Lectures

16 août 2017

Chaleur

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« Chaleur »

INCARDONA Joseph

(Finitude)

 

Une farce. Brutale. Insensée. Du moins pour le Lecteur a l’esprit marqué par le rationalisme que lui inculquèrent ses Maîtres. Une farce dont la noirceur se dissimule derrière les reflets rougeoyants de l’enfer. A savoir un concours absurde : le championnat du monde de sauna. (Lequel fut une réalité finlandaise qui prit fin au lendemain du décès de l’un des concurrents !). Deux favoris : le vainqueur des dernières compétitions, un finlandais, et un russe. Le finlandais (Niko), par ailleurs acteur dans le porno (et donc doté du nécessaire), gros fumeur et buveur de vodka. Le russe (Igor), ancien militaire et sous-marinier, ascète et proche de son achèvement.

Le récit est mené à folle allure. Pas de temps morts. L’humour est non pas noir mais dévastateur. Comme une réponse aux aberrations dont se repaissent les Médiatouilleries. Jusqu’à la funèbre mais si prévisible apothéose.

« C’est la dernière nuit de l’amour. Pour son chant du cygne, Niko a choisi une falaise, de l’herbe grasse et une femme frigide. Alexandra est à quatre pattes, Niko la prend comme le dieu Thor et il hurle à la lune. Submergée, Alexandra n’est pas en mesure d’élaborer cette pensée à ce moment précis, mais elle aura l’occasion d’y songer lors de son retour en avion : il y a deux façons d’atteindre l’orgasme, soit par l’amour, soit en baisant avec un pro.

Alexandra rit, elle le sent monter depuis ses orteils, un flux, et bientôt elle saura.

La dernière nuit de l’amour.

Maintenant que tout le monde a fait ses adieux, on verra celui qui reste. »

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14 août 2017

La Halle

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« La Halle »

SYRAC Julien

(La Différence)

 

La Halle. Le ventre de la ville Marrec. Une vraie ville. Avec un centre apparemment historique, ses faubourgs, ses banlieues. Avec son métro. La Halle. Où se vend tout ce qui se mange : fruits, légumes, viandes, poissons, charcuteries. Où l’on grignote et où l’on boit, le petit noir, comme le demi de bière ou bien encore l’infecte crémant rosé. Une Halle dont le premier étage fut transformé en galerie d’art contemporain, une galerie que personne ne fréquente. Galerie qui s’apprête à fermer et à se transformer en supermarché qui ne proposera que des produits bio. Le tout est raconté par le vendeur de saucissons, ami du gestionnaire de la galerie et celle de la libraire, belle et affriolante quinquagénaire d’origine italienne.

Ce roman a enthousiasmé le Lecteur. Aussi bien dans sa première partie qui accumule les portraits des femmes et des hommes qui fréquentent la Halle, commerçants et chalands. Un peu à la façon des petits maîtres flamands mais aussi de Brel. Hauts en couleurs. Tout autant que dans sa seconde partie qui est celle de la narration de la mutation d’un lieu, non pas selon une évolution naturelle, mais comme une réponse aux exigences des Puissants. Une belle et judicieuse rencontre que le Lecteur savoura jusqu’à la dernière ligne.

« Les habitants de Marrec jouent les bons vivants, les bohêmes, les humanistes, ils jouent les défenseurs du bien-manger, des immigrés, de l’art et de la culture, ils s’offusquent lorsque leurs galeries d’art ferment et que leurs clochards meurent, mais ce ne sont que des concierges affamés de ragots, des bavards pesants qui ne se préoccupent que de leur petit monde comme les petits commerçants de la Halle ne se préoccupent que de leur petit commerce. Les habitants de Marrec jouent les grands citadins, les aventuriers, les esprits libres, mais ce ne sont que des petits bourgeois sédentaires qui s’ennuient et pissent dans le vent… » Plutôt « brélien », non ?

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11 août 2017

La guerre en vacances

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« La guerre en vacances »

DU BOUCHERON Bernard

(Editions du Rocher)

 

Le Lecteur referma cet objet prétendument littéraire dès la page 46. Les remugles frontistes qui s’en exhalaient l’avaient à ce point indisposé qu’il l’aurait volontiers enfoui dans une poubelle s’il ne lui était revenu en mémoire que cette chose infâme ne lui appartenait pas, qu’elle était propriété de la puissance publique, en l’occurrence la Médiathèque Mimile Zola (Montpellier).

Les immondices recueillis parmi les fosses à purin où prolifèrent les résidus de l’idéologie maurasso-pétainiste constituent l’unique aliment des quarante premières pages d’un récit dont le seul mérite consiste peut-être à éclairer l’éventuel lecteur sur les modes de pensée de cette frange de la société française éprise de triviales marinasseries.

