Lectures

18 juillet 2018

La grande vie

738_martinet2017-couverture

 

 

 

 

 

 

 

 

« La grande vie »

MARTINET Jean-Pierre

(L’arbre vengeur)

 

Si court. Si puissant. Tumultueux. Un ouragan. La détermination du Lecteur de (vite) retrouver le seul des romans de Martinet qu’il avait découvert voilà si longtemps. « Jérôme ».

Mais ne surtout pas négliger ce texte. Quelques moments de la vie d’Adolphe Marlaud. Parisien. Résidant rue Froidevaux dans un minuscule appartement, tout prêt du cimetière Montparnasse où est enterré son père. Travaillant pour le compte d’un marchand d’objets funéraires. Emporté malgré lui dans une tumultueuse relation avec Madame C., sa concierge. Lui qui s’était promis de vivre à minima afin de s’éviter d’inutiles souffrances.

« Madame C., paquet de ténèbres, la dévoreuse. Elle me guettait depuis longtemps déjà, derrière les rideaux sales de sa petite loge, entre ses géraniums et ses plantes vertes. Fosse béante, ténébreuse, vagin d’ogres, tombeau de sommeil et de nuit, nuit de marécages, marécages du silence, silence de la mort. Chaque fois que je dépassais le numéro 47, elle me faisait un petit signe amical. Cela durait depuis des mois. Je ne lui répondais jamais. Au contraire, je pressais le pas… »

Posté par Palavazouilleux à 13:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


16 juillet 2018

Douces déroutes

images

 

 

 

 

 

 

 

« Douces déroutes »

LAHENS Yanick

(Sabine Wespieser)

 

« Ce qui a poussé sur cet asphalte fertile, c’est une inclination à oublier la mort. » L’asphalte des rues de Port-au-Prince. La mort du juge Berthier. Assassiné puisqu’il s’intéressait à des puissants, ceux qui font la pluie et le beau temps en Haïti. Brune, sa fille, qui vacille, se retient puis s’interdit de renoncer. Les quelques proches du juge. Pierre, son frère, longtemps contraint à l’exil en raison de son homosexualité. Et quelques personnages hors normes : une militante des droits des femmes, un poète, un égaré qui croit en la non-violence, un ricain et un journaliste français. Lequel journaliste s’éprend de Brune laquelle se lance dans « la » carrière, celle de chanteuse. L’effrayante réalité haïtienne dont il témoignera peut-être dans la presse de son pays.

Haïti. Terre en souffrance. « Ici, rire est une esquive, la plus douce de toutes. Pour regarder l’amer et le sombre. Pour endormir le malheur ou la douleur d’un sommeil inavouable. » Il y a chez les Ecrivains haïtiens que le Lecteur fréquente un souffle exceptionnel, une extraordinaire capacité à raconter ce qu’endure un peuple martyr. Dans une langue qui réconcilie avec l’usage de celle que l’on dit maternelle. Dans ce court roman, Yanick Lahens a évité les pièges du mélo, du larmoiement, des bons sentiments. Son récit, dépouillé du superflu, va à l’essentiel. Ce qui restitue, y compris aux plus démunis, la part vitale d’humanité.

« Je découvre un nouveau Voyage du désespoir, le danger embusqué à chaque tournant. Voyage à pied le long des routes, à travers des forêts hostiles, à bord d’embarcations sur des fleuves interminables, dans des camions sous des bâches jusqu’à une Lampedusa américaine. Qu’importe le lieu, quelque part où l’on saura guérir les enfants de leurs plaies, leur refaire un cœur frais et nous couvrir d’oubli. »

Posté par Palavazouilleux à 10:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 juillet 2018

Les biffins

index

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les biffins »

VILLARD Marc

(Joëlle Losfeld)

 

Court et percutant roman. L’histoire de Cécile, une jeune femme qui travaille pour le Samu Social et qui, à ce titre, parcourt de nuit les rues de Paris afin d’apporter un peu de réconfort aux abîmés de la vie que la société ordinaire laisse croupir sur les trottoirs ou dans des abris d’infortune. La fatigue et la lassitude la guettent. Elle démissionne et intègre les services d’une association chargée d’aider d’autres miséreux, ceux que l’on appelle les biffins et qui survivent en vendant des « peu de choses » aux marges des puces de Saint-Ouen. C’est là qu’elle rencontre des personnages hors normes. Fifi, qui dissimule « son » Sida. Samouraï qui finira assassiné dans des circonstances peu ordinaires. Avec, en toile de fond, l’incendie criminel d’un hôtel qui héberge quelques-uns des Indésirables.

