Lectures

24 mars 2017

Et la vie nous emportera

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« Et la vie nous emportera »

TREUER David

(Albin Michel)

 

Roman qui a réveillé les souvenirs du gamin qui se passionna pour quelques auteurs américains. Roman qui donc lui refila un sacré coup de jeune. Roman d’aventure. Avec en toile de fond la Seconde Guerre mondiale. Une famille aisée de Chicago, propriétaire d’une résidence d’été dans le Minnesota. Frankie, le fils unique, qui s’est lié d’amitié avec un jeune métis, Billy. Mais aussi sa proximité avec Félix, le vieil indien qui réside sur le domaine et en assure l’entretien. Donc la Guerre. Un camp de prisonniers allemands proche de ce domaine. Une évasion. Puis une poursuite qui tourne mal. Un drame qui se greffe à ceux qu’engendre la Guerre. Nul pathos. L’histoire conjuguée de quelques personnages dans une Amérique peut-être idéalisée mais si proche des rêves d’autrefois d’un gamin.

« Il n’était pas marié depuis longtemps que sa femme – rondelette, souriante, dure à la tâche, drôle – tombait enceinte. La cabane parut alors terriblement exigüe, même si personne de sa connaissance ne vivait plus dans une pièce. Il avait néanmoins besoin de davantage d’espace ? Et d’argent, aussi. Regardant autour de lui, il ne vit qu’un désert – tous les grands arbres avaient été abattus et les bûcherons étaient partis plus au nord. Il n’y avait pas d’autre travail possible, pas pour un Indien. A l’automne, sa femme et lui prirent le canoë et traversèrent le lac pour participer à la danse du Tambour… »

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Le cri

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« Le cri »

VILA Thierry

(Grasset)

 

Le Lecteur se situa constamment en marge de ce roman. Non en raison du roulis des vagues et de l’obligation qui lui fut faite de se tenir en permanence en équilibre instable sur le pont d’un navire. Mais c’est que l’indisposent les lieux communs, qu’il ne peut se faire à la récupération des idées préconçues. Le méchant qui, un exemple parmi d’autres, ne peut-être qu’un Serbe ayant commis les pires abominations lors de certaine guerre. (Alors que la France recèle de prototypes nombreux d’ignobles ordures non réductibles aux seules activités sexuelles…) Ce conformisme idéologique (puisqu’il s’agit bel et bien de choix idéologiques) irritent au plus haut point le Lecteur. Que n’apaisa que la rassurante présence d’une jeune chirurgienne, Lil, chargée d’entretenir l’état sanitaire de l’équipage. Une victime d’un avant mortifère, Lil ayant vécu le génocide qu’eut à subir le Rwanda.

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22 mars 2017

Légende

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« Légende »

PRUDHOMME Sylvain

(L’Arbalète/Gallimard)

 

Des ingrédients qui ont suscité, à défaut de passion, de l’intérêt chez le Lecteur. Le cadre géographique, en premier lieu : la plaine de la Crau, avec des incursions en direction de la Camargue mais aussi des Martigues et de Lavéra. Un cadre qui lui fut familier, qu’il retrouve parfois lorsqu’il entreprend un périple en direction d’Aix-en-Provence et que donc il traverse la plaine de la Crau. Ce qui fut l’un des piliers économiques de cette région-là : l’élevage des brebis et des moutons. Quelques-unes des pages du roman ne sont pas sans rappeler Giono et son « Grand Troupeau ». La montée vers les estives dans l’Ubaye ou les vastes prairies balayées par le Mistral. Et puis les années Sida, évoquées avec une grande sensibilité dans les pages où Sylvain Prudhomme raconte les derniers moments des deux principaux protagonistes de son roman, les deux frères issus de la branche agonisante d’une famille de bergers. Sans oublier ce que fut le rôle des « Malgré eux » durant la sinistre guerre d’Algérie, jeunes gens contraints de « maintenir l’ordre » comme il était d’usage d’alors le préciser et de participer, entre autre, à d’étranges corvées de bois.

