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13 juin 2026

La longe

« La longe »

JOLLIEN-FARDEN Sarah

(Sabine Wespieser)

 

L’Helvétie Confédérée recèle d’authentiques trésors littéraires. Ce dont le vieux Lecteur est convaincu, et cela depuis qu’en ses très vertes années, il découvrit les romans de Charles Ferdinand Ramuz. Et voici que Sabine Wespieser lui offre, une soixantaine d’années plus tard, un court et si rafraichissant roman qui est l’œuvre d’une Romancière Helvétique. Une francophone valaisanne. Sarah Jollien-Fardel.

Une histoire quasiment ordinaire, celle de la mort accidentelle d’un enfant. Anna, la fille de Rose, renversée par une camionnette. Un univers qui s’écroule. L’univers paisible au sein duquel s’épanouissait Anna. Les montagnes et leurs villages recroquevillés dans les replis des vallées. Une famille unie, aussi bien dans la seule cellule familiale que dans ses élargissements du côté des aïeux. La mort d’un enfant. La tentative désespérée de Rose pour trouver le ou les éventuels responsables du drame. Puis, la vérité se révélant, la naissance du désir de vengeance. La folie. Que Camil, le compagnon de Rose, va tenter de contenir. Selon des méthodes qui, a priori, n’ont rien d’orthodoxe. Jusqu’à la rémission ? Ceci est, peut-être, une autre histoire.

Le vieux Lecteur s’est laissé emporter par ce roman, en particulier par sa première partie, où il est beaucoup question de l’aïeule qui accompagna Rose au cours de son enfance. Des images très fortes qui réveillèrent en lui celles d’une autre aïeule, Juliette, sa grand-mère versant paternel.

« Heureusement, grand-mère Eugénie veille. Surtout sur moi. Sa favorite (et réciproquement). Je cavale encore plus souvent sur ses pas, la rejoins désormais au café qu’elle ouvre désormais avec la radio en sourdine. Pour me distraire et « pour laver son chagrin », elle reprend le panier de sa mère, herboriste dilettante, je la talonne dans se/s récoltes de millepertuis, de feuilles d’impératoire, de bourgeons de sapin. Peut-être pour occuper mon esprit durant des années après ce printemps-là, elle m’implique dans le recopiage des recettes médicinales, éparpillées sur des feuilles volantes. Je note les ingrédients, le procédé de décoction, de macérat ou de pommade, dans un grand cahier à la couverture noire et souple. Elle me transmet ce qu’elle n’avait jamais donné à sa fille. »

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