Donc un tableau saisissant de la misère telle qu’elle ne se dissimule même plus. Un tableau en corrélation avec les impitoyables réalités qu’ont à subir les damnés de la terre. Sans fioritures. Sans demi-teintes. Un roman qui ne contient pas la colère. La belle et juste colère de Cécile.

Posté par Palavazouilleux à 11:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 juillet 2018

Le roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur

images

 

 

 

 

 

 

« Le roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur »

ROEGIERS Patrick

(Grasset)

 

Roman cinématographique. Drôle. Parfois même très drôle. La rencontre durant l’été 1948, sur les rives du Léman, de Léopold, roi en exil des Belges et de Hergé, le papa de Tintin. La Seconde Guerre Mondiale n’est pas très loin. Les deux hommes n’en furent pas des héros. Ils se bâtissent donc chacun leur histoire. Sur un mode cinématographique. Au cœur d’un pays paisible, point trop regardant sur les qualités particulières de ses hôtes fortunés. L’art de contourner l’oubli. Et de se raccrocher aux réalités helvétiques. Y compris les réalités sportives, cyclistes, bien entendu (Patrick Roegiers est belge), avec la rivalité Koblet/Kubler. Des repas frugaux. Les vins blancs des coteaux du lac. Les réceptions mondaines.

Le Lecteur ne s’est pas ennuyé. Pas un seul instant. Il a ri. Même si ses rires furent beaucoup moins sonores que ceux qui le submergèrent lorsqu’il découvrit un précédent roman du facétieux écrivain belgien, « Le bonheur des Belges ».

Posté par Palavazouilleux à 09:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 juillet 2018

Mercy, Mary, Patty

images

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mercy, Mary, Patty »

LAFON Lola

(Actes Sud)

 

Ne point s’y tromper. Mercy (Short)  et Mary (Jamison) n’occupent qu’une place de second plan dans ce roman. Il est vrai que leur enlèvement par des tribus indiennes remonte au 18° siècle. Alors que Patty (Hearst) fut enlevée en 1974 par un groupuscule révolutionnaire. Mais il existe un point commun entre trois ces trois femmes : elles épousèrent, dans des contextes bien évidemment très différents, la cause de leurs ravisseurs. Au point que Patricia, « rebaptisée » Tania, participera à un hold-up. Retournement « original » pour celle dont le père était un milliardaire, magnat d’une presse à scandale servant sans états d’âme les intérêts du capitalisme yankee.

(A l’époque des faits, puis au cours des années qui suivirent, le Lecteur ne porta que très peu d’attention aux divers rebondissements d’une affaire qui fit pourtant les délices d’une certaine presse française…)

Donc une « libération », un « désentravement ». A l’égard du religieux et des obligations familiales pour les deux ainées. A l’égard non seulement du statut social mais surtout de l’idéologie qui lui fut infusée dès sa plus tendre enfance pour la cadette. Qui écrit, dès avril 1974 : « J’ai choisi de rester et de me battre. » Auprès de ses ravisseurs qui deviennent donc ses frères de combat contre l’ordre dominant et les ravages qu’il exerce (pauvreté, corruption, guerres…). Deux autres femmes vont étudier et décortiquer le cheminement si particulier de Patricia/Tania. Une universitaire, américaine elle aussi, chargée par l’avocat de « l’enlevée » d’élaborer un rapport démontrant qu’elle ne fut pas coupable. Et Violaine, jeune étudiante française, collaboratrice de cette universitaire.

