Lectures

16 janvier 2017

Maintenant ou jamais

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« Maintenant ou jamais »

O’CONNOR Joseph

(Phébus)

 

Le vieux Lecteur fut constamment hors jeu. Son inculture « rock » lui a interdit de comprendre les subtilités de ce roman d’une très probable excellente facture. Exclu d’emblée, il s’accrocha comme il le put, s’évertuant à écouter les quelques chansons qui conduisirent à une gloire éphémère un groupe lui-même éphémère. 

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13 janvier 2017

Ubu Roi

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« Ubu Roi »

JARRY Alfred

(Gallimard)

 

Le Lecteur fut séduit par la réédition qu’accompagne « une mise en image » d’Etienne Delessert.  Un beau bouquin. Qu’il s’est offert. Et qui lui accorda donc l’opportunité de relire d’une seule traite la pièce écrite par Alfred Jarry. La même jubilation que celle qui conduisit le post-adolescent à imaginer, en compagnie de quelques autres post-adolescents, de mettre en scène et de présenter au public (ou prétendu tel) carolopolitain voilà plus d’un demi-siècle l’œuvre dans une mise en scène, du moins l’espérait-il, iconoclaste. Donc à la hauteur du texte. Un fiasco qui mit un terme (prématuré ?) aux velléités d’un rimbaldien mal dégrossi de tenter une carrière sur les tréteaux.

Le vieux Lecteur n’a jamais eu l’opportunité de voir Ubu Roi sur les scènes des théâtres qu’il a longtemps fréquentés. Il ne garde en mémoire que de très vagues souvenirs des deux réalisations de Jean-Christophe Averty, lesquelles furent diffusées ( 1965 puis 1972) du temps de l’ORTF mais donc quelques traces subsistent sans aucun doute sur les sites de diffusion des images de l’autrefois.

Note à benêt/Le Lecteur s’est résolu à effectuer de rapides autant que succinctes recherches. Les liens ci-contre prouvent qu’il n’a pas menti.

https://www.youtube.com/watch?v=bQIJiIQjoRU (Gratuit)

http://www.ina.fr/video/CPF86655052 (Attention, c’est payant!)

Sinon, les 1, 2 et 3 mars prochains, le Théâtre Jean Vilar (Montpellier) proposera trois représentations de « Ubu Roi » (« d’après Alfred Jarry » est-il précisé dans le programme) avec la Compagnie des Dramaticules (ordinairement basée à Vincennes).

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11 janvier 2017

J'ai vu un homme

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« J’ai vu un homme »

SHEERS Owen

(Rivages)

 

Mélo un tantinet larmoyant. L’écrivain englué dans le veuvage. L’assassin (à l’insu de son plein gré) de l’épouse de l’écrivain, grand reporter qui traînait, allez savoir pourquoi, entre Pakistan et Afghanistan. Un drone, piloté depuis le Nevada par l’assassin, et dont la bombe fracassa le quouatrequouatre dans lequel avait pris place la journaliste. Les remords de l’assassin qui contre l’avis de sa hiérarchie contacte l’écrivain. Lequel écrivain a quitté son charmant cottage gallois et a trouvé refuge dans une paisible et verdoyante résidence londonienne. Là où il rencontre une famille typiquement britannique. Des liens d’amitié se nouent. Jusqu’au jour où voulant récupérer un tournevis, l’écrivain pénètre dans la maison qu’il croit désertée par ses gentils et serviables voisins. El là, un nouveau drame. Le cadavre d’une innocente enfant.

Le résumé est schématique, voire même tendancieux. Mais ce mélo suinte à ce point l’air du temps que le Lecteur s’avoue incapable d’en assurer sa défense.