Donc un roman plus que fréquentable, mis en scène par un jeune écrivain qui aime la photo et le film. Et qui fait assez bien partager ses passions via les deux autres personnages, ceux qui s’essaient à reconstituer l’histoire la famille de bergers de la Crau.

« A deux pas des splendeurs des Alpilles, des langues de sable vierge de Camargue, des calanques de Marseille et de Cassis, la Crau était cet angle mort. Ce bout de terre ingrat. Au milieu de la Provence, il y avait ça. Ces trente kilomètres de désert. Ces vingt bonnes minutes de vide, à cent dix à l’heure sur l’autoroute entre Salon et Nîmes. A perte de vue du plat. Des cailloux. Quelques cyprès coupe-vent. Des bouquets de roseaux le long de la rambarde métallique. Et presque toujours le mistral, qui à chaque rafale faisait se déporter la voiture et obligeait à corriger la trajectoire d’un coup de volant. »

(Le Lecteur précise que le désert fut en partie colonisé entre Arles et les Martigues par les industriels de l’arboriculture qui produisent là, à l’abri d’imposantes haies de peupliers, abricots, pêches et brugnons…)

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20 mars 2017

La Splendeur dans l'herbe

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« La Splendeur dans l’herbe »

LAPEYRE Patrick

(P.O.L.)

 

Homer et Sybil. Délaissés l’un par Emmanuelle et l’autre par Giovanni. Emmanuelle et Giovanni qui se sont assemblés et qui s’exilent sur l’île de Chypre. Homer et Sybil se rapprochent mais prennent tout le temps nécessaire à un nouvel assemblage, le leur, que peuvent dérégler, à tout instant, les incohérences d’Emmanuelle et de Giovanni.

Le Lecteur s’est laissé bercer par ce roman aux tonalités gentiment psychanalytiques. La narration de la romance qui rapproche Homer et Sybil est entrecoupée par le récit de la lente et chaotique arrivée à l’âge d’homme d’Homer, fils d’Ana et d’Arno, et vivant ces années-là au pays des teutons. Du cousu main. Plutôt bien cousu. Ce qui donne un ensemble assez agréable. Mais sans rien d’autre de plus.

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17 mars 2017

Terres rares

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« Terres rares »

VERONESI Sandro

(Grasset)

 

Une résurrection. Celle des principaux personnages de « Chaos calme », le seul des romans de Veronisi envers lequel le Lecteur ait ressenti des affinités. Au sortir de cette sorte de parodie redondante, le dit Lecteur établit le constat que le divorce est consommé et qu’il se tiendra désormais à distance prudente de l’écrivain italien. Habile, roublard, Veronesi déroule paresseusement un récit auquel le héros lui-même (Pedro Paladini) ne croit pas. Mais un récit qui s’inscrit dans les modes contemporaines, celles dont se parent les gens qui fréquentent les très bonnes et si respectables sociétés. Celles où la réussite s’exhibe avec ostentation dans une Italie qui ne souvient même plus qu’elle s’offrit, toute honte bue, à un certain Berlusconi.

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15 mars 2017

Ubac

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« Ubac »

VIX Elisa

(Rouergue)

 

Polar « psychologique ». Polar prévisible. Estelle et Jérémy ont bâti un semblant de famille. Ils vivent paisiblement dans une petite station alpine qui s’éveille dès les premières chutes de neige. Et puis s’en revient Nadia, la sœur jumelle de Jérémy dont Estelle ignorait l’existence. Le cocon se fissure peu à peu. Nadia, à défaut de le coloniser, s’évertue à le détruire. Estelle, d’abord enfermée dans le rôle de la victime, tente de résister. Les loups s’en sont revenus depuis peu dans la vallée. Et Estelle a une enfant à défendre, la petite Lilas.

Le Lecteur se laissa porter par le récit. Sans plus. Une brève rencontre lors d’une nuit d’hiver.

