Lectures

23 septembre 2016

Les désertés

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« Les désertés »

MANCASSOLA Marco

(Gallimard)

 

La côte californienne. Un monastère ouvert à tous les vents. Pour qui veut bien s’y arrêter et prendre sa part des menus travaux domestiques. Le narrateur, par exemple, qui déserta Milan en ces années du berlusconisme triomphant. Seul, désargenté, il s’essaie à redonner un sens à son existence. L’irruption au couvent d’un de ses anciens amis le poussera vers des aventures « extraordinaires ». Des aventures qui lassèrent bien vite le Lecteur, très peu réceptif à un roman si semblable à tant de ceux qui exaltent la société des critiques si volontiers soumise aux exigences des grands épiciers de l’édition.

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21 septembre 2016

Cousus ensemble

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« Cousus ensemble »

BERGOUNIOUX Pierre

(Galilée)

 

« Si ce furent de belles années (celles de l’enfance de PB, NDRL), ce n’est pas comme les premières, parce qu’elles auraient versé un nouveau tribut de biens inconnus, énormes, indescriptibles – le monde, le matin, la mer, la conscience de soi -, mais parce qu’elles m’offraient la possibilité de réparer les préjudices qu’on essuie inévitablement, dans l’intervalle des moments heureux et, parfois, simultanément. »

Toujours, chez le Lecteur, le bonheur de croiser Pierre Bergounioux. Une vraie proximité. Beaucoup d’affinités. Jusque dans ce texte qui évoque l’enfance et les transitions, les passages, la quête du bonheur qui ne se conçoit ni dans le repli ni dans l’enfermement. Avec cette écriture ciselée qui ravit dit Lecteur, cette écriture claire, lumineuse qu’il envie.

« Ce fut tout simple. J’ai quitté, un beau matin, la sous-préfecture natale pour l’internat d’un lointain lycée où confluait une jeunesse en provenance de toute la région. C’est là que j’ai croisé des ressortissants de la Creuse voisine, dotés d’une solide culture politique que leurs ancêtres maçons avaient acquise à Paris où ils s’employaient, depuis des générations, dans la construction. Dans leurs casiers, les vagues, les fades manuels scolaires voisinaient avec des publications insolites, imprimées à Moscou, Leipzig, Pékin, même, et qui différaient de tout ce qui avait pu jusqu’alors me passer entre les mains. Elles visaient ouvertement à modifier de fond en comble ce dont elles parlaient. »

Une vraie proximité, bien que Pierre Bergounioux soit de sept ans le cadet du Lecteur.

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19 septembre 2016

Une vie de paysages

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« Une vie de paysages »

COMMENGE Béatrice

(Verdier)   

 

« Au bout de combien d’années le pays que l’on a quitté commence-t-il à devenir une terre étrangère ? Est-ce lorsque le nombre de jours vécus loin de lui est supérieur à celui des nuits passées sous son ciel ? » Dans ce récit fascinant, Béatrice Commengé suit les chemins qu’emprunta autrefois Lawrence Durell. De l’Inde où il naquit jusqu’à la Provence où s’acheva sa vie. Il n’est point nécessaire d’avoir fréquenté les œuvres du romancier britannique pour s’immerger dans cette sorte d’excursion susceptible de faire de nous « les enfants de notre paysage ». De la lointaine Asie jusqu’à notre Europe peut-être finissante, Durell rechercha les territoires de sa survie. Béatrice Commengé nous interroge sur le sens de cette quête. Du moins contraignit-elle le Lecteur à s’interroger sur sa propre quête d’un territoire qui fut à la jonction de son enfance ardennaise et de sa vieillesse languedocienne.

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16 septembre 2016

On inventera bien quelque chose

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« On inventera bien quelque chose »

SCIANNA Giorgio

(Liana Levi)

 

Deux orphelins placés sous la tutelle de leur oncle, mais qui continuent à vivre dans l’appartement qui fut, à Milan, celui de leurs parents. Mieux : ils assument. En premier lieu au plan scolaire. Mais aussi dans les « choses » du quotidien. L’oncle contrôle, l’oncle surveille. Il voudrait rapatrier chez lui, à Pavie, les deux infortunés. Lesquels se battent pour continuer à vivre dans le cadre qui leur fut « familial ». En dépit des difficultés à assumer ce quotidien, malgré de brefs dérapages. L’ainé prend en charge. Le cadet se laisse porter.

