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« Tiens ferme ta couronne »

HAENEL Yannick

(Gallimard)

 

« La carabine qu’il avait mise entre mes mains était allemande, une Haenel, selon lui la meilleure pour les traqueurs ; les fusils d’assaut de la firme Haenel, m’expliqua-t-il, étaient ceux qu’utilisait la Wehrmacht ; et depuis la Seconde Guerre mondiale, l’atelier Haenel s’était spécialisé dans les armes sur mesure…. »

Clin d’œil. La rencontre (fortuite ?) entre le Narrateur et son étrange voisin qui lui confie lors de ses nombreuses absences la garde de Sabbat, son dalmatien. Un dérivatif pour celui qui s’enfonce vers les abîmes ? Lui qui a écrit un scénario pour lequel il n’imagine pas d’autre réalisateur que Michael Cimino. Heureux hasard : un producteur français, Pointel, lui confie le numéro de téléphone du cinéaste américain. Cinéaste avec lequel il noue le contact. Direction New York , rendez-vous discret et remise du scénario qui traite de la vie d’Herman Melville.

Suivent de rocambolesques aventures, dont un dîner copieusement arrosé avec le producteur français et une certaine Isabelle Huppert. Prélude à un exil italien, en des temps où la Narrateur atteint au pire. D’autant plus pire qu’il a perdu le Dalmatien et que son étrange et sulfureux voisin s’en revient à Paris au terme de son antépénultième escapade.

Un roman « allègre ». Une sorte d’odyssée contemporaine qui télescope littérature et cinéma. Ou plus exactement l’idée que le Narrateur s’est fait d’un certain cinéma. Un regard lucide. Et une écriture qui a séduit (une fois encore) le vieux Lecteur. Yannick Haenel est indéniablement un Auteur, un véritable Auteur. De ceux qui, de temps à autre, réconcilient le Lecteur avec la Littérature.