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« Imperium »

KRACHT Christian

(Phébus)

 

Voilà une court roman qui mérite qu’il lui soit porté un peu d’attention. Un roman qui raconte ce qu’il advient d’un homme et de ses utopies. August Engelhardt, qui naquit à Nuremberg en ces années où les armées impériales délivrèrent la France de la tutelle de Badinguet. Un postromantique. Végétarien et naturiste. Qui veut mettre ses convictions en conformité avec ses actes (ou l’inverse). Et qui choisira un jour de baignade sur les rives de la Baltique, « laissant lentement mûrir en lui le projet de se rendre pour toujours et l’éternité dans les territoires d’outre-mer de l’Empire allemand dans l’océan Pacifique ». Les dés sont jetés. August Engelhardt vogue vers ce qui aujourd’hui la Papouasie Nouvelle Guinée. Avec l’argent d’un modeste héritage. Son objectif : acquérir une plantation de cocotiers et commercialiser quelques produits issus de leurs noix. Il croit parvenir à ses fins. Sauf que la réalité l’entend d’une autre oreille. Et de dérive en dérive, la végétarien/naturiste s’englue progressivement dans les marécages des idéologies racistes. Il échappera toutefois aux « obligations » des deux guerres. Ce sont des soldats US qui le retrouveront lors des dernières semaines de la Seconde dans les îles Salomon.

Oui. Un peu d’attention. Car il ne s’agit pas d’une « belle » fable. Ce roman s’écarte des sentiers de la biographie. L’Auteur y fait usage des moments de la vie d’un homme, moments qu’il traite la plus part du temps sur le mode de la dérision. Tout en posant une question qui, elle, n’est pas anecdotique : le lent cheminement de la pensée vers ce qui conduira à l’abomination. C’est ce traitement qui laisse le Lecteur perplexe, voire même réticent. Le côté « enjoué » du récit incite à négliger l’essentiel. Etait-ce l’objectif de l’Auteur ?