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Lectures

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23 juillet 2026

Un été 79

« Un été 79 »

BLONDEL Jean-Philippe

(L’Iconoclaste)

 

Une remontée vers des années où le vieux Lecteur n’était alors pas encore un quadragénaire. 1979. Sous le règne  finissant de Gichecard Déchetain. En compagnie d’une famille en voie de décomposition très avancée. Une famille qui passe ses vacances estivales dans le Vercors. Un choix du père qui rompt avec des traditions établies depuis des temps qui ne sont pas encore immémoriaux (mais qui, tout de même, commençaient à dater). La découverte d’un VVF. Avec tous les avantages que propose ce genre d’établissement qui est en voie de prendre son essor. Les activités de plein air. Les soirées dansantes. L’espace « ados ». Un choix qui semble convenir aux trois vacanciers. Le père, bien sûr, qu’attend à son retour une promotion professionnelle au sein de la SNCF, et qui se replie du côté des vieux mâles familiers des lieux, pétanque et apéros compris. La mère, heureuse de vivre des moments d’autonomie parmi tant de ces femmes qui lui ressemblent. Et le fils cadet qui, lui, noue très vite ce qui prend les apparences d’une relation amoureuse avec une vacancière un peu plus âgée que lui. Son ainé, quant à lui, volant de ses propres ailes, se tient a priori loin de ce qui pourrait être l’ultime période d’une vie familiale proche de la dislocation.

Le roman rend assez bien la période dont il traite, cette année qui est par anticipation comme une sorte de rupture. Les musiques. Les modes alimentaires. Un certain « art » de vivre. Reste cependant que sa partie la plus intéressante est celle qui raconte la phase ultime de la décomposition. Une famille se défait. Chacune et chacun y retrouve son compte.  

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13 juillet 2026

Mettre au monde

« Mettre au monde »

KORMAN Cloé

(Flammarion)

 

Récits entrecroisés de la vie de deux femmes que relient une même quête, celle de l’art de Mettre au monde. D’une part, Jill, sage-femme dans la maternité des Vironnes à La Courneuve. D’autre part, Marguerite, une universitaire qui mène de longues et patientes recherches sur l’avortement. Jill, qui a choisi d’exercer son métier la nuit, dans un hôpital qui souffre des politiques malthusiennes les privant des moyens nécessaires au bon fonctionnement de ce qui est pourtant un service public. La vie à l’envers, les transports, publics eux aussi. Les tensions. L’épuisement. Marguerite, qui cherche avec obstination les témoignages sur ce que fut l’avortement avant l’adoption par le Parlement de la fameuse « Loi ». Avec, chez l’Auteure, la volonté d’interroger sur ce que devient le féminisme contemporain ?

« On m’a toujours oubliée, dans toutes les cérémonies, dans toutes les commémorations, je n’en demande pas tant, je sais ce que j’ai fait, moi, Simone Fabre, j’ai soigné des femmes, voilà. J’ai mis au monde des enfants et, d’autres enfants, j’ai permis que jamais ils ne viennent au monde parce qu’au monde personne ne les attendait, j’ai été une agente d’inexistence. Et devant les naissances aussi, je vais vous avouer une chose, j’ai été inexistante, il faut savoir s’effacer, les femmes accouchent et ensuite elles ont besoin de vous oublier… »

5 juillet 2026

Les étoiles errantes

« Les étoiles errantes »

ORANGE Tommy

(Albin Michel)

 

« Lors du retour en train vers l’Oklahoma, j’ai vu les ossements de bisons entassés à hauteur d’homme sur des kilomètres. J’avais entendu dire que c’était en cours. La guerre des bisons, ça s’appelait. J’ai entendu parler des raisons pour lesquelles ils faisaient ça. Chaque bison mort, c’était un Indien en moins. Mais en voyant tous ces os entassés comme ça, et les nuées de vautours et autres charognard qui tournaient autour, ça m’a fait quelque chose, ça a rongé l’ultime part de mon être, et même si je n’arrivais pas à détourner le regard, j’ai eu envie de fermer les yeux pour ne plus avoir à regarder le vieux monde avant qu’il ne disparaisse. »