 

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09 août 2017

Les troupeaux de la colère

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« Les Troupeaux de la colère »

ZIZI Bachisio

(Serge Safran)

 

« … Mon grand-père a été berger, comme mon père, comme tant d’autres, et nous avons tous eu tort. Cela me paraissait le métier le plus utile, au lieu de ça, on ne veut plus de bergers... »

Une belle histoire de bergers sardes. Celle de Pietro et de son frère. Celle des autres bergers installés dans un recoin de la montagne, là où chacun élève son troupeau de brebis. Au début des années 70. Un combat permanent pour trouver les pâturages, pour vendre le peu de lait que donnent les bêtes. Jusqu’à ce que la sécheresse vienne perturber la donne. L’imminence de la catastrophe va peu à peu conduire Pietro et ses confrères à découvrir les vertus de l’action collective. Une action réprimée par les représentants de l’état italien, leurs agents et même le clergé. Arrêté, Pietro est envoyé en résidence surveillée du côté de Trente. A son retour sur l’île, un an plus tard, la situation des bergers a empiré. La lutte contre les Puissants et contre l’Etat est devenue une question de vie ou de mort. Les bergers s’initient à la solidarité.

« Nous sommes en train de nous éteindre misérablement, muets et résignés comme nos brebis. Eh bien, moi je préfère mourir tout de suite, si cela doit arriver, mais en hurlant et en protestant. Que tout le monde entende ma voix et que ceux qui ont du sang dans les veines se bougent ! »

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08 août 2017

Brand's Haide

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« Brand’s Haide »

SCHMIDT Arno

(Tristam)

 

Un fort ancien et particulièrement désagréable souvenir. Du temps des humanités du Lecteur. Un professeur d’allemand sans doute épris de cet Ecrivain alors inconnu sur les rives de Meuse. Un devoir : la traduction de deux ou trois pages de ce roman. Un résultat nullissime : le (jeune) Lecteur s’était avéré incapable de comprendre le propos d’Arno Schmidt tel qu’il lui fut alors présenté.

Soixante ans plus tard, le (vieux) Lecteur opta pour la traduction de Claude Riehl. Une traduction qui lui autorisa l’accès à l’œuvre. Une œuvre qui aujourd’hui encore s’apparente à une rupture. Une œuvre d’accès non pas difficile mais troublant, donc dérangeant. Une œuvre qui évoque l’Allemagne de l’après-guerre. Le Narrateur. Arno Schmidt lui-même. Deux jeunes femmes qui ont accepté qu’il occupât le gourbi proche de celui où elles se sont installées. Le partage du presque rien, du si peu dont il faut cependant se satisfaire. Dans la proximité des vainqueurs, les occupants, des britanniques. Face à tout ce survit du nazisme, face aux consciences toujours marquées par l’idéologie des vaincus. Le tout porté par une écriture qui agit en contrepoint des écritures dites classiques. Et un souffle particulier qui dans son expression induit peut-être une tentative de rupture avec ce qu’Arno Schmidt vécut au cours de sa jeunesse.

« Les abrutis !: la liberté relevait la tête, et eux se trituraient les mains, terrorisés comme devant un revenant ! (c.-à-d. moi aussi, j’étais encore obligé de prendre un élan ; mais à chaque fois j’arrivais à me remémorer, très vite, mon adolescence heureuse ne vous obligeait à vous mettre au garde-à-vous, ou la « tenue d’honneur » n’existait pas : ô gué !... »

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07 août 2017

La pièce obscure

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« La pièce obscure »

ROSA Isaac

(Bourgois)

 

L’Espagne s’extirpe tant bien que mal du franquisme. Un groupe d’hommes et de femmes loue un local dans les profondeurs duquel il aménage la pièce obscure. Lieu de liberté. De leur nouvelle liberté. Sans tabou. Où chacune et chacun accompagnent les fulgurantes évolutions de la société espagnole. Quand l’initiation à la démocratie, quand la découverte des apparents bienfaits de la société de consommation créent l’illusion d’entrer dans un monde nouveau. « Pendant ces années de rire, la pièce obscure fut le point autour duquel nous tournions tous, comme si nous étions liés par des cordes extensibles qui nous permettaient de nous éloigner, mais de nous en aller tout à fait : au moment où on le tendait trop, l’élastique se contractait, nous renvoyait là d’où nous venions. »

Les années passent. Hors de la pièce obscure, les habitués vont se confronter à la crise, brutale, insensée. Avec les stigmates qui font penser aux années du franquisme. Donc comme un retour en arrière. Même si la pièce obscure leur offre un abri où le monde extérieur n’a pas sa place. Un cocon ? Sans doute que non. Un havre, peut-être, où s’arrêter avec l’espoir que la tourmente cessera un jour ou l’autre. « Elle admit que l’ouragan la faisait reculer de plusieurs cases, elle se retrouvait à vingt ans mais sans les avoir… »

Un roman noir ? Le Lecteur préférerait le définir comme un roman réaliste. Un roman qui montre la société telle qu’elle se transforme. En mal plus qu’en bien. Sans travestissement ni faux semblant.