« Personne n’a décidé que Tommaso et lui continueraient à habiter cet appartement. Personne n’a vraiment accepté qu’un garçon de dix-sept ans et son petit frère de onze ans vivent tout seuls, mais personne ne les emmenés ailleurs. Et maintenant en avril, à un peu plus d’un mois de la fin de l’année scolaire, même un fou n’oserait pas. Situation. Tommaso et Mirko Turriani – Orphelins de père et de mère depuis deux mois – Confiés au tuteur Eugenio Barbieri – Résidence : en cours de définition. »

Rien de larmoyant. La solidarité, parfois fluctuante, de deux frères qui refusent la seconde mort de leur père et mère. Qui s’accrochent à ce qui fut et dont ils ne veulent surtout pas se délivrer. Complices. Jusque dans l’aventure madrilène de l’ainé, passionné de football et désireux d’accompagner une équipe milanaise pour une finale de coupe d’Europe.

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14 septembre 2016

Trois années-lumière

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« Trois années-lumière »

CANOBBIO Andrea

(Gallimard)

 

Roman de facture classique. Un médecin quadragénaire s’intéresse un peu par hasard au cas d’un gamin anorexique. La maman de ce gamin est-elle-même médecin (urgentiste). Les deux praticiens se rencontrent, se rapprochent. Il s’éprend. Elle se tient sur la réserve. Normal : elle assume les séquelles d’un divorce récent. Mais elle a une sœur plus jeune qu’elle. Et elle présentera cette sœur au médecin quadragénaire, homme timide et réservé mais séduit tant par l’ainée que la cadette. Sauf que l’ainée est la maman du gamin anorexique auquel il ne cesse de s’intéresser.

Un roman sur un sujet souvent abordé : le triangle amoureux. Mais traité avec finesse et intelligence par Andrea Canobbio. Une tentative plutôt réussie. Qui ne triche pas avec ses personnages, aussi bien ceux du triangle que ceux qui gravitent autour d’eux. Avec ce qu’il faut d’humour pour ne pas sombrer dans le mélodrame. En dépit de quelques longueurs et d’une approche parfois un peu trop démonstrative.

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12 septembre 2016

Ca aussi, ça passera

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« Ca aussi, ça passera »

BUSQUETS Milena

(Gallimard)

 

Ca n’a pas très bien passé. Ce petit et insignifiant roman. Dont l’Auteure est, paraît-il, fort bien installée à cheval entre le monde de l’édition et celui de la presse. Ce qui permet d’ouvrir bien des portes. Dont celles des prestigieuses maisons ayant pignon sur rue.

Barcelone. Cadaqués. La belle et bonne société. Les belles et confortables demeures. Maman vient de décéder. Blanca ne s’en remet pas. Enfants, anciens maris, amants, on bouffe, on baise, on se souvient, on consomme quelques substances illicites. Mais on sauve les apparences. La bonne éducation, n’est-ce pas. La nostalgie. On ignore le snobisme. Le verbe ne se soumet pas aux archaïques obligations. On est la décadente modernité d’une Espagne (plus que de la Catalogne) qui vit hors du temps commun.

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09 septembre 2016

Papa Singer

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« Papa Singer »

DEPESTRE René

(ZULMA)

 

René Depestre. Une belle, une superbe voix haïtienne. La voix d’un ancien, d’un maître. Voix à laquelle le Lecteur se familiarisa à la fin des années soixante de l’autre siècle. Grâce à Aragon et aux Lettres Françaises. Un long poème que l’hebdomadaire publia alors : ‘Les dieux atomiques d’Ohama ». Le Lecteur n’eut de cesse depuis de retrouver René Depestre. Ce qu’il fit plutôt bien. D’où son bonheur d’avoir découvert ce roman, « Papa Singer ».

Un roman qui bien évidemment parle d’Haïti. Qui contient très probablement nombre d’éléments autobiographiques. L’époque déjà lointaine où l’Île bascula vers la dictature. Port-au-Prince. La prise du pouvoir par Papa Doc, le « Père Spirituel » et ses Tontons Macoutes.  Le narrateur se situait du côté de ceux qui résistaient, de ceux qui furent les vaincus. Avant que ne survienne « un cauchemar sans fin ».

Ce moment du basculement est raconté dans un langage flamboyant, imprégné de tous ces mots qui font la singularité de la langue créole. Un roman qui s’imprègne de l’Histoire, mais qui place quelques êtres humains au cœur de la tourmente, dont ceux qui ne surent ni ne purent empêcher François Duvalier (Papa Doc) d’exercer tant de ravages.