Un roman flamboyant qui raconte l’anéantissement du vieux monde, celui d’une tribu Cheyenne, d’une langue, d’une culture. Elle commence en 1864, lorsque Bird, un survivant du massacre de Sand Creek, un massacre perpétré par les conquérants issus des migrations européennes, se retrouve en Floride, dans une prison. Une prison où ses geôliers s’évertuent à lui faire perdre son identité, allant même jusqu’à lui imposer le port de l’uniforme militaire des nouveaux maîtres. Une prison où il est contraint d’apprendre et de s’exprimer en anglais.

Sept générations vont se succéder. De fuite en quête désespérée de retrouver une part de ce qui fut. Une quête qui se heurte au refus des conquérants de concéder ne serait-ce que quelques parcelles du droit à vivre selon des canons acceptables par les nouveaux Américains. Bien qu’une petite flamme, fragile, vacillante, se transmette des plus anciens vers les plus jeunes. Avec et trop souvent, l’impossibilité de résister aux addictions importées parmi lesquelles l’alcool et les drogues. Un tumulte du cœur duquel les plus déterminés parviennent parfois à s’extraire.

Un roman qu’il faut prendre le temps d’aborder, de humer, de respirer pour en découvrir la saveur. Un roman qui met à nu l’intolérable barbarie des conquérants, laquelle barbarie émerge de l’addition des souffrances endurées par les Cheyennes et toutes les autres tribus Indiennes.

3 juillet 2026

La part sauvage

« La part sauvage »

WEITZMANN Marc

(Grasset)

 

Bouquin insupportable. La suffisance, la morgue d’un écrivain franchouillard qui récupère la dépouille littéraire de Philip Roth, s’en repait pour tenter de nourrir un propos qui n’a ni queue ni tête. Au nom d’une prétendue amitié avec l’Auteur de Portnoy, un roman que Weitzmann semble avoir détesté. Ce qui ne l’empêche nullement de proclamer son « amour » envers celui qui l’a introduit dans les cénacles littéraires américains.

Inutile de s’immerger dans ce fatras pour qui voudrait mieux connaître l’œuvre ô combien conséquente et passionnante de Philip Roth. Mieux vaut se tourner vers cette œuvre sans réclamer les lumières falotes d’un intermédiaire aussi médiocre et donc prendre le temps de puiser à une source qui, elle, est particulièrement vivifiante.

29 juin 2026

Je ne te verrai pas mourir

« Je ne te verrai pas mourir »

MUNOZ MOLINA Antonio

(Seuil)

 

Un roman de et sur la vieillesse ? Le vieillesse qui affecte à des niveaux fort différents celui et celle qui s’aimèrent en leur prime jeunesse. Gabriel Aristu et Adriana Zuber. Un amour sans avenir, qui survint dans l’Espagne que Franco et ses sbires venaient de soumettre à leur férule. Gabriel Aristu dont le père a été embastillé par les nouveaux maîtres du pays, un homme vaincu, aux cheveux prématurément blanchis, sorti des geôles franquistes trois ans après son incarcération. Un père ami de grands noms de la culture ibérique : Manuel de Falla, Federico Garcia Lorca, Pau Casals. Adriana Zuber, mal mariée, et pour laquelle Gabriel Aristu incarne une liberté et un épanouissement que sa vie familiale, intégrée aux obligations édictées par une société éminemment réactionnaire lui refusent. Le père de Gabiel Aristu, de son côté, va tout faire pour que son fils échappe à ce monde sordide. Il parviendra à ses fins : Gabriel Aristu quittera l’Espagne pour les Etats-Unis, là où il fera carrière dans la finance, se mariera, deviendra père de deux enfants. Sans que la passion pour la musique, transfusée par le père, ne l’abandonne tout-à-fait, le violoncelle lui restant un compagnon par l’intermédiaire duquel l’œuvre de Bach ne cessera jamais de vivre en lui.

