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« Machin »

DESBIOLLES Maryline

(Flammarion)

 

La fascinante musique qui envoûte le Lecteur depuis sa première rencontre avec un roman de Maryline Desbiolles (« Primo »). Voilà bientôt quinze ans. Plaisir renouvelé depuis lors à chacune des rencontres. Une Auteure qui ignore l’esbroufe et tout le tralala littéraire.

Nice, bien évidemment. Telle un centre du monde. Du monde si particulier qui est celui de Maryline Desbiolles. Avec un détour par Casablanca, dans les années 50, où le tout jeune André écoute sagement Monsieur Cloclo (Claude Machin), garagiste de son