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31 juillet 2017

Le grand combat

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« Le grand combat »

COATES Ta-Nehisi

(Autrement)

 

Années 80. Le grand combat des noirs américains. Dans ce récit autobiographique ô combien prenant. Au cœur d’une famille dont le père, à peine remis de l’effroyable guerre du Viet Nam, est devenu un militant de la cause. Celle que défendit Malcom X. Dont ce père, à West Baltimore, fut un propagateur. Père violent. Père instable. Mais qui sut aussi fournir à son fils les repères grâces auxquels il devint un écrivain. Dont la découverte de James Baldwin ou de Richard Wright. Avec, en toile de fond, les émeutes, les violences policières, les cadavres de gamins à peine plus âgés que lui. Le revers du rêve américain.

« Pourtant les grandes causes ne manquaient pas : Mandela, le Nicaragua, la lutte contre Reagan. Et nous nous entre-tuions pour des baskets cousues par des serfs, des blousons à la gloire d’équipes qui ne nous appartenaient pas, des casquettes arborant le nom d’Etats sudistes. Je sentais la chute, elle était partout. Le déferlement d’armes à feu bouleversait l’ordre naturel. Des gamins qui avaient l’âge de regarder « Les Aventures de Teddy Ruxpin » tenaient entre leurs mains le pouvoir d’effacer une vie. Mais mon père avait juré de nous guider à bon port. Mes parents se liguèrent avec d’autres mères pour nous sauver. »

Voilà pour le contexte. Le père guida l’adolescent d’alors à bon port. Un privilège. En dépit des violences subies, qu’elles aient été physiques ou morales. Un récit bouleversant dont le Lecteur n’a nulle envie de se défaire.

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28 juillet 2017

Vie de ma voisine

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« Vie de ma voisine »

BRISAC Geneviève

(Grasset)

 

« Lebt un hoft

Vivez et espérez »

Ce message parcourt ce récit comme un leitmotiv. Le message que le père de la voisine griffonna sur un bout de papier dans le train qui l’emporta jusqu’à Auschwitz, message qu’il destinait à ses deux filles qui avaient, elles, échappé aux rafles perpétrées, en juillet 1942, par la police française.

Un livre qui, apparemment, naît d’une rencontre fortuite. Un déménagement de la romancière. La rencontre avec Jenny, sa proche voisine. Les premiers échanges. Les premières confidences. Une vie qui se reconstruit dans les propos de l’une et les interrogations formulées par l’autre, une vie qui traversa ce long moment de l’histoire laquelle commença avec le Front Populaire. Des juifs immigrés. Laïcs. Ancrés à gauche. Pauvres mais convaincus qu’il n’est rien de plus urgent que de donner à leurs deux filles « la » culture. Et donc l’étoile jaune, les rafles, les parents que Jenny ne reverra jamais plus. La ténacité, héritée des deux parents. Une carrière qui s’esquisse dès les lendemains de la Seconde guerre mondiale. Institutrice. La rencontre avec Charlotte Delbo. Les activités militantes au sein de l’autre gauche. La détestation de tout ce qui évoque le stalinisme. Les interférences entre le récit délivré par Jenny et celui qui rebâtit la romancière.

« Je n’ai jamais rien fait d’autre qu’appliquer, avec plus ou moins de réussite et de grâce, les principes auxquels je tiens. Les appliquer à la vie de tous les jours. Je ne crois à rien d’autre. La créativité partagée jour après jour, dessin après dessin. L’égalité entre les enfants, jour après jour, incident après incident. La lutte contre la peur, toutes les peurs, qui sont toujours peurs de l’inconnu et peur de l’autre et peur de soi-même et honte… »

Une « belle » vie de femme. La vie de Jenny. Une vie que les Maîtres d’autrefois citaient en exemple. Une vie « rendue » avec  simplicité et modestie par Geneviève Brisac. Une vie de fidélité. Qui transparaît tout au long de ce récit dont le Lecteur considère qu’il n’est peut-être pas un chef d’œuvre littéraire mais dont il s’est pleinement nourri, infiniment heureux d’avoir croisé Jenny.