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06 janvier 2017

La route étroite vers le nord lointain

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« La route étroite vers le nord lointain »

FLANAGAN Richard

(Actes Sud)

 

Bouleversant roman qui raconte, avec d’incessants allers et retours, la vie d’un homme que rien ne prédestinait à devenir un héros. Un héros de guerre. Dans ce qui pourrait prendre les apparences d’un remake du célèbre film « Le pont de la rivière Kwaï ». Puisque le personnage central, Dorrigo Evans, officier et chirurgien de formation, se retrouve à commander, sous la houlette des japonais, les prisonniers australiens chargés de construire une ligne de chemin de fer entre le Siam et la Birmanie. Dans d’effroyables conditions. Face à l’incapacité de soigner les malades et les blessés, sinon en usant de moyens de fortune. L’horreur absolue. Et une relation particulière avec l’officier japonais responsable de la conduite des travaux. Mais ce roman-là échappe aux conventions de la narration de la geste guerrière.

Il y eut en effet  l’avant : une enfance au sein d’une famille très pauvre, mais aussi la réussite scolaire et donc la possibilité inouïe de mener des études. Un premier amour. La guerre et la participation de l’Australie à cette guerre. La mobilisation. Les défaites. Les camps de prisonniers.

Il y aura l’après guerre. Dorrigo Evans a survécu. Rentré en Australie, il atteint à la notoriété. Il tente de retrouver la femme qu’il a aimée (laquelle n’est autre que l’épouse de son oncle). Mais c’est surtout ce temps de la guerre qui donne sa vibration au roman. Lorsque survient, longtemps après, le moment de la commémoration et que vont se confondre les récits des bourreaux tout autant que ceux de leurs victimes. « Juges des Nations, épargne nos vies, afin que nul n’oublie – que nul n’oublie ! » C’est là où l’œuvre atteint à une intensité exceptionnelle, à la limite parfois de l’insoutenable.

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04 janvier 2017

Born to Run

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« Born to Run »

SPRINGSTEEN Bruce

(Albin Michel)

 

L’oreille du Lecteur ne sut jamais se familiariser avec certaines des musiques qui marquèrent son époque. D’autant moins abordables pour lui qu’il s’est jusqu’à ce jour tenu dans une ignorance totale de la langue anglaise. Donc un double handicap que jamais il ne surmonta. A quelques rares exceptions près : Seeger, Cohen, Dylan et donc Springsteen. (Les nouvelles technologies lui offrant désormais la possibilité de voir les dits chanteurs et de découvrir dans bien des cas des traductions de leurs œuvres.)

Bruce Springsteen a choisi de se raconter dans un livre, ce livre. « Je l’ai écrit sur une période de sept ans, à la main, dans un calepin. Il m’est arrivé de laisser le projet reposer quelque temps, parfois un an ou plus, lorsqu’on enregistrait ou qu’on tournait. Je n’étais pas pressé, je n’avais pas de délais à tenir. Cela me permettait de revenir au livre avec un regard neuf et une distance critique sur ce que j’avais écrit. Mon histoire s’est lentement déployée jusqu’à une longue session d’écriture, sur la fin… »

De son enfance dans le New Jersey jusqu’à la gloire, un long et tortueux chemin. Une famille modeste installée dans un quartier populaire, une famille qui conjuguait les origines italiennes du côté de la mère et irlandaises du côté du père. Le choc, en 1956 : le passage d’Elvis Presley à la télévision (« Quand ça a été fini… j’avais toujours mes deux bras, mes deux jambes, mes deux yeux ; j’étais affreux, mais pour ça, je trouverais bien une solution… alors que me manquait-il ? LA GUITARE !! »

La première guitare. Les premières rencontres. Les premières chansons. Les premiers et très relatifs succès. Bruce Springsteen s’inscrit dans les réalités sociales et politiques de son pays. Racisme. Guerre du Vietnam. Inégalités sociales. Tout ce qui nourrit son œuvre, tout ce qui lui donne son sens. Rien d’un récit triomphant. Il suffit pour s’en convaincre de s’arrêter (entre autre) sur les pages où il traite longuement sur ses relations avec son père alcoolique et violent mais aussi sur la dépression dont il eut à souffrir.

Un beau bouquin à dimension humaine, très éloigné de ce que le le Lecteur croit être le monde du show-biz. Le combat d’un homme qui voulait exprimer et qui sut (et sait toujours) exprimer ce qui touche l’esprit et le cœur.

