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« L’Ultime Humiliation »

GALANAKI Rhéa

(Galaade)

 

« … cette femme-minotaure se nourrirait pendant des siècles de la chair de jeunes gens, filles ou garçons, comme s’il fallait toujours punir la jeunesse pour sa beauté en déclenchant des guerres et des catastrophes dont elle n’était pas le moins du monde responsable. »

Superbe roman qui plongea le Lecteur dans la tragédie grecque. La tragédie contemporaine. Celle d’un peuple réduit en esclavage. Par la conjonction  du diktat de la Troïka et de la servilité de ceux qui, à Athènes, avaient conquis le pouvoir sur la fallacieuse promesse de résister à la dite Troïka. Un peuple humilié. Un peuple d’assistés, de mendiants, d’ilotes, contraint de se contenter du quasiment rien.

Deux femmes âgées. Retraitées. Issues de ce qu’il est convenu d’appeler les couches moyennes. Avec leurs maigres pensions qui se réduisent d’année en année, elles survivent dans un appartement délabré. Plus que pauvres mais dignes. Ayant l’une et l’autre renié le prénom qui leur fut attribué à leur naissance. Se faisant désormais appeler Tirésia et Nymphe, des références à ce que fut la Grèce et à la place qu’elle continue à occuper dans la culture européenne. Deux femmes, emprisonnées entre des murailles suintantes, à la périphérie des beaux quartiers d’Athènes. Deux femmes placées sous la tutelle du Patriarche, médecin véreux et ami de l’ex époux d’une de ces deux femmes, un politicien corrompu à la manière grecque. Deux femmes qui un beau jour s’évadent et s’en vont prendre le pouls des manifestations violentes qui embrasent Athènes. Manifestations dont Oreste, le fils d’une des deux femmes, est un acteur engagé. Tandis que le fils de leur « gardienne » milite du côté des forces fascistes.

Le Lecteur résume. De manière abusive et peut-être caricaturale. Alors que ce roman, en ces instants où il rédige sa note, l’imprègne et le nourrit, transférant en lui cette substantifique moelle qui ne peut provenir que des œuvres essentielles. Essentielles, donc vitales pour ceux qui n’abdiquent ni ne renoncent.