Lectures

22 novembre 2019

Terminus Berlin

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« Terminus Berlin »

HILSENRATH Edgar

(Le Tripode)

 

Hilsenrath ? Un écrivain allemand peu connu de ce côté-ci du Rhin. Une œuvre dérangeante. Une œuvre irrespectueuse à l’égard des dogmes. Dont ce « Terminus Berlin » constitue l’ultime reflet. L’histoire, résumée à grands traits, de Joseph Leschinsky, dit Lesche. Allemand et juif. Un survivant de l’Holocauste qui, au lendemain de la guerre, s’installa brièvement à Lyon avant de gagner les Etats-Unis. Ecrivain, par vocation. Mais qui, de l’autre côté de l’Atlantique, ne s’est jamais défait de sa langue maternelle, l’allemande. Au point d’écrire toute son œuvre dans cette langue-là, y compris les premiers de ses romains publiés aux USA. Qui entend ne rien perdre de cette langue maternelle et qui donc  s’en revient jusqu’au vieux continent. Installation à Berlin où il part à la quête d’un éditeur. Conditions de vie précaires. Berlin où il noue quelques relations, affectives, sexuelles et culturelles. Le Berlin d‘avant la chute du Mur. La reconnaissance littéraire qui survient mais qui se heurte à de triviales réalités : la haine que lui vouent les néonazis. Pis qu’un rappel des si sombres années de son adolescence.

Un roman d’un genre particulier. Ironique. Drôle. Incisif. Un roman qui s’empare de l’holocauste sans aucun respect pour les convenances. Un rire grinçant. De multiples artifices qui dissimulent les douleurs. Et un regard acerbe sur l’Allemagne des années du retour de son auteur à Berlin.

«  - Moi, je lutte en permanence contre les souvenirs de l’holocauste, mais ils reviennent sans cesse. Singer m’avait dit en guise d’adieu : « Pourquoi les Allemands ont-ils besoin d’un mémorial ? Le pays tout entier est un monument à l’holocauste.

-      C’est ce que vous ressentez aussi ?

- C’est seulement en Allemagne que j’ai vraiment pris conscience que j’étais juif. Je crois que dans aucun autre pays au monde on ne vous le fait aussi nettement sentir.

- Et vous voulez quand même rester en Allemagne ?

- Tout le monde me pose la question. Et ma réponse est toujours la même. Je suis un écrivain allemand et j’ai besoin de la langue allemande. Je ne suis pas revenu pour retrouver les Allemands, mais ma patrie linguistique. »

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20 novembre 2019

Helena

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« Helena »

FEL Jérémy

(Rivages)

 

L’Amérique. Quelques personnages mis en scène par un auteur français. De fortuites rencontres. Jusqu’au déchaînement de la violence. Une violence qui ne diffère guère de celle qui pourrait se produire à Vierzon ou à Vesoul. Mais l’Amérique, n’est-ce pas, à ce point fascinante… Le Lecteur n’entra pas en communion avec ce récit somme toute convenu.

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19 novembre 2019

Diamono

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« Diamono »

DIADHIOU Massamba

 

Un jeune écrivain persévérant. Qui prend le risque de l’auto-édition. Qui s’assume après deux premières tentatives (« Œdipe, le bâtard des deux mondes », parue chez l’Harmattan puis « L’Amour au Ban », une pièce de théâtre publiée chez Acoria).

« Diamono ». Deux nouvelles policières. Ayant pour cadre Dakar, « Une ville de conquérants ». Le second récit, plus abouti, mieux maîtrisé que le premier. Donc plus incisif.

Un ouvrage sans doute difficile à trouver en librairie, mais dont l’existence est avérée sur le Net. Un coup de pouce destiné à celui qui se bat pour exister, ce qui n’est pas le moindre de ses mérites.

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18 novembre 2019

Machin

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« Machin »

DESBIOLLES Maryline

(Flammarion)

 

La fascinante musique qui envoûte le Lecteur depuis sa première rencontre avec un roman de Maryline Desbiolles (« Primo »). Voilà bientôt quinze ans. Plaisir renouvelé depuis lors à chacune des rencontres. Une Auteure qui ignore l’esbroufe et tout le tralala littéraire.

Nice, bien évidemment. Telle un centre du monde. Du monde si particulier qui est celui de Maryline Desbiolles. Avec un détour par Casablanca, dans les années 50, où le tout jeune André écoute sagement Monsieur Cloclo (Claude Machin), garagiste de son état, lui raconter la vie de son père, Alfred Machin. Un aventurier d’exception. Un pionnier aussi. D’une forme d’art nouveau : le cinéma. Un cinéma dans lequel les animaux sont des acteurs essentiels. Et des studios niçois qui font penser à ceux de la Victorine, mais que Maryline Desbiolles appelle « Bon Voyage ». Nice, où l’œuvre nait. Où elle s’achève. On meurt jeune chez les Machin.