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02 janvier 2017

Le frère allemand

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« Le frère allemand »

BUARQUE Chico

(Gallimard)

 

Ce que fut le Brésil, terre de brassages, de métissages, de conjugaison des cultures. La découverte par un jeune homme, Francisco, de la possible existence d’un frère allemand. Son père, Sergio de Hollander, eut dans l’Allemagne alors en cours de nazification, une maîtresse allemande. Ce que révèle un courrier du début des années trente, courrier dissimulé dans l’un des si nombreux livres parmi qui constituent le socle de l’existence de ce père. En un temps où le Brésil subit la dictature militaire, quand certains de ses amis disparaissent. Francisco tente de retrouver et la trace de la maîtresse allemande et donc celle de ce fils qui serait son demi-frère. Se conjuguent dès lors, à travers cette quête, les histoires d’une Europe qui se précipite vers la guerre et d’un Brésil qui, vingt ans plus tard, s’enfonce dans la dictature. Une mise en parallèle qui confère à ce récit l’essentiel de son intérêt. Tout au moins aux yeux du Lecteur.

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30 décembre 2016

L'absente

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« L’absente »

DUROY Lionel

(Julliard)

 

Découverte pour le Lecteur d’un Ecrivain qui est pourtant loin d’être un novice. Un Ecrivain qui appartient à peu de choses près à la génération qui est celle du Lecteur, un Ecrivain qui a derrière lui une œuvre plutôt conséquente. Donc pourquoi cette rencontre si tardive ? Le Lecteur ne fournira pas d’explication plausible.

Un roman. Un roman qui, à la première personne, parle d’un écrivain en rupture, qui est peut-être l’Ecrivain. Divorce. Eloignement du noyau familial. Vente de la maison commune. Errance. D’hôtel en hôtel. De Verdun à Bordeaux. Ce qui ne relève pas du hasard, bien que cela en prenne parfois les apparences. Les rencontres inopinées dont celle d’une Lectrice. Puisque les romans sont lus par les femmes (bien qu’il existât au moins un Lecteur). Et l’histoire d’une famille qui se découvre par pans successifs. Une famille de la bonne et belle bourgeoisie bordelaise. Comme un client d’œil à François Mauriac ? A tout le moins une vague réminiscence. Au centre de cette histoire, « L’absente ». La mère de l’Ecrivain. Une déclassée. Qui épousa un ci-devant de seconde zone. Avec lequel elle « fit » une conséquente marmaille. Dont celui qui est devenu l’Ecrivain. Celui qui tente de comprendre pourquoi le déclassement, pourquoi la misère. Celui qui au long de ses errances semble ne plus être en mesure d’écrire, mais que l’idée de l’écriture obsède.

Bordeaux. Les bourgeois. Dans la même filiation que « L’absente ». Avec cette guerre qui laisse encore entrevoir les plaies mal refermées. Collabos et si rares résistants. Dans la lointaine filiation de l’Ecrivain. L’Ecrivain qui se justifie : « … j’écris ce que je dois écrire, au moment où le livre s’impose à moi, au moment où il est prêt à venir, et je me moque de savoir si c’est un roman ou autre chose. » Le Lecteur, lui, pense que c’est un roman qui parvient à devenir autre chose, un roman qui se sublime peut-être dans l’autre chose (ou l’inverse). Quoiqu’il en soit, un texte qui lui parla, l’intéressa, le passionna parfois, puisqu’il évoque un temps parallèle à sa propre histoire. Et que cela est loin, très loin, d’être anodin.

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29 décembre 2016

Cher monsieur M

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« Cher Monsieur M. »

KOCH Herman

(Belfond)

 

Le Lecteur n’avait que très modérément apprécié « Le Dîner » que lui avait proposé, voilà quatre ans, le même auteur. La compagnie de Monsieur M. et de quelques autres comparses ne l’a pas enthousiasmé. L’autojustification, chez un Ecrivain, est un exercice périlleux. Le Lecteur n’est pas du tout certain qu’Herman Koch ait réussi dans son entreprise. Mais il se concède le droit à l’erreur.