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07 septembre 2016

Ce qui devait arriver

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« Ce qui désirait arriver »

PADURA Leonardo

(Métailié)

 

Treize nouvelles de l’écrivain cubain. D’un intérêt inégal. Qui toutes s’ancrent dans les réalités cubaines, politiques bien sûr, mais aussi sociales, économiques, culturelles. De fulgurants retours vers les années de la guerre en Angola, d’une jeunesse engagée dans une guerre dont les tenants et les aboutissants lui échappent. Cette guerre a laissé chez Padura d’indélébiles cicatrices qui l’ont conduit à écrire, telle est l’opinion du Lecteur, les plus prenantes, les plus abouties de ses nouvelles. Quant à la situation interne à l’Île, à l’absence de liberté, à l’étouffement, au désir d’un ailleurs qui poussa tant de cubains à l’exil, peinte dans un mélange de noirs et de gris, elle se nourrit d’un désespoir si profond qu’il est légitime de s’interroger ? Comment des centaines de milliers d’êtres humains ont-ils pu supporter, continuent-ils à supporter ce goulag ? Cuba et ses mythes n’ont-ils existé que dans la tête de quelques farfelus et d’inconséquents utopistes ? Le Cuba de demain sera-t-il, sous la houlette du puissant voisin américain, ce nouvel Eldorado paré de toutes les grandes valeurs démocratiques dont ce si puissant voisin a proclamé l’universalité ? La noirceur, l’infini pessimisme des textes de Padura convient à des lecteurs occidentaux arrimés à leur conviction qu’ils ont le privilège de vivre dans des pays bénis des dieux. Le Lecteur, lui, se pose un autre type de question : et si pour avoir tenu tête si longtemps à son puissant voisin, Cuba disposait d’atouts pour s’inventer une société capable de s’opposer à l’enfermement dans un autre goulag, celui que préconisent les Nouveaux Maîtres du Monde ?

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05 septembre 2016

Montecristo

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« Montecristo »

SUTER Martin

(Bourgois)

 

Hasard ? Accident ? Jonas Brand, jeune homme à tout faire dans la société des Médiatouilleurs, se retrouve nanti de deux billets de cent francs suisses portant le même numéro de série. Ce qui relève de l’impossible. Sauf qu’à l’impossible nul n’est tenu. En particulier dans les banques, fussent-elles suisses ! Jonas Brand se lance dans une enquête pour laquelle il reçoit l’aide et les précieux conseils d’un économiste devenu non présentable sur les plateaux de télévision. Tandis que sa jeune et séduisante compagne tente de réfréner ses ardeurs.

Ce thriller suisse alémanique a tenu le Lecteur en haleine jusqu’à son terme. En dépit d’autres lectures, celles d’enquêtes sur le système bancaire, entre autres, a priori plus et mieux « informatives ». Martin Suter prend le parti de mettre en exergue la toute puissance de ce système bancaire. Une puissance telle que ce système parvient à faire de celui qui enquête, qui s’approche tout près de la vérité, une marionnette qu’il le contraindra à le servir et à oublier une affaire qui finalement n’en fut pas une.

Roman pessimiste ? Le Lecteur opte pour un réalisme qui résulte d’un constat : les Puissants nouent des alliances face auxquelles le commun des mortels ne dispose d’aucune arme ne serait-ce que pour résister. A moins que de s’extraire du système, de survivre hors des espaces que celui-ci contrôle.

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02 septembre 2016

L'attentat de Sarajevo

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« L’attentat de Sarajevo »

PEREC Georges

(Seuil)

 

Roman de jeunesse. Roman inédit. Perec avait à peine plus de vingt ans lorsqu’il le dicta à une jeune et fidèle amie. La version publiée tient compte d’un certain nombre de corrections et surtout de passages raturés par l’écrivain en herbe. Pas de quoi s’enthousiasmer. Une édition d’abord destinée aux spécialistes de l’œuvre de Perec. Le Lecteur n’étant pas de ceux-là, libre à lui de ne pas dissimuler l’ennui dont il ne se délivra pas. Sauf dans les rares évocations du Belgrade et de la Yougoslavie de Tito. Quant au combat que mène le narrateur pour conquérir le corps plus que le cœur de Mila, compagne de Branko (qui est marié et réside à Sarajevo), son côté naïf voire même infantile semble prouver que l’Ecrivain peinait alors à s’installer dans l’âge adulte. Quant au rapprochement avec l’attentat de 1914, il relève d’un superflu tout aussi amusant qu’anecdotique.

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