In violenta veritas
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« In violenta veritas »
GIRARD Catherine
(Grasset)
Une histoire de famille. Tragique. Sanglante. Le meurtre du père, de la tante et de la gouvernante, le 24 octobre 1941, dans le château familial, de celui qui deviendra Georges Arnaud, mais qui n’est encore qu’Henri Girard. Une enquête qui très vite oriente les policiers vers ce fils, unique témoin du drame. Embastillé, Henri Girard, défendu par un ténor du barreau, sera acquitté par ses juges. Cette ténébreuse affaire servit de thème central, voilà huit ans, à un roman de Philippe Jaenada, roman que le vieux Lecteur avait beaucoup apprécié (La serpe, publié chez Julliard).
Catherine Girard est la fille d’Henri. Quatre-vingts ans après le triple meurtre, elle se lance dans une aventure a priori insensée : faire éclater au grand jour une vérité à peine effleurée par celles et ceux (dont Philippe Jaenada) qui, auparavant, s’étaient intéressés à cet énigmatique triple meurtre. Pour ce faire, rien de mieux que le bon vieux divan freudien, celui qui occupe la place centrale dans le cabinet du père d’Olivier, l’ami de lycée de Catherine. Avec l’ombre du père, déjà omniprésente. Dès lors, le récit s’emballe. Au bon sens de la chose. Captivant, retenant dans ses rets un vieux Lecteur chez lequel se réveillaient le souvenir du roman de Jaenada. Avec le peu qui lui revenait d’Henri Girard, alias Georges Arnaud, et du seul roman qu’il ait lu de cet auteur de polars, Le salaire de la peur (ainsi que le film, adapté du roman, un film qu’il avait détesté en ses vertes années). Jusqu’à une conclusion qu’au fil de son récit, Catherine Girard a plusieurs fois laissé entrevoir.
Un exercice littéraire particulièrement brillant, la plupart du temps parfaitement maîtrisé. Qui échappe aux conventions de genre. Ce qui nécessite chez le Lecteur, une attention constante, afin de s’éviter d’inutiles égarements.