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« Correspondance avec le Mur »

CIXOUS Hélène

(Galilée)

 

Voilà bien longtemps que le Lecteur n’avait fréquenté des écrits d’Hélène Cixous. Si peu présents dans les bibliothèques qu’il fréquente. Donc des retrouvailles lors des nuits de printemps. La réintroduction dans un univers à ce point particulier qu’il en devient vite évident qu’il est légitime de s’y perdre. Tant il est vrai que l’Auteure, à un moment ou à un autre, vous tendra la main et donc ne vous abandonnera pas à une solitude porteuse de désespoir. L’immersion dans la culture juive ? Puisqu’il est bien évidemment question du Mur des Lamentations à Jérusalem. Observée cette culture par ce regard de femme, à travers son histoire et les cheminements de sa famille. Des traits fulgurants qui réveillèrent chez le Lecteur le fragile souvenir d’une autre famille juive rencontrée, par le biais des amitiés, voilà une cinquantaine d’années. Des mondes qui se rencontrent, qui s’essaient à se tutoyer.

« Mais Nous dis-je, m’inquiète plus insidieusement, Nous performe une exclusion mondiale dans le moment où Nous énonce une inclusion qui nous tient chaud, nous nous tenons les coudes de la communauté, nous compatissons, nous tissons nous tressons, nous nous serrons, nous nous cooptons, nous nous attirons, nous nous comprenons, avec le temps nous nous forgeons une langue dans la langue, elle est composée de demimots et de phrases aux codes convenus, nous nous confions des craintes à cultiver et nous nous transmettons des informations autoimmunitaires. »

Un univers d’apparence étranger s’impose à celle et celui qui s’immergent dans l’œuvre. « Le miracle c’est de faire des signes d’alliance malgré l’absence de croyance. Mais l’absence de croyance n’est pas l’incroyance. C’est un évanouissement. Reste la trace. Ou bien c’est le papier qui a conduit le poète jusqu’au pied du mur ou jusqu’à la tête du mur, ou c’est le poète qui a remis le papier à la Poste. Pas le Temple. »