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« Nos lieux communs »

THOMAS Chloé

(Gallimard)

 

Les années soixante-dix. L’aventure « ouvrière » de quelques maoïstes, s’insinuant dans quelques grandes entreprises, et tentant de gagner à leur cause, celle du « peuple » des travailleurs pervertis par les syndicalismes, qu’ils fussent révolutionnaires ou réformistes. Un « entrisme » raconté par « Eux », les militants d’autrefois, puis survolé par « Nous », les observateurs distanciés (et qui ne sont rien d’autre que les enfants d’Eux).

Difficile de revenir sans parti pris sur ce que furent ces formes si particulières de l’engagement politique. Le Lecteur appartenait en ces temps révolus au camp de celles et ceux qui combattaient les maoïstes, le camp des bolcheviques, alors dominant au sein de la gauche française. Près de cinquante ans plus tard, il ne parvient toujours pas à trouver des circonstances atténuantes aux militants dont le regard resta longtemps rivé sur la Grande Muraille de Chine (jusqu’à ce que la plupart d’entre eux fassent allégeance à Tonton, mais ceci est un autre temps de leur histoire). Mais ce roman gnangnanteux lui laisse un goût amer. Il est en effet si facile, après coup, de participer à l’entreprise de dénigrement d’hommes et de femmes qui se trompèrent, à l’instar de tant d’autres, « cent mille fois de route ».