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« Cousus ensemble »

BERGOUNIOUX Pierre

(Galilée)

 

« Si ce furent de belles années (celles de l’enfance de PB, NDRL), ce n’est pas comme les premières, parce qu’elles auraient versé un nouveau tribut de biens inconnus, énormes, indescriptibles – le monde, le matin, la mer, la conscience de soi -, mais parce qu’elles m’offraient la possibilité de réparer les préjudices qu’on essuie inévitablement, dans l’intervalle des moments heureux et, parfois, simultanément. »

Toujours, chez le Lecteur, le bonheur de croiser Pierre Bergounioux. Une vraie proximité. Beaucoup d’affinités. Jusque dans ce texte qui évoque l’enfance et les transitions, les passages, la quête du bonheur qui ne se conçoit ni dans le repli ni dans l’enfermement. Avec cette écriture ciselée qui ravit dit Lecteur, cette écriture claire, lumineuse qu’il envie.

« Ce fut tout simple. J’ai quitté, un beau matin, la sous-préfecture natale pour l’internat d’un lointain lycée où confluait une jeunesse en provenance de toute la région. C’est là que j’ai croisé des ressortissants de la Creuse voisine, dotés d’une solide culture politique que leurs ancêtres maçons avaient acquise à Paris où ils s’employaient, depuis des générations, dans la construction. Dans leurs casiers, les vagues, les fades manuels scolaires voisinaient avec des publications insolites, imprimées à Moscou, Leipzig, Pékin, même, et qui différaient de tout ce qui avait pu jusqu’alors me passer entre les mains. Elles visaient ouvertement à modifier de fond en comble ce dont elles parlaient. »

Une vraie proximité, bien que Pierre Bergounioux soit de sept ans le cadet du Lecteur.