« Certains disent que Mai 68 vit le triomphe du cynisme. Pas nous qui continuons à croire à la force de l’intelligence, aux idées, et aux gens. »

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26 juillet 2017

Oscar De Profundis

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« Oscar De Profundis »

MAVRIKAKIS Catherine

(Sabine Wespieser)

 

L’imminence de la fin du monde en ce siècle qui s’achève. Montréal (l’Auteure est québecquoise). Les gueux, les pauvres, en voie de disparition. La peste, conjuguée aux opérations conduites par les forces armées. La débrouille. La résignation. « Depuis des décennies, et peut-être même des siècles, il y avait une résignation parmi les pauvres qui était bien étonnante. Pourquoi n’y avait-il pas eu plus de vraies révoltes ? Pourquoi pas plus d’actions organisées, réfléchies ? »

Sur l’autre versant, la société des nantis. Enclose dans des périmètres inaccessibles aux gueux, aux pauvres. Partout sur la planète. Puisque c’est un gouvernement mondial qui dirige les affaires de ce qu’il subsiste des sociétés humaines. Une seule langue pour donner sens à ce qui est assimilable à un système totalitaire.

Et puis Oscar De Profundis. La Star. Enfant de Montréal. Qui s’en revient au pays pour y donner deux concerts. Sauf que les évènements qui surviennent se tournent contre lui. Dont la peste.

Quelques rebelles cependant. Peu soucieux d’idéologie. S’accrochant à de vagues repères. Se considérant comme des vaincus. N’ayant d’autre désir que d’échapper aux contraintes que leur impose le système totalitaire. Se souvenant toutefois des privilèges qu’offre parfois la société du spectacle. Et projetant donc de faire main basse sur la Star.

Un roman désespéré. Un roman sur « la finitude ». Un roman en phase avec l’idéologie dominante. Tel est du moins le ressenti du Lecteur.

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24 juillet 2017

Séjour au Nevada

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« Séjour au Nevada »

ATXAGA Bernardo

(Bourgois)

 

Une année universitaire à Reno, Nevada. Bernardo Atxaga, Angela son épouse et leurs deux filles. Leur découverte de la ville qui fut la capitale des divorces rapides (le Lecteur qui reste un cruciverbiste l’apprit il y a fort longtemps. Reno. Avec ses casinos. Et la proximité de la Sierra et du désert. Quelques amitiés. L’adaptation somme toute réussie à un mode de vie particulier. Neuf mois environ. Avant le retour en Espagne, au pays basque.

« L’avion a démarré.

On s’en va, a dit Angela.

Nous avons décollé doucement. Le jour se levait. L’aurore éclairait le ciel. »

Journal ? Récit autobiographique ? Ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre. Pour le Lecteur, une juxtaposition habile et passionnante de courts récits qui ont, ou qui n’ont pas de liens entre eux. Mais qui se complètent, qui s’enrichissent mutuellement. Pas de jugements péremptoires. Le Nevada tel qu’il se laisse entrevoir par l’Ecrivain, par Angela, par leurs deux filles. Les autochtones qu’ils côtoient. Ceux qui appartiennent à un milieu similaire au leur. Ceux que les hasards de leurs pérégrinations leur font découvrir, dans cet état où survivent des représentants des tribus d’amérindiens, dont les lambeaux d’une culture en voie d’achèvement ( ?) leur sont parfois rendus accessibles. Mais aussi l’Amérique contemporaine, sordide, raciste, violente. (Avec, entre autres, la succession des viols de jeunes filles.) Les contrepoints liés à la propre culture de l’Ecrivain. Le regard constamment en éveil. Tout ce qui confère à ce livre/souvenir la dimension qui le désentrave de l’anecdotique.

« … Sarah Winnemucca… est l’auteur du premier livre publié aux Etats-Unis par une native american (Life Among the Piutes, 1882)…

J’étais une toute petite fille quand les premiers Blancs apparurent dans notre pays. Ils arrivèrent comme des lions, oui, des lions rugissants, et ils continuèrent ainsi jusqu’à présent, et moi, je n’oublierai jamais leur arrivée. Mon peuple était dispersé sur tout le territoire qui porte aujourd’hui le nom de Nevada. Mon grand-père, chef de la nation païute tout entière, était dans un campement près du lac Humboldt avec une petite partie de sa tribu quand une bande armée venant de Californie et se dirigeant vers l’est fut aperçue. Dès qu’il apprit la nouvelle, mon grand-père demanda : « A quoi ils ressemblent ? » On lui répondit qu’ils avaient des poils au visage et qu’ils étaient blancs, alors il bondit et, joignant ses mains, cria : « Mes frères blancs ! Les frères blancs que j’ai tant attendus sont enfin arrivés ! ».

Comme Sara, l’une des deux filles du couple, le Lecteur n’a pas voulu entendre/lire la fin de cette histoire : « elle est sûrement très triste. »

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