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« Denise au Ventoux »

JULLIEN Michel

(Verdier)

 

« Ventoux ». Territoire magique que le Lecteur contempla en tant de circonstances depuis les terres d’Ardèche qu’il fréquenta si souvent. Le Géant de Provence qu’il gravit sur son vélo lors d’une escapade estivale vieille d’une bonne trentaine d’années.  Donc attiré par le titre singulier de ce roman. Intrigué peut-être. Quoiqu’il en soit surpris lorsqu’il découvrit que Denise n’était pas une dame, mais un chien, un mâle qui plus est, un bouvier bernois qui s’est imposé chez Paul, le narrateur et qui donc l’accompagne lors d’un court séjour sur les contreforts du Ventoux. Une prodigieuse montagne qu’ils gravissent de concert juste avant leur départ et donc un retour programmé censé sceller leur rupture. Puisque Denise devrait en principe retrouver celle qui fut sa première maîtresse, l’amie de Paul qui lui avait confié l’animal.

Ce récit singulier a passionné le Lecteur. En raison du Ventoux, bien entendu, de cette passion pour le Géant de Provence qui émane du récit et que transfuse l’Auteur. Mais bien plus encore, grâce à ce qui ressemble à une fable parfaitement agencée, une fable sur la vie et la mort, sur la confiance et la fidélité. Une fable servie par une « belle » écriture.

« Après eux vient la passe des sapins dans quoi l’escouade des chênes me vit pénétrer comme un miséreux fou décidé d’en finir. Autre strate. Il avait neigé plus tôt dans la saison, peu avant. La cime du Ventoux n’en gardait rien sinon ici et là des plaques irrédentistes auxquelles l’ancien hiver lui-même avait de croire, lâcheur. C’est plus bas, dans les sapins, à couvert, vers mille cinq cent mètres que la croûte tenait ses places. J’avançais au métronome de Denise, elle se déhanchait devant moi lorsque, à un mètre près, d’arbre en arbre, à même hauteur de branches, une ligne de partage tirée dans la ramure accusait l’étiage neigeux… »