Absolution
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« Absolution »
McDERMOTT Alice
(La Table Ronde)
Une longue lettre, la très longue lettre qu’écrit Patricia à Rainey cinquante ans après qu’elle ait rencontré à Saïgon celle qui n’était alors qu’une gamine éprise de sa poupée Barby. Une longue lettre qui raconte à Rainey ce que fut la vie de sa mère et celle de Patricia dans une ville où la guerre américaine tentait de contenir les offensives du Viêt-Cong. La sale guerre américaine. Qu’Alice McDermott laisse entrevoir par petites touches successives. La vie apparemment paisible d’expatriés dans une ville qui alors le centre du Viêt-Nam prétendument démocratique. Un contexte rendu avec subtilité, sans que rien de superflu vienne le parasiter.
Un roman attachant. Qui donne à voir la condition de ces femmes éloignées de ce qui donnait sens à leur vie. A la fois des privilégiées de part leur mode de vie et des êtres soumis à quelque chose qui leur échappe, ce quelque chose qui se tient dans les mains des maris (celui de Patricia est un ingénieur au service de la Marine de guerre US). Le petit personnel indigène chargé de toutes les tâches domestiques. Les enfants qui grandissent dans un monde aseptisé. Sauf que la guerre est là. Immonde, cruelle, sanglante. Tout cela est superbement raconté par Alice McDermott dans ce roman qui, derrière une grande pudeur, fait revivre un temps où il suffisait de très peu pour que la barbarie s’en vienne prendre le dessus.