51A3iU4fRmL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Caminarèm »

CHABROL Jean-Pierre

MARTI Claude

(Robert Laffont)

 

Foutre dieu ! Quarante ans déjà ! Un bouquin paru en 1978 ! Et ce bouquin-là avait alors échappé à la vigilance du Lecteur que ne menaçaient pourtant pas les possibles effets pervers de la maladie d’Alzheimer ! Un bouquin dont il fit l’acquisition en juillet dernier. Pour un euro. A Saint-Remèze. A deux pas de la grotte Chauvet. Chabrol ! Jean-Pierre ! Le Cévenol ! Un familier du Lecteur dont la bibliothèque contient tous les romans du prolifique écrivain. Marti ! Claude ! Un peu moins familier, malgré un dialogue engagé au début des années 90 de l’autre siècle. Le Chanteur. L’Occitan.

Comment ? Pourquoi ? Le (vieux) Lecteur n’engagera pas ici l’écriture de l’histoire de ses relations aux écrivains et à leurs œuvres. Il passa à côté de « Carminarèm ». Un point c’est tout. Et il fallut donc les quelques journées passées tout près de Saint-Remèze, chez des amis, pour qu’il s’en vienne au village du plateau, où quelques étals proposaient des produits du cru mais aussi quelques livres tous étrangers à l’actualité littéraire la plus récente.

Grâce soit rendue à Chabrol (Jean-Pierre) et à Marti (Claude) ! Ce roman-là a ravi le (vieux) Lecteur. Un beau romain social, donc humain. Qui raconte la colère et les révoltes, en 1975, des vignerons des Corbières. Des premières manifestations, au tout début de l’été jusqu’aux affrontements sanglants de Montredon, le 4 mars 1976, avec les forces censées maintenir l’ordre dit républicain. Un bel hommage à ces femmes et ces hommes qui, dans leur diversité, luttaient pour la survie de leur profession. Viticulteurs. Des personnages hauts en couleurs. Avec des prédominances de rouge et de noir. De beaux instants de fraternité. Face à la violence a priori légitime de l’Etat. Ce que la macronisation du même Etat tente aujourd’hui d’éradiquer. Donc un roman terriblement et magnifiquement actuel !

« La radio, vous l’avez branchée ? – Tu veux dire les nouvelles ? en Corse ? – Ouais, quel nom ils ont dit, déjà ?... – Aléria ! – Pierrot, c’est de viticulteurs comme nous ! des Corses ! – Ouais, à Aléria ! ils ont pris d’assaut la cave d’un gros manitou ! – Castelnau ! les Gardes mobiles ont essayé de les sorti… - Oh ! Germinal, les vignerons corses se sont défendus ! – Ouais, ils ont allumé les flics !... C’est bien que ce soye pas toujours les mêmes qui se trouvent du mauvais côté des fusils !... – Ah ! les Corses, ils rigolent pas, eux !... Les C.R.S. qui ont dérouillé, c’est peut-être ceux qui ont tabassé Riri, Louison, Sylvain et moi !... – Comment il a dit que ça s’appelait, ce pays ? – Allélouia, je crois… -Non ! Aléria, c’est historique maintenant, attention ! »

1975/1976. L’Histoire. Chabrol. Marti. Un beau coup de jeunesse. Une belle façon de ne pas succomber au renoncement.