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« Le commun des mortels »

LEFORT Gérard

(L’Olivier)

 

Un premier roman, « Les amygdales », qui n’avait pas pleinement convaincu le Lecteur pourtant très sensible à ce que produisait autrefois pour Libé le Journaliste Gérard Lefort. Et voilà qu’avec cette succession de portraits, le Lecteur assiste à ce qui s’apparente à une renaissance du dit journaliste. Mais une renaissance enrichie par la précédente expérience littéraire. Ce qui permet de rencontrer des gens, de partager des moments de leur vie, de se familiariser avec eux, de se découvrir parfois des complicités ou même des ressemblances.  Mais aussi ce besoin, qui fut d’abord celui de l’Auteur, de les relier entre eux, de les apparenter, afin de mieux ressentir la commune appartenance à la société des hommes.

« Il y a aussi en ce jardin un cabanon, poulailler désaffecté avec un toit en volets récupérés et des murs en parpaings. Il peut s’y réfugier par sa porte basse, en se faufilant entre des orties géantes. Il dit : « Le passage du feu. » Une fois à l’intérieur, Pierre s’assoit sur un petit banc en bois véreux sur lequel on ne doit pas trop gigoter en se grattant les mollets rougis par l’urticaire des orties, sinon ta gueule par terre. L’été, les deux chats de la voisine se prélassent sur le toit du cabanon. Par l’interstice des planches, Pierre voit saillir les poils fauves de leur fourrure. En cet équilibre incertain, le nez en l’air, sage comme une image, il est tout à fait lui-même. »