« L’histoire de Patricia Hearst est aussi … celle d’une jeune fille qui se débat, prise en tenaille entre des femmes qui en réclamaient tous la propriété… »

Le Lecteur n’est pas certain, le livre refermé, que l’Auteure ait atteint l’objectif qu’elle s’était initialement assigné. Trop brouillonne peut-être. Trop « démonstrative ». Trop centrée sur la personnalité de Patricia Hearst. Mais ayant tout de même le culot de prendre le contre-pied de l’idéologie dominante. Ce qui est remarquable.

Posté par Palavazouilleux à 09:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


06 juillet 2018

4321

images

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« 4321 »

AUSTER Paul

(Actes Sud)

 

Un certain Ferguson. Affublé de ce nom en raison d’une méprise, lorsque son (leur) aïeul, Isaac Reznikoff débarqua aux Etats-Unis à l’orée de l’autre siècle. Ferguson. Un vrai patronyme américain. Pour une enfance et une adolescence américaines. Sauf que cette enfance et cette adolescence sont susceptibles d’emprunter, à partir d’un point de départ commun, des cheminements différents. Mêmes origines. Mêmes parents. Mêmes apparences physiques. Mais des possibles différents. Selon les évolutions des adultes. Riches ou pauvres. Selon des facteurs indépendants de la volonté des uns et des autres. Quatre parcours. Vers des avenirs qui divergent tout en présentant quelques analogies. Le goût pour les livres et l’intérêt ou la passion pour l’écriture. Du Ferguson possible journaliste au Ferguson poète ou romancier. Une même passion pour les sports américains : base-ball, football et basket. Mais des destinées divergentes.

Et puis l’Amérique des années 60 et 70. Tout ce qui pèse sur le devenir d’un adolescent, donc de chacun des Ferguson. La guerre du Viêt-Nam en premier lieu. Mais aussi les assassinats de Kennedy et de Martin Luther King. Le racisme. La ségrégation. Les violences « légales ». Le tarissement du rêve américain. Le temps des découvertes, amoureuses et sexuelles. Et, tel un objet transversal, la littérature. Dont chaque Ferguson se réclame au hasard de ses rencontres. Le désir d’aborder à l’autre monde, la vieille Europe. La France en premier lieu. Chacun cheminant au gré de ses possibles, économiques et culturels, mais aussi idéologiques.

Voilà un roman « monumental ». Un roman dans lequel il serait vain, pour le Lecteur, de se borner à la seule problématique de l’autobiographie. Il s’agit bel et bien d’une œuvre de fiction qui prend appui sur quelques éléments liés à la réalité que vécut Paul Auster au cours de sa jeunesse.

Une œuvre hors normes. Une œuvre d’exception. Non pas en raison de son format si peu ordinaire, mais par son contenu, par tout ce qu’induit ce contenu. La déconstruction/reconstruction d’un monde que subit celui qui entre dans la vie, quels que soient les chemins qui s’imposent à lui tout autant que ceux qu’il s’évertue à frayer. Le Lecteur « fréquente » Paul Auster depuis les premières traductions parues en France (soit donc une trentaine d’années). « 4321 » refermé, il s’interroge sur les raisons qui l’ont conduit à « s’émerveiller », jusqu’à se refuser de refermer le livre selon les conventions qui ont pourtant toujours cours.

« Non, cela ne se discutait même pas : c’était très amusant de lire de la fiction, et aussi d’en écrire (plaisir mêlé d’angoisse, de lutte et de frustration mais tout de même très amusant car le plaisir d’écrire une bonne phrase – surtout quand elle commençait mal et s’améliorait progressivement après avoir été réécrite quatre fois – était insurpassable dans la liste de ce qu’un homme pouvait accomplir). Et une chose si amusante qui donnait tant de plaisir ne pouvait, par définition, être considérée comme héroïque. Si l’on écartait la mission sacrée du médecin, il restait d’innombrables activités héroïques que Ferguson pouvait envisager, par exemple une carrière dans le droit, et comme les rêveries éveillées étaient un domaine dans lequel il continuait à exceller par-dessus-tout, en particulier les rêveries sur son avenir, il passa les semaines suivantes à s’imaginer dans un prétoire où son éloquence sauverait de la chaise électrique des innocents accusés à tort et ferait fléchir et pleurer chaque membre du jury à la fin de sa dernière plaidoirie. »

