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« Les cosmonautes ne font que passer »

GUEORGUIEVA Elitza

(Verticales)

 

Roman plein de drôlerie qui raconte la « Transition démocratique » que vécut la Bulgarie aussitôt après la fin de l’Union Soviétique. Une transition bulgare. Vécue à n’en pas douter par l’Auteure (qui vit en France depuis une quinzaine d’années et qui écrit de bien belle manière en français). La jeune narratrice s’est rêvé cosmonaute depuis le jour où, dans son école, un hommage fut rendu à Gagarine. Une passion qui ne la quitte plus, qu’elle entretient à travers ses lectures. Elle attend l’heure de sa « mission spéciale ». Elle convainc son amie et voisine de partager ses projets. Et puis survient le temps de l’anéantissement, amorcé donc par la « Transition démocratique ».

« Tout le monde semble extrêmement heureux, sauf le secrétaire général du comité central du Parti communiste bulgare et président du conseil de l’Etat de la République populaire de Bulgarie, le camarade Todor Jivkov, qui est en train de vivre un très mauvais moment, en direct sur la chaine nationale, sous les applaudissements excessifs de ta famille : un autre homme lui annonce qu’il n’est plus ni secrétaire général, ni président de la République, tout en lui déclarant son amour éternel et son respect profond pour ses mérites pendant ses trente-cinq ans de mandat… »

Drôle, pétillant, ce roman ne sombre jamais dans la caricature. Il relate ce que fut la « Transition » vue par une gamine qu’entourent ses père (bientôt chômeur) et mère (fumeuse impénitente), ses maîtres, mais aussi ses aïeux. La grand-mère qui croit en dieu. Le grand-père, bolchevique exemplaire.

« C’est la Transition démocratique, tout est cher et tout le monde est très pauvre. Tu remarques parfois les signes d’une richesse qui t’éblouit par éclats, tels de petits cailloux de toutes les couleurs ressortant dans la mosaïque d’ensemble, de plus en plus grise… »