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28 décembre 2016

Destiny

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« Destiny »

FLEUTIAUX Pierrette

(Actes Sud)

 

La rencontre improbable de deux femmes. Anne, la narratrice, confortablement installée dans la société française, « de retour d’une virée d’achats pour la naissance prochaine de sa petite-fille ». Et Destiny, une « migrante » venue du Nigéria, qui se cherche à Paris un espace de survie. Destiny appuyée contre le mur d’une station de métro, « jeune, noire, enceinte, et semble en souffrance ». Une main qui se tend. Ce qu’Anne s’interdit de considérer comme relevant de la charité. Quelques « cadeaux ». Un peu de nourriture. Des vêtements chauds. Une relation faite tout autant de malentendus que de sous-entendus s’instaure entre les deux femmes. Un dialogue dans un anglais incertain, confus, celui dont Destiny ne connaît que des bribes utiles, souvent mal comprises par Anne.

Une histoire qui se découvre peu à peu. Du Nigéria à Paris, et la multitude des épreuves, des souffrances, dont l’infernale traversée de la Méditerranée depuis la Lybie. La volonté de rester debout. Qu’Anne admire. Anne qui prend fait et cause pour sa protégée. « Elle voudrait que sa multitude se lève devant cette femme, Destiny, devant son courage, sa force, se lève devant elle au lieu de l’ignorer, de la repousser ou de lui faire l’aumône de quelques bulbes d’air à respirer. Elle dit à sa multitude qu’un pays appartient autant  à ceux qui l’ont conquis à travers mille épreuves qu’à ceux qui s’y trouvent par fait de naissance, appartient autant à ceux qui l’ont mérité qu’à ceux qui en ont simplement hérité. »

Donc un roman « politique », au sens humain. Sans verbiage. Sans démonstrations outrancières. Un roman qui a captivé le Lecteur. Deux femmes qu’a priori tout oppose, mais qui se rapprochent, essaient de se comprendre, s’interpellent, confrontent leurs cultures respectives. Qui parviennent à s’apprivoiser donc à se comprendre. En dépit de cette foutue langue qui pour Destiny n’exprime pas les mêmes choses que celle qui fut enseignée à Anne. Avec, pour Anne, cette angoisse, cette peur constantes que l’étrangère ne soit embastillée avant que d’être renvoyée sur des terres où elle n’a pourtant plus sa place.

Un roman à la marge. Un roman nécessaire. Etranger à l’idéologie dominante, aux renoncements qu’elle suggère, qu’elle cherche à imposer. Un roman qui ne larmoie pas. Un roman fait qui vibrer le meilleur de l’humain.

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26 décembre 2016

L'amour a le goût des fraises

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« L’amour a le goût des fraises »

HADEN Rosamund

(Sabine Wespieser)

 

L’Afrique du Sud ne sert que de toile de fond. A peine visible. Tout juste évoquée. Reste tout de même, et en dépit de la très relative déception du Lecteur, une belle histoire qui concède la par belle à quelques femmes. Stella, jeune chroniqueuse, et sa mère, récemment décédée dans un accident de voiture, mais dont Stella découvre ce que fut la vie d’une femme libre. François et Doudou, deux rwandaises exilées au Cap, et qui essaient de se reconstruire loin de leur pays natal. Avec, et au centre de la scène, un peintre à la réputation établie, Ivor. Dont le décès est annoncé dès le début du récit. Mais qui est omniprésent dans la mémoire de Stella et de Françoise. La première, élève du maître. La seconde, modèle rétribué. Stella intégrée au modèle qui fut dominant en Afrique du Sud, essayant de capter puis de faire siennes quelques unes des traces laissées par sa mère. Françoise, bien qu’issue d’une famille africaine relativement privilégiée (mais décimée durant le génocide), luttant pour sa survie et celle de sa sœur cadette. Un beau, un poignant récit qu’accompagne la voix de Miriam Makeba.

« L’amour est prompt comme les vire-vents qui tournent

L’amour est tendre comme les larmes qui coulent

Vin et épices entremêlés

L’amour a le goût des fraises du marché »

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