Cette histoire-là est celle que narre la première partie du roman. Dans une sorte de cantate écrite d’un seul trait. La seconde partie est celle des retrouvailles des deux amants d’autrefois. Cinquante ans plus tard. Lors d’un bref séjour que Gabriel Aristu effectue de manière délibérée à Madrid. Un professeur d’histoire de l’art, qui est devenu son confident et qui, comme par inadvertance, le remet sur la piste d’Adriana Zuber. Donc des retrouvailles organisées sous la tutelle de la fille d’Adriana. Une femme en fin de vie, chez laquelle la mort s’est déjà insinuée. Une femme en laquelle Gabriel Aristu tente de retrouver un peu de leur jeunesse d’avant l’exil volontaire. Jusqu’au moment où Adriana Zuber lui murmurera la prière ultime.

Un roman dans lequel le vieux Lecteur s’est installé sans la moindre réticence. Dans une sorte proximité que fit naître son propre vieillissement. Exalté par cet arrière-plan musical qui ne constitue par un environnement sonore, mais qui donne son souffle, sa singularité et sa beauté à l’écriture du Romancier.

« … la ferveur de la musique, qui dans son cas revêtait la forme concrète de sa vocation pour le violoncelle, jouer Bach surtout, le jouer et l’écouter, les suites enregistrées en 1938 par Pau Casals, écouter et regarder de près Casals pendant qu’il jouait, lors des visites que lui et son père lui avaient faites lorsqu’il vivait dans son village d’exil ou son refuge champêtre de Prades, après qu’ils avaient voyagé à bord de trains de plus en plus lents pour passer la frontière française, le père aux cheveux prématurément blancs et le fils au seuil de l’adolescence, tous deux stricts et droits pour compenser le cahotement d’un convoi qui sentait encore l’après-guerre, tous deux revêtus de costumes austères, d’une honorabilité à la fois administrative et funéraire… »

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24 juin 2026

La colline qui travaille

« La colline qui travaille »

MANEVY Philippe

(Le Bruit du Monde)

 

La colline qui travaille ? La Croix Rousse, à Lyon, la colline des canuts. Qui fait face à la colline qui prie, Fourvière. Fourvière surmontée de son abominable verrue, une basilique, érigée au lendemain des Communes. Une sœur jumelle du sacré-cœur parisien.

(Jean Vilanova, ami trop tôt disparu du vieux Lecteur, aimait passionnément Lyon. Il vécut quelques années dans un appartement qui avait été autrefois un atelier semblable à celui que Philippe Manevy évoque dans son récit, un atelier de canut, là où travaillaient quelques personnes qui filaient la soie. Jean Vilanova aurait, c’est une certitude, beaucoup apprécié ce récit qui n’est pas un roman.)

Philippe Manevy vit et travaille à Montréal. Les raisons pour lesquelles l’Ecrivain a quitté la France ne sont pas clairement explicitées dans cet ouvrage. Ce qui est somme toute logique puisque le sujet traité n’est pas celui de l’exil, mais celui d’une « saga » familiale dont les personnages centraux sont ceux d’Alice et de René, ses grands-parents maternels. Quatre générations se succèdent, avec le peu des traces qui subsistent des plus anciennes, dont les si rares photos. Quatre générations qui sont comme une illustration du passage de la France rurale à la France industrielle. Des Communes (ou à peu près) jusqu’aux Trente glorieuses. Dans une ville qui ne cessera de se transformer, la ville où Alice et René eurent à subir les affres de l’exploitation capitaliste. L’une et l’autre à leur façon. Alice, dans son atelier de tissage, apparemment résignée, mais les apparences ne sont que les apparences. René, dans cet univers propice à l’insoumission, celui des ouvriers du livre.

