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« La montagne en sucre »

STEGNER Wallace

(Gallmeister)

 

Le vieux Lecteur se laissa abuser. Trahi par sa mémoire désormais défaillante, voire même infidèle. Une brève, ou ce qui y ressemble. Dans un quotidien doté d’une assez bonne réputation (même si cette réputation se dissout dans de sulfureuses et indécentes relations prétendument amoureuses). Le nom d’un écrivain qui lui fut familier. Wallace Stegner. Une jeune maison d’édition à la réputation bien établie. Gallmeister. Le titre du roman. « La montagne en sucre ». L’inattention du Lecteur. Sa naïve confiance en la bonne foi du jeune éditeur. Et puis, passées les premières lignes d’une approche qu’il avait espérée fructueuse, le rejaillissement des souvenirs. Des souvenirs heureux et enthousiastes, vieux sans doute d’une quinzaine d’années. Donc des recherches parmi ses antédiluviennes notes. Et, tout-à-coup, la découverte du pot aux roses. Sans qu’il lui ait été besoin de gougueuliser ! Le roman de Wallace Stegner avait déjà été publié en France. Par une autre maison d’édition qui fait parfois, elle aussi, dans l’excellence. Phébus. Mais publié sous un titre un tantinet différent : « La bonne grosse montagne en sucre ». Un titre raboté chez Gallmeister. Normal : il s’agit d’une édition de poche. Mais les deux ouvrages sont à l’identique. Même traducteur (Eric Chédaille) et, de toute évidence, texte identique.

Ceci précisé, voilà un fabuleux roman américain. Du même âge que le Lecteur. Donc écrit en ces temps reculés où s’affirmait une littérature américaine de très haute lignée. Un roman à ne surtout pas rater. Une œuvre monumentale qui raconte un pays en train de se construire, un pays qui peine à se défaire de ses mythes. Avec ses grandes gueules et ses femmes en souffrance mais déterminées à ne pas se laisser abattre.