Les indignes
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« Les indignes »
BAZTERRICA Agustina
(Flammarion)
Le journal post-apocalypse. Celui que tient la quasi novice recueillie dans la Maison de la Sororité Sacrée. Une sorte de couvent, très hiérarchisé où l’accession aux strates supérieures relève du bon vouloir de la Sœur Supérieure (et du fouet dont celle-ci fait un usage discriminatoire). Un monde clos, isolé, violent, cruel. Ce journal est écrit en secret, la nuit, avec le peu des moyens dont dispose la Narratrice. Narratrice qui va rencontrer, par le plus grand des hasards, celle avec laquelle elle va nouer des liens allant au-delà de la simple sororité. Cette relation va-t-elle bouleverser les équilibres qui régissent la vie du couvent ? L’autorité brutale de la Sœur Supérieure survivra-t-elle à l’irruption de la transgression ?
Ce roman, court, incisif, dans sa narration d’un après qui aura vu se rencontrer puis s’agglomérer quelques dizaines de femmes dans une sorte de copie conforme avec ce qui fut autrefois dans le monde religieux, ce roman oscille entre drôlerie et désespoir. Tout au moins jusqu’à l’arrivée de Lucia, cette jeune femme que la Narratrice introduit dans la bergerie. Une lueur d’espoir. Mais qu’est l’espoir dans une micro-société qui n’est, après tout, qu’un instrument de survie dans un monde qui n’en finit pas de se désagréger ? Un roman qui, mine de rien, offre une image a priori convaincante du monde dans lequel nous sommes d’ores-et-déjà réduits à n'envisager que la survie.