Posté par Palavazouilleux à 14:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 juillet 2018

La danse de l'araignée

images

 

 

 

 

 

 

 

 

« La danse de l’araignée »

ALCOBA Laura

(Gallimard)

 

Derrière l’apparente légèreté, au-delà de ce qui prend les apparences de la distanciation, voilà un roman qui traite de sujets douloureux. Mais parce qu’ils sont à ce point douloureux, l’Auteure se prémunit de l’usage du pathos. C’est du moins ce qu’a ressenti le Lecteur.

Une jeune fille, la Narratrice raconte son installation à Bagnolet, à la périphérie de la ville capitale. Au tout début des années 80. Un minuscule appartement où elle vit en compagnie de sa mère et d’une amie de cette dernière. Le collège qu’elle fréquente, collège qui fut étrangement baptisé « Travail ». Les nombreux courriers qu’elle échange avec son père. Son père qui est toujours interné dans une prison, en Argentine. La dictature que la Narratrice n’évoque pas, mais qui est omniprésente (peut-être en raison du fait que le Lecteur garde en mémoire ces temps déjà lointains de l’infamie).

Durant quelques mois, dans leur correspondance, le père et la fille vont longuement échanger sur l’histoire d’une araignée apprivoisée. Une mygale. Enfermée dans une cage. Dont elle sort de temps à autre afin de succomber aux caresses de son propriétaire.

Et puis donc l’adaptation progressive à la vie française. Avec, et pour la Narratrice, la rencontre d’autres exilées, venant d’autres ailleurs. Une vie sans heurts. En se contentant du peu qu’autorisent les ressources des deux adultes. Le soir de la victoire de Mitterrand en 1981, observée sur l’écran d’un petit téléviseur. Une victoire applaudie. Sans illusion. De courtes vacances espagnoles, avec l’envie de retrouver la langue maternelle, envie contrariée puisque, tourisme oblige, la langue d’usage est l’anglais.

La découverte de la langue allemande (en première langue !). Au Collège. Comme un gage de la réussite à venir, de l’enracinement dans la société d’accueil. Langue étrange que l’allemand : « Pour dire la fille, on dit das Mädchen, c’est comme ça. Das Mädchen, c’est un neutre. »

Et puis enfin, l’annonce de l’improbable : la libération du père. Une libération conditionnelle. Sa fuite vers le Brésil. Puis son arrivée en France. « C’est étrange de voir mon père après tout ce temps. Je ne saurais pas dire d’il a changé, lui. En fait, j’ai l’impression de le voir pour la première fois… »

Un roman auquel le Lecteur fut très sensible. A cause de l’Argentine et de la dictature militaire. Avec le souvenir collé à ses basques de celles et ceux qui furent torturés, assassinés, embastillés. C’est aussi cela la Littérature.

Posté par Palavazouilleux à 14:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

02 juillet 2018

La fin de Mame Baby

XVM3ab00d12-b007-11e7-a8af-8df631bec9b0-300x442

 

 

 

 

 

 

 

 

« La fin de Mame Baby »

OCTAVIA Gaël

(Gallimard)

 

Roman dans lequel le Lecteur peina à trouver sa place. Jusqu’à ce qu’il en trouve la clef. Un peu par hasard. Et qu’il parvienne enfin à s’insinuer dans l’univers littéraire de Gaël Octavia, jeune (et néanmoins talentueuse)

romancière antillaise. Bien qu’il eût prêté une grande attention au préambule et à la mise en garde formulée par l’Auteure. (« On a tenté d’inventer de nouvelles règles de vie. Mais quelque chose d’ancien demeurait, l’impression d’une menace en haut, en bas et tout autour. On s’est aidé des religions, des maximes connues, des légendes et des chants. Une race inédite d’hommes et de femmes a fini par naître ici, dans cette ville que l’on disaut neuve malgré la menace ancienne respirée à chaque seconde avec l’air ambiant. »)

