

« Sur la scène, Elisabeth et Viktor Viktorovitch entrecroisent leurs doigts, Oleg et Alexander font de même. Moi, je serre les mains de Moritz dans les miennes, ferme les yeux et formule le souhait qui me vient tout naturellement à l’esprit ; que le calme revienne dans notre immeuble et que je puisse l’éteindre en paix et sans souffrance dans mon appartement. Que pourrais-je souhaiter d’autre ? »

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15 février 2019

Les Furies

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« Les Furies »

GROFF Lauren

(L’Olivier)

 

Ce roman fut, paraît-il, au moment de sa sortie, celui qui dans l’abondante production américaine reçut les faveurs de Barak Obama. Le Lecteur quant à lui n’y décela aucune vraie raison de s’enthousiasmer. Tout juste parvint-il à s’intéresser, sans se sentir concerné, à la tragique destinée d’un couple flamboyant. De la gloire à l’anéantissement en passant par l’alcool et les drogues, dans un monde frelaté où le paraître prédomine sur tout.

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13 février 2019

De l'autre côté des montagnes

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« De l’autre côté des montagnes »

CANTY Kevin

(Albin Michel)

 

Un beau roman social. Qui approche au plus près les damnés de la terre. Des mineurs. Dans le contexte des années 1970. Une petite ville américaine. La mine d’où est extrait de l’argent. Un travail d’hommes. Un travail qui fait vivre les familles. Jusqu’au jour où survient la catastrophe. Une sorte de coup de grisou. Des dizaines de mort et quelques survivants. Les souffrances partagées. Vers quel avenir ? L’alcool et les drogues. Mais aussi les amours renaissantes. Dans un univers où tout tourne autour de cette mine.

« L’eau de pluie ruisselle dans le caniveau, se mêle aux cendres et à la saleté, laver le plomb, l’arsenic, le souffre, le chrome de l’asphalte. Tout ce qui est dans son sang. Tous ces bébés empoisonnés. Voilà à quoi ça ressemblait de grandir ici, de l’acide sulfurique dans le vin de la communion. »

Ne pas voir que la noirceur dans cet attachant roman qui raconte la tragédie. Un roman qui contient d’autres ingrédients, ceux qui se nourrissent de la solidarité, de la fraternité et donc de l’amour. Un monde ouvrier qui ne renonce pas, qui s’accroche à de vagues espoirs. Autant d’ingrédients qui ont donné du sens au cheminement du Lecteur tout au long de cette œuvre singulière.

 

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04 février 2019

Examen de mon père

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« Examen de mon père »

VOLPI Jorge

(Seuil)

 

Un roman sans fiction. « Dix leçons d’anatomie comparée ». Qui sont celles des corps, à la façon d’Ambroise Paré, de Léonard de Vinci, ou bien encore de Rembrandt et d’André Vésale. Qui sont celles, dans la pénombre du texte, d’un pays et de son peuple, le Mexique.  Un roman qui s’en vient sans aucun doute conclure ce que la mort du père, chirurgien émérite signifia pour Jorge Volpi. Une absence mise en parallèle avec ce qu’il advient de leur pays  Les regards qui divergèrent et qui divergent encore au-delà de la mort. Celui du père qui s’efface au fil des différents tableaux, le regard du notable un tantinet réactionnaire. Et celui du fils qu’indigne l’enlisement de la société au sein de laquelle il vit.

« L’empathie a beau être un mécanisme naturel qui nous permet de percevoir ce que l’autre ressent, il nous arrive de l’ignorer ou de la faire voler en éclats intentionnellement. Le racisme, la discrimination, la misogynie, l’homophobie, la haine et l’horreur des autres dérivent de préjugés qui outrent et défigurent les différences qui nous distinguent… »

 

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31 janvier 2019

Dans la baie fauve

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« Dans la baie fauve »

BAUME Sara

(Notabilia)

 

Un « beau » roman irlandais. Une ballade dont la mélodie rappelle des musiques venues de cette île de souffrances. Deux destinées qui se croisent. Celle d’un homme perclus de solitude. Et celle d’un chien borgne que cet homme a adopté. La lente, l’irrévocable descente vers l’anéantissement. L’extrême dénuement. La faim. Une errance à travers le pays d’Irlande dans une vieille guimbarde. « On roule toujours. Le temps ne se réchauffe pas. A la place, des tempêtes accompagnées de pluie. Le vent donne des coups des coups de boutoir dans la voiture, les essuie-glaces vont et viennent jusqu’à l’épuisement. On s’arrête dans les stations-service, nécessairement. En faisant la queue à la caisse, j’inspecte le présentoir des barres chocolatées. Je repère celles aux raisins secs et aux noisettes, et si jeux les atteindre sans me pencher au point d’attirer l’attention on en partagera une sur la route. Les raisins secs pour moi, les noisettes pour toi, le chocolat pour nous deux. »

Un roman don il est difficile de se défaire, un roman dont le Lecteur ne se défait pas.