Voilà un ouvrage qu’il est utile de découvrir en ces temps des bouleversements plus que des transitions. Une histoire qui s’ancre à l’Histoire, qui l’éclaire, qui lui donne du sens et du relief, ce que seul le prolétariat est capable de produire.

« Même si je raconte, d’une certaine manière, l’histoire d’une famille sous trois Républiques, je ne peux pas me prendre pour Zol. A l’inverse des Rougon-Macquart, qui étendent leurs ramures et traversent toutes les strates de la société française en déployant une énergie débordante, les miens s’épuisent à ne pas disparaître. Il faut dire que je ne peux pas les tirer de ma seule imagination pour nourrir une saga en vingt volumes. Mes personnages sont partiels, précaires, décevants parfois. Ils ne répondent pas toujours à mes attentes. »

22 juin 2026

James

« James »

EVERETT Percival

(L’Olivier)

 

« Beau » roman américain sur l’esclavage. Durant la période qui prélude à la Guerre de Sécession. Avec pour cadre un état raciste, le Mississipi. Et pour personnage principal James, un esclave dont la fuite sera scandée d’une multitude d’aventures. Dont « l’aliment » est une quête parfois désespérée d’une liberté que les dominants blancs lui refusent. James, un héros selon la tradition du roman d’aventure américain. Pour un récit auquel il est agréable de s’abandonner. En son posant en permanence la question : et aujourd’hui ?

« Je m’appelle James. J’aimerais pouvoir faire mon récit avec autant d’application que de fidélité. J’ai été vendu à la naissance, puis vendu de nouveau. La mère de ma mère venait d’un endroit sur le continent africain, m’avait-on conté ou peut-être l’avais-je simplement supposé. Je ne puis prétendre à aucune connaissance de ce monde ni de ce peuple, et j’ignore si les miens étaient rois ou mendiants. J’admire ceux qui, âgés de cinq ans comme Venture Smith, se rappellent le clan de leurs ancêtres, leurs noms et les déplacements de leurs familles à travers les rides, les tranchées et les abîmes de la traite des esclaves. Je peux vous dire que je suis un homme qui a conscience du monde dans lequel il vit, qui a une famille, qui adore sa famille, qui a été arraché à sa famille, un homme qui sait lire et écrire, et qui ne laissera pas son histoire être narrée par lui-même, mais l’écrira lui-même. »

17 juin 2026

Le lac de la création

« Le lac de la création »

KUSHNER Rachel

(Stock)

 

Roman au robuste tronc américain, mais qui s’en vient tenter d’insinuer quelques radicelles dans un terreau typiquement franchouillard. Une ancienne agente du FBI, Sadie Smith, désormais employée par les Puissants, est expédiée du côté de la Dordogne pour infiltrer un groupe « d’islamogauchistes » en lutte contre la construction de l’une de ces monstrueuses bassines qui défrayèrent les chroniques. Une provocatrice rémunérée, en quelque sorte. Sans états d’âme. Qui en profite pour découvrir la France. Et qui observe cet étrange pays avec un regard américain. Mépris. Suffisance. Vulgarité. Dignes d’un personnage trumpien. Le vieux Lecteur n’est jamais parvenu à sympathiser avec Sadie Smith. Même si, au fil de l’opération, la gente dame, harcelée par ses employeurs pour en faire toujours plus, l’Infiltrée laisse entrevoir quelques réticences, réticences qu’accentuent les sentiments qu’elle ne tarde pas à éprouver pour le guru des écolos franchouillards.

 

13 juin 2026

La longe

« La longe »

JOLLIEN-FARDEN Sarah

(Sabine Wespieser)

 

L’Helvétie Confédérée recèle d’authentiques trésors littéraires. Ce dont le vieux Lecteur est convaincu, et cela depuis qu’en ses très vertes années, il découvrit les romans de Charles Ferdinand Ramuz. Et voici que Sabine Wespieser lui offre, une soixantaine d’années plus tard, un court et si rafraichissant roman qui est l’œuvre d’une Romancière Helvétique. Une francophone valaisanne. Sarah Jollien-Fardel.