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13 mars 2017

Anna

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« Anna »

AMMANITI Niccolo

(Grasset)

 

Le sujet du roman semblait a priori entrer en contradiction avec les attentes (plus que les goûts) du Lecteur : l’histoire de deux enfants perdus dans un monde en pleine déliquescence. L’impression initiale d’aborder à un récit dont les tenants et les aboutissants lui étaient familiers. L’épidémie qui, partie de Belgique, ravage l’Europe. Aucun adulte n’en réchappe. Seuls survivent les enfants n’ayant pas encore atteint à la puberté. Anna et Astor, son petit frère, sont donc de ces survivants contraints à s’inventer des moyens de fortune pour survivre. Autour d’eux, tout ce qui fit l’apparente grandeur de la civilisation s’écroule. Plus de machineries informatives. Plus d’électricité. Plus d’activités économiques. Des stocks de nourriture qui s’amenuisent et que les gosses se disputent, réinventant des formes primitives des guerres. Une œuvre de science-fiction, domaine que le Lecteur ne fréquente qu’avec beaucoup de prudence et de méfiance.

Existe-t-il une « magie » Ammaniti ? Peut-être. Il y a quelques années, ie dit Lecteur avait pris grand plaisir à découvrir « La Fête du siècle », un précédent roman qui déjà traitait de l’anéantissement d’un certain monde. « Anna », dans un registre différent et avec une économie de moyens, l’a tenu en haleine. Ce qui était loin d’être évident pour lui lorsqu’il franchit le cap du troisième chapitre.

« … la vie ne nous appartient pas, elle nous traverse. Sa vie était la même que celle qui pousse un cafard à boitiller sur deux pattes quand il a été écrasé, la même qui fait fuir le serpent sous les coups de la pioche en tirant derrière lui ses boyaux. Anna, dans son inconscience, devinait que tous les êtres de cette planète, des limaces aux hirondelles, humains compris, doivent vivre. C’est cela notre devoir, c’est cela qui est écrit dans notre chair. Il faut aller de l’avant, sans regarder derrière soi, car l’énergie qui nous envahit, nous ne pouvons la contrôler, et même désespérés, amoindris, aveugles, nous continuons à nous nourrir, à dormir, à nager en luttant contre le tourbillon qui nous tire vers le bas… »

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10 mars 2017

L'enfant qui mesurait le monde

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« L’enfant qui mesurait le monde »

ARDITI Metin

(Grasset)

 

« Il fut un temps où nous offrions au monde des temples, des stades et des amphithéâtres. Aujourd’hui, nous défigurons un site merveilleux pour y construire le Périclès Palace, symbole de nos rendez-vous répétés avec le ridicule et la honte. Appauvri et hagard, notre pays sombre chaque jour davantage dans l’indignité et le malheur. »

Un roman où il est question de la Grèce. Une Grèce à laquelle l’Auteur voue une profonde affection. Le pays, avec son histoire et toutes les traces qu’il a laissé dans la mémoire collective. Un peuple, en très grande souffrance, où les autorités bradent tout ce qui peut l’être. Y compris des lieux enchanteurs. L’île de Kalamaki, par exemple. Vendue à des affairistes. Mais où l’opiniâtreté de quelques-uns va contrarier les plans des puissants. Celle d’Eliot, architecte américain (mais issu d’une famille d’origine grecque), venu s’installer sur l’île où se fille décéda accidentellement. Maraki, la femme du maire dont elle est séparée et qui vit de la pêche. Et Yannis, son enfant autiste, enclos dans son monde à lui et qui « mesure le monde ».

Ce roman relate moins un combat contre la violence, la corruption et l’injustice, qu’une résistance qui en appelle à l’intelligence et s’adosse à une culture qui constitue le lien vital entre l’ancien et le nouveau. Un roman qui captiva le Lecteur. Un roman qui entrouvre les portes de l’espoir, qui ne s’englue pas dans la résignation, qui ne fait pas du pessimisme une valeur cardinale. Un roman qui s’ouvre à l’autre, à tous les autres. « Le but d’un enseignement classique est de nous offrir un peu de clairvoyance face à des problèmes nouveaux et complexes. Nier l’universalisme de notre héritage, c’est faire avec la culture ce que les circonstances nous obligent à faire avec notre économie : nous en remettre à autrui. Là est la vraie humiliation. »