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30 janvier 2019

La Revenue

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« La Revenue »

DI PIETRANTONIO Donatella

(Seuil)

 

Une histoire ordinaire. La Narratrice a vécu son enfance au sein d’une famille confortablement installée dans la société italienne. Et puis, sans qu’il lui soit fournit d’explication, un beau jour, la voilà qui est abandonnée et confiée aux soins d’une autre famille confinée, elle, dans la misère, au cœur d’un monde rural qui lui est étranger, elle qui n’avait jusqu’alors connu que le confort du monde urbain. « Ma mère de la ville est morte une de ces nuits dans le lit du haut. » Le lit gigogne qu’elle occupe avec celle qui, au fil du récit devient sa sœur et sa confidente, lit offert par celle qui avait été sa mère.

Ce roman a réveillé chez le Lecteur des souvenirs liés à ses anciennes passions cinématographiques, lorsqu’il se consacrait au visionnage des films qualifiés de « néoréalistes ». Ancré dans des réalités sociales plutôt sombres, il offre le portrait d’une jeune femme ballottée entre deux mondes que tout oppose mais qui s’efforce de tracer son propre cheminement. Un roman qui est celui de la survie. Un roman qui n’a pas pleinement convaincu le Lecteur, mais dont il a tout de même apprécié la révolte latente qui le nourrit parfois

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28 janvier 2019

Ecoute la ville tomber

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« Ecoute la ville tomber »

TEMPEST Kate

(Rivages)

 

Un étonnant roman qui entraîna le Lecteur vers des contrées qui lui étaient inconnues. Parmi des jeunesses britanniques cherchant à rompre avec l’ennui et la morosité de la société au sein de laquelle ils vivent. Des jeunesses qui refusent l’enlisement, qui s’interdisent la frilosité, qui se débattent pour ne point gâcher ce qui s’apparente à l’espoir.

L’écriture fascine. Même si sa mécanique désorienta le Lecteur. Lequel finit toutefois par se laisser apprivoiser. D’autant mieux que ce texte en ses flamboyances dénonce un monde dont les Maîtres détruisent cette part essentielle de l’humaine humanité, celle à laquelle se raccrochent les trois jeunes protagonistes.

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25 janvier 2019

Intérieur jour

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« Intérieur jour »

DUGAIN Marc

(Robert Laffont)

 

Il faut être un familier de Marc Dugain pour vraiment s’intéresser à cet opuscule. Le Lecteur n’est pas de ces familiers. Il a donc découvert que l’Ecrivain est, à ses moments perdus, un cinéaste. Une découverte qui l’incitera peut-être à élargir sa connaissance de l’œuvre d’un créateur hétéroclite.

Ce cet opuscule, le Lecteur retient toutefois l’antépénultième absolution du nazi Céline chez lequel Marc Dugain parvient à séparer le bon grain de l’ivraie, le « génial » écrivain de l’ignoble « ordure ».

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24 janvier 2019

Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la fraction Armée Rouge au cours de l'été 1969

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« Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la fraction Armée Rouge au cours de l’été 1969 »

WETZEL Frank

(Grasset)

 

Une adolescence allemande. En ces années où un ancien nazi occupait à Bonn les fonctions de Chancelier. Un étrange et sulfureux télescopage entre le groupe « innocent » que crée cet adolescent (et quelques-uns de ses comparses) et cette fraction évoquée dans le titre (dont les « actions » plongèrent alors la République fédérale allemande dans une frénésie sécuritaire peu conforme aux vertus de la démocratie). Le roman s’ancre dans l’histoire de cette Allemagne si mal dénazifiée et qui peine à se défaire de ses fantasmes. Un pays à l’identité trouble au sein duquel l’adolescent s’avère incapable de s’inventer des repères. Malgré les attentions que lui manifestent un prêtre et un médecin. En dépit de l’ordre « respectable » qu’impose un père autoritaire qui n’a peut-être rien oublié du nazisme de ses jeunes années.

Un roman utile, dont le Lecteur s’est parfois délecté, lui qui cherche, aujourd’hui encore à comprendre comment le peuple allemand a pu se laisser emporter par le bruit et la fureur si caractéristiques de l’idéologie nazie.