Une histoire quasiment ordinaire, celle de la mort accidentelle d’un enfant. Anna, la fille de Rose, renversée par une camionnette. Un univers qui s’écroule. L’univers paisible au sein duquel s’épanouissait Anna. Les montagnes et leurs villages recroquevillés dans les replis des vallées. Une famille unie, aussi bien dans la seule cellule familiale que dans ses élargissements du côté des aïeux. La mort d’un enfant. La tentative désespérée de Rose pour trouver le ou les éventuels responsables du drame. Puis, la vérité se révélant, la naissance du désir de vengeance. La folie. Que Camil, le compagnon de Rose, va tenter de contenir. Selon des méthodes qui, a priori, n’ont rien d’orthodoxe. Jusqu’à la rémission ? Ceci est, peut-être, une autre histoire.

Le vieux Lecteur s’est laissé emporter par ce roman, en particulier par sa première partie, où il est beaucoup question de l’aïeule qui accompagna Rose au cours de son enfance. Des images très fortes qui réveillèrent en lui celles d’une autre aïeule, Juliette, sa grand-mère versant paternel.

« Heureusement, grand-mère Eugénie veille. Surtout sur moi. Sa favorite (et réciproquement). Je cavale encore plus souvent sur ses pas, la rejoins désormais au café qu’elle ouvre désormais avec la radio en sourdine. Pour me distraire et « pour laver son chagrin », elle reprend le panier de sa mère, herboriste dilettante, je la talonne dans se/s récoltes de millepertuis, de feuilles d’impératoire, de bourgeons de sapin. Peut-être pour occuper mon esprit durant des années après ce printemps-là, elle m’implique dans le recopiage des recettes médicinales, éparpillées sur des feuilles volantes. Je note les ingrédients, le procédé de décoction, de macérat ou de pommade, dans un grand cahier à la couverture noire et souple. Elle me transmet ce qu’elle n’avait jamais donné à sa fille. »

12 juin 2026

Jeux de lumière

« Jeux de lumière »

KEHLMANN Daniel

(Actes Sud)

 

Ni une vraie biographie ni un vrai roman. Un bouquin en équilibre instable entre les deux genres. La vie d’un des cinéastes de la grande époque du cinéma allemand, entre les dernières années du muet et les premières années du parlant. Murnau. Lang. Et donc G.W. Pabst, auteur controversé et qui est le personnage central de ce bouquin. Pabst dont l’œuvre principale, au temps du muet, fut un film dont la vedette était une comédienne débutante. Une certaine Greta Garbo. La rue sans joie. A l’instar des plus connus de ses pairs, Pabst fuit l’Allemagne nazie. Une étape à Paris où il tourne Don Quichotte. Puis direction les Etats-Unis où il ne parvient pas à s’adapter. Retour chez lui en Autriche où l’état de santé de sa mère ne cesse de s’aggraver. L’Anschluss l’y enferme. Les nazis tentent de le récupérer. Il tourne un film, Paracelse, qui ne dérange pas. Pabst est déjà un Auteur moribond. Ce que le bouquin parvient assez bien à démontrer.

Mais une vraie biographie aurait suffi à raconter une existence brisée de créateur lors de la prise du pouvoir, en Allemagne (puis en Autriche) par les nazis. Était-il nécessaire, dans ce roman qui n’en pas vraiment un, de lui greffer le fils que Pabst n’a jamais eu ? Le vieux Lecteur en doute. Il en doute d’autant plus que ce personnage-là occupe tout au long de l’ouvrage une place qui édulcore le portait de Pabst, ancien « compagnon » des communistes et dont L’Opéra de quat’ sous (Brecht/Weill) reste une œuvre infiniment respectable.

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