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08 mars 2017

Au commencement du septième jour

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« Au commencement du septième jour »

LANG Luc

(Stock)

 

Un roman dont le Lecteur s’extrait avec des sentiments mitigés. Non point tant que l’abondance d’évènements l’ait dérangé. Mais leur traitement, leur juxtaposition, leur entremêlement lui ont parfois donné l’impression d’être emporté dans un vertigineux ballet générant d’étranges quoique fugitifs malaises. L’accident puis le coma dans lequel se trouvera plongée la compagne du narrateur (avant que ne survienne son décès). Un quasi mélo que l’Auteur ne contient pas. Auquel il accole un tableau somme toute complaisant de la société contemporaine. Tout comme il semble se laisser aller dans la dernière partie à enclore le séjour africain du même narrateur parmi les clichés de la bien-pensance. Une approche évidemment trop globalisante du Lecteur, puisque ces parties-là recèlent de moments singuliers dont l’expression le toucha, l’émut, l’installa dans une possible connivence avec l’Ecrivain. Peut-être se fut-il satisfait lors de son cheminement d’un peu de retenue, d’une certaine rigueur ? Retenue et rigueur qui ne transparaissent pourtant pas dans la partie centrale du roman, celle qui lui fut cependant la plus proche. Les séjours du narrateur au pays de son enfance. Les Pyrénées. Un monde paysan à l’agonie. Les terribles et infiniment douloureux secrets de famille. Au cœur des fabuleux paysages de montagne. Le Lecteur a-t-il parcouru à trop grande vitesse ce roman-ci ? Ne s’est-il pas accordé le temps de la respiration, mais aussi celui de l’assimilation ? Cette restitution s’abstrait très probablement de ce qu’il est convenu d’appeler « l’objectivité ».

« … Sur la droite, le bois de Bresme à même hauteur que la bergerie, et, plus déportés sur la pente, les toits d’ardoise, croit-il deviner, de la borde de Langlatte. Des noms de lieux qu’il croyait dissous dans la matière du temps, des sons qui cristallisent soudain le timbre et l’intonation d’Aurèle, de Jean quand il n’avait pas sa voix d’adulte. Il déguste le fromage de brebis frais, vide la bouteille de vin. La déchirure s’agrandit, le plan de lumière vive gravit la pente, il approche, inondant l’ensemble du cirque, Thomas se sent seul dans un paysage qu’il pensait frappé d’obsolescence, c’est le souffle d’une déflagration qui le repousse vers ce qu’il pensait révolu, c’est l’absence de Camille qui le déporte vers cet endroit où il ne devrait plus être. Il pose les coudes et les avant-bras sur la pierre fraîche, le menton dans les mains, il s’endort dans le soleil. »

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06 mars 2017

De la nature des dieux

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« De la nature des dieux »

ANTUNES Antonio Lobo

(Bourgois)

 

Toujours la même fascination. Emporté, immergé dans ce roman qui nécessita chez le Lecteur une attention de tous les instants. Mémoire qui s’entrouvre, se referme aussitôt. Des esquisses éparpillées, un puzzle dont il est difficile, peut-être même impossible, de rassembler tous les éléments. Des cohérences à retrouver ou à inventer.

« … et c’est vrai, Dieu est un homme. Il pense comme un homme et je peux Lui pardonner de ne pas comprendre, ce que je ne Lui pardonne pas c’est l’ennui des dimanches après-midi devant la vieille télé que la patronne de la librairie m’a offerte quand elle s’est en payé une neuve, j’ai mon anniversaire en juillet, parfois tout à coup l’image disparaît, le vingt-quatre juillet, je tape sur le côté et elle revient mais brouillée, qu’est-il devenu aujourd’hui le barrage où mon père travaillait alors que je continue de sentir l’eau monter et descendre en moi et la négresse aux bracelets en caoutchouc, qui s’occupait de la cuisine avec ma mère… »

Le Lecteur s’essaiera à commenter plus longuement ce roman au cours des prochaines semaines.

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