Des lambeaux d’histoires qui se recoupent ou se contredisent. Les histoires que raconte Mariette, une femme abîmée et vieillie avant l’âge. Ce que tente de raconter Aline, l’infirmière qui prend soin de Mariette. Après que celle-ci eut d’abord été confiée à Suzanne, la petite Blanche, aujourd’hui disparue. Leurs improbables dialogues. Les mots de la femme impotente et alcoolique. Ceux de la soignante, dont les origines ont tout d’abord semblé surprendre Mariette. Les mots qui restituent les absents, qui leur confèrent une certaine épaisseur. Une quête servie par une belle écriture. Une quête qui plonge vers les profondeurs d’un mal-vivre, sans chercher à lui conférer le traditionnel psychologisme explicatif. Un monde, le nôtre, où l’approche de l’autre, des autres, est rendue impossible en raison des murailles hérissées entre ceux et celles qui, en toute logique, s’y retrouveraient mieux dans le partage.

Posté par Palavazouilleux à 10:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 juin 2018

Une tête de nuage

images

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Une tête de nuage »

DE LUCA Erri

(Gallimard)

 

L’Evangile selon Erri. Erri qu’un Vaticancaneur finira bien par sanctifier ? Une possible écriture pour le théâtre. La représentation destinée à agrémenter une messe de minuit ? Le Lecteur s’est ennuyé. Ce qui l’attriste.

Posté par Palavazouilleux à 10:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 juin 2018

Zones de divergence

images

 

 

 

 

 

 

 

« Zones de divergence »

FEFFER John

(Inculte)

 

2050. Un vieil universitaire qui avait connu son heure de gloire avec la publication d’un ouvrage intitulé « Zone de divergence ». Cet homme-là cherche ç renouer avec son passé. Celle qui fut sa femme. Ses enfants. Tous dispersés dans un monde éclaté où rien ne ressemble plus à ce qui fut. Un monde en lambeaux. Un monde affecté par les désastres « écologiques ». Un monde partagé en zones vertes – celles dans lesquelles il est toujours possible de vivre – et en zones rouges – là où les conditions d’existence sont difficiles à supporter. Les formes d’organisation politique ont éclaté. Les vieux états-nations ont été atomisés, laissant la place à des micro-nations. S’impose une sorte de la loi de la jungle, négation des valeurs qui furent celles des démocraties d’autrefois au seins desquelles le vieil universitaire fit ses premières armes.

Au fil de ses voyages « virtuels », lors de ses rencontres avec celles et ceux qui avaient été ses proches, Julian West (le vieil universitaire) découvre quelques-uns des aspects les plus significatifs intervenus au cours des trente années qui avaient suivi la publication de son ouvrage.

Voilà un roman d’une noirceur absolue qui ne concède aucune place à l’espoir. L’humanité court à la catastrophe finale. En 2050, elle atteint au bord de l’abîme. Le Lecteur, lui, n’est pas sorti indemne de ce qui prit les apparences d’un parcours initiatique. Lui qui n’est pas un familier de la science-fiction. Mais qui reconnaît à cet ouvrage, et donc à son auteur, le mérite de mettre en garde sur la multitude des dérives susceptibles de conduire la dite humanité à cette catastrophe dont elle feint d’ignorer la proximité.

« Tout cela changea au tournant du nouveau millénaire, la période que nous appelons maintenant la Grande Polarisation. Le centre sortit du paysage. Les extrêmes prospéraient, en matière d’inégalités comme d’idéologies. Les modérés devinrent une espèce en danger et « compromis » fut bientôt synonyme de « capitulation ». Les désaccords initiaux se concentraient sur les politiques de régulation, mais le fossé se creusa de plus en plus. Et finalement, alors que l’humanité revenait dans l’histoire à marche forcée, ce fut le retour de la guerre de tous contre tous… »

Posté par Palavazouilleux à 10:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,