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« La fin de l’histoire »

SEPULVEDA Luis

(Métailié)

 

Les artifices du polar pour raconter la fin d’une histoire, laquelle s’inscrit à l’intérieur de celle que l’on dit « grande ». (Soit donc à mille lieues des délires de Fukuyama !) Ce qui est inscrit dans la mémoire de l’Auteur, ce qu’il a vécu, ce dont il porte les stigmates. Ce qui transparaît ici ou là dans un récit qui n’est pas l’histoire mais qui use habilement et intelligemment de l’histoire. Ou des lambeaux de l’histoire. Le coup d’état militaire de Pinochet, les arrestations arbitraires, la torture, les exécutions sommaires. Puisque Sepulveda est chilien et qu’il fut en ses vertes années un militant de l’extrême-gauche chilienne, au temps de l’Unité Populaire. Mais aussi l’exil, les exils, les compromis, les récupérations, l’Union Soviétique et ses satellites, le Mexique et Cuba. Mais encore la fin d’un certain socialisme, le temps des désillusions et des replis égoïstes. Avec les survivances de ce qui fut, avec tous ces personnages de l’ombre qui continuent à agir afin de défendre des intérêts étrangers aux utopies prétendument défuntes.

Juan Belmonte, au terme d’un long exil, est revenu au Chili. Juan Belmonte, « un ex-guérillero en Bolivie, ex-membre de la garde rapprochée du président Allende, ex-soldat de la guérilla au Nicaragua, formé dans les académies militaires de la défunte Union Soviétique, de l’ex-République démocratique allemande et de Cuba… » Retiré des « affaires ». Désabusé. Ayant retrouvé sa compagne d’autre fois. Installé en Patagonie. Sauf que le passé se rappelle à lui, qu’il reste de mauvaises affaires à solder. En particulier avec l’ultime descendant du dernier ataman des cosaques, dont l’aïeul fut un chef contrerévolutionnaire. Dans un Chili qui donne l’impression de renouer avec la démocratie.