André, le Narrateur, narre mieux qu’il n’écrit (puisque le roman est affaire d’écriture. Sans se soucier du Lecteur. Qui lit et se laisse emporter. Jusqu’à la tombe niçoise d’Alfred Machin. Jusqu’à suivre l’ombre de Suzanne, la femme qu’aima le Narrateur. Jusqu’à respirer les odeurs du port et s’émerveiller, lui aussi, devant le prodigieux spectacle d’un feu d’artifice.

« A la nuit, les feux d’artifice sont tirés sur la mer. J’aime les feux d’artifice. Je me souviens des feux d’artifice tirés depuis la place des Nations-Unies à Casablanca, mais selon moi les feux les plus beaux sont ceux tiré sur l’eau et plus encore sur la mer. Un peu au large, les bateaux sont réunis et forment la cour venue acclamer le roi. On m’a raconté qu’en février, le dernier jour du carnaval de Nice, un feu d’artifice salue la disparition du roi de carton-pâte brûlé dans une barque voguant sur les flots noirs… »

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13 novembre 2019

Leurs enfants après eux

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« Leurs enfants après eux »

MATHIEU Nicolas

(Actes Sud)

 

Goncourtisé en 2018. Donc irréprochable. Ce qui n’a pas suffi au vieux Lecteur pour qu’il formule ici ce qui s’apparenterait à de l’enthousiasme. Non. Juste le sentiment d’avoir fréquenté un auteur en effet goncourtisable. Un récit qui s’enracine en ce pays haut qui lui est, lui, le Lecteur comme une seconde terre d’exil. Les années 90 du siècle défunt. Des adolescences au cœur de ce pays déjà mort. Vidé de sa substance. Quatre étés. Le passage à l’âge d’homme. Un lac. Des destinées contrariées quelles que soient les appartenances sociales. Du côté des beaux quartiers aussi bien que dans les cités HLM.

Un roman respectable mais pour lequel le Lecteur regrette un manque de fureur.

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11 novembre 2019

Quinze causeries en Chine

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 « Quinze causeries en Chine »

LE CLEZIO J.M.G.

(Gallimard)

 

La rencontre de l’Ecrivain presque débutant avec la Chine. Une rencontre suivie de tant d’autres pour ce grand voyageur devant lequel s’émerveille depuis plus d’un demi-siècle le Lecteur. Un Lecteur qui voyage donc par procuration. Et qui surtout découvre, grâce à Le Clézio, une culture qui lui, en très grande partie, inconnue.

Quinze causeries. Prononcées d’août 2011 à octobre 2017. Le plus souvent dans des universités. Face à un public d’intellectuels. Un ensemble cohérent dont le centre de gravité se situe dans l’humanisme qui est une constante et donc une exigence dans l’œuvre de Le Clézio. Un compagnonnage d’un demi-siècle dont le Lecteur ne renie rien.

« Lorsque, au siècle dernier, les théories racistes se sont fait jour, l’on a évoqué les différences fondamentales entre les cultures. Dans une sorte de hiérarchie absurde, l’on a fait correspondre la réussite économique des puissances coloniales avec une soi-disant supériorité culturelle. Ces théories, comme une pulsion fiévreuse et malsaine, de temps à autre ressurgissent ça et là pour justifier le néocolonialisme ou l’impérialisme. Certains peuples seraient à la traîne, n’auraient pas acquis droit de cité (de parole) du fait de leur retard économique, ou de leur archaïsme technologique. Mais c’est on avisé que tous les peuples du monde, où qu’ils soient, et quel que soit leur degré de développement, utilisent le langage ? Et chacun de ces langages est ce même ensemble logique, complexe, architecturé, analytique qui permet d’exprimer le monde – capable de dire la science ou d’inventer les mythes. Pour ne prendre qu’un exemple, je voudrais évoquer la langue des Indiens Embera de la forêt du Panama, population qui vit isolée et dans de grandes difficultés économiques, mais qui possède, en plus de la langue du quotidien, une langue littéraire permettant de transmettre les mythes. Pourrait-on dire d’un tel peuple qu’il est primitif ? »

 

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08 novembre 2019

Tunnel

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« Tunnel »

YEHOSHUA Avraham B.

(Grasset)

 

Un diagnostic qui s’en vient bouleverser la vie paisible d’un retraité, Zvi Louria : la démence. Quelques trous de mémoire. La rencontre avec un neurologue. Des conseils censés aider le patient à contenir l’évolution de la maladie. Dont la nécessité de demeurer actif. Une nouvelle vie, une vie de mouvement vers laquelle le pousse Dina, son épouse (et médecin pédiatre). C’est elle qui, entre autres, le pousse à reprendre à titre bénévole son travail d’ingénieur spécialisé dans la construction d’infrastructures routières. Ce qui à quoi il consent en dépit de ses réticences initiales. Il va donc accompagner  et conseiller celui qui lui succéda et qui n’est autre que le fils d’un de ses anciens subordonnés.

Ce roman israélien juxtapose deux récits : celui qui évoque le combat contre la maladie et celui qui narre le retour au monde du travail dans un pays obnubilé par la question palestinienne. Avec, en toile de fond, le portrait de la société israélienne. Un roman qui se corse lorsque Zvi et son jeune mentor se lancent dans l’élaboration d’un nouveau projet, une route « secrète » destinée aux militaires, route qui traversera le désert du Néguev. Or, une famille palestinienne, qui ne se réclame d’aucune identité, a trouvé refuge sur une des collines concernée par le projet. Zvi émet alors l’idée, afin de ne point importuner ces réfugiés d’un genre très particulier, de creuser un tunnel. Le type même d’ouvrage d’art dont il s’était fait une spécialité.

Roman fable, roman utopiste qui traite de la réconciliation, du vivre ensemble, donc à contre-courant de l’idéologie dominante et des pratiques politiques bellicistes qui marquent le long règne de Netanyahou. Un livre sur le refus de la résignation, qui parvient de belle manière à mettre l’’accent sur les perversions d’un pouvoir corrompu et sur les effarantes pratiques mises en œuvre par ceux qui lui sont inféodés.

« Des officiers supérieurs, retraités à un âge relativement jeune, ne se contentent pas des pensions confortables que l’appareil militaire leur verse, mais ils sont saisis par la fièvre de gagner, et le plus rapidement possible, un véritable pactole. Ils profitent du savoir-faire accumulé pendant leurs années de service militaire, pas forcément sous le feu du champ de bataille, mais, le plus souvent, en manipulant confortablement des ordinateurs et des systèmes électroniques secrets dans des bunkers protégés . Et pour quelle mission ? S’aboucher avec des marchands douteux, des trafiquants d’armes internationaux qui proposent à des dirigeants tyranniques et corrompus d’accroître leur emprise sur leurs peuples et de réprimer d’une main de far leurs opposants, grâce au savoir-faire et l’expérience militaires israéliens. »

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06 novembre 2019

Olga

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« Olga »

SCHLINK Bernhard

(Gallimard)

 

Voilà bien longtemps que le Lecteur n’avait fréquenté Bernhard Schlink. « Le Lecteur », qui renvoie aux dernières années de l’autre siècle. Et puis « Brouillard sur Manheim ». C’est tout. Donc des retrouvailles. Plutôt bien appréciées. Un roman qui raconte la vie d’Olga, une orpheline recueillie par une aïeule qui ne l’aime pas. Une bourgade sinistre. Un monde rural qui vit au rythme des saisons. Et Herbert. Fils et donc héritier d’un riche industriel. L’amitié, la proximité des deux enfants. Puis cette amitié qui se transforme et devient de l’amour. Malgré l’hostilité de la famille d’Herbert. Lequel fuit son milieu, élargit ses territoires jusqu’à devenir une sorte d’aventurier, jusqu’à s’égarer et s’évanouir, à la veille de la Première guerre mondiale, du côté de l’Arctique.

Rendue à sa solitude, Olga se livre alors avec passion à son métier d’institutrice. Eik, un très jeune garçon, est l’objet de tous ses soins. Surviennent les années noires, celle où l’Allemagne se donne aux nazis. Devenue sourde, elle est contrainte de quitter l’enseignement et de gagner sa vie en effectuant de petits travaux de couture. Travaux qui la rapprochent d’un autre garçonnet, Ferdinand, qui devient peu à peu son confident (et le Narrateur de la seconde partie du récit). Les zones d’ombre de la vie d’Olga se dissiperont dans les quelques lettres qu’elle rédigea à l’intention d’Herbert et que Ferdinand retrouva longtemps après le décès de celle dont il fut si fier. (« Quelle chance, quand la vie que mène quelqu’un et la folie qu’il commet s’accordent comme mélodie et contrepoint ! Et lorsque non seulement les deux s’accordent, mais que c’est la personne elle-même qui les met en accord ! »)

Un « beau » roman. Qui renvoie sans concession des reflets sur ce que fut l’histoire de l’Allemagne des deux guerres. Et qui brosse un chaleureux portrait de femme adossée à ses croyances et à ses convictions.

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04 novembre 2019

Les Effarés

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« Les Effarés »

LE CORRE Hervé

(L’Eveilleur)

 

Un des premiers polars d’Hervé Le Corre. Paru en 1996 chez Gallimard dans la Série Noire et réédité en janvier 2019 par une maison bordelaise dont le Lecteur ignorait l’existence. Un roman de « jeunesse », révélateur du potentiel de cet Ecrivain qui a produit depuis d’excellents polars.

Les Effarés ? Une bande de jeunes paumés, des enfants de la banlieue, celle d’une ville de province plutôt cossue, Bordeaux. Des petits trafics jusqu’au crime commis lors du braquage d’un camion transportant du matériel électronique. Le chauffeur massacré. Pour rien. La tentative désespérée d’échapper à la traque que mènent les flics (dont une jeune inspectrice peu préparée à se confronter à la violence). Fuite en avant qui conduit à commettre d’autres crimes, à s’enliser dans une folie meurtrière. Un récit haletant qui rend bien ce climat particulier qui caractérise ceux qui savent qu’au-delà d’un certain seuil, ils n’ont plus rien à perdre.

« Après vous ! Mes papiers ? Bien sûr ! En règle comme il faut, tu peux voir le tampon ! La mosquée, je ne sais même pas où elle est, vous voyez comme je suis sage ! Et merci pour le clapier, les salaires de merde, le chômage des fils ! Il pense à tout cela méli-mélo, Tayeb, la conscience affutée comme un écheveau de barbelés, il se voit cavaler dans la maison poulaga transformée en hôpital libanais, à soigner les rhumes au lance-flammes, façon clip hémoglobine, orchestre et chœurs de la Police nationale… C’est pas de la colère, oh non, c’est de l’imagination sanglante qui lui envahit la pensée comme une armée de pillards et qui fait se mêler les bruits qui les entourent, sa mère et lui, à la bande-son étourdissante. »

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01 novembre 2019

Hôtel du Brésil

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« Hôtel du Brésil »

BERGOUNIOUX Pierre

(Gallimard)

 

Bien que publié dans la collection « Connaissance de l’inconscient », ce texte de Pierre Bergougnioux ne traite pas de l’inconscient. Tel est du moins le ressenti du Lecteur. Qui a pris plaisir, bien que ce fût loin d’être une nouveauté pour lui, de s’immerger au cœur des pages où l’Ecrivain évoque quelques souvenirs de son enfance et de son adolescence. Une atmosphère d’ennui et de morosité. L’entrée dans le monde du savoir et la fréquentation des livres. Ce temps si lointain, quand Pierre Bergougnioux ignorait Freud. Ce temps donc où il ne s’interrogeait pas sur son inconscient. Ce temps d’une vie en construction.

« Etrangement, les livres ont échappé à la suspicion que tout le reste m’inspirait. Qu’ils n’aient jamais porté sur le monde que j’habitais, la vie qu’on avait, qu’un doute ait enveloppé la validité de ce qu’ils racontaient, de leur côté, n’enlevait rien à leur principe même. Ils conféraient à ce qu’ils évoquaient une netteté de contour, une consistance, une réalité, si l’on veut, qui n’était que d’eux, même lorsque rien ne prouvait qu’ils se référaient à quelque chose qui existait hors d’eux, même lorsqu’ils se donnaient pour des ouvrages d’imagination. »

Le Lecteur se retrouve dans ces propos-là. Au temps de ses humanités. Dans une ville de province grise et froide. La bibliothèque municipale. Les livres installés sur la table. Les voyages dans des réels si peu ressemblants à celui de son quotidien. Et Freud ? Le Lecteur ne le rencontra pas à Paris, via la plaque de marbre apposée sur la façade de l’Hôtel du Brésil, là où « l’inventeur » de la psychanalyse s’arrêta lors de ses séjours parisiens. Il lui fut imposé par ses Maîtres, via de doctes ouvrages vers lesquels, ses humanités achevées, il ne revint jamais. Avec, au bout du compte, un parcours sinueux qui le conduit aujourd’hui à se sentir, là encore, très proche des réticences que formule Pierre Bergounioux.

« J’ai douté d’y voir clair dans ce qui nous était arrivé d’emblée. J’en doute toujours. Des mondes à peu près fermés les uns aux autres sont brusquement entrés en contact. Le nôtre aurait pu l’emporter, donner le ton, nos usages et nos vues, notre langage s’imposer à l’extérieur. Nous aurions grandi, vécu en paix. Mais ce fut l’inverse. De là un trouble profond auquel les remèdes, qui pouvaient nous parvenir du dehors, eux aussi, étaient impropres à remédier parce que indissociables de leur cadre matériel (à peine), cendreux, marmoréen, symbolique. C’est pourquoi je n’ai jamais poussé la porte d’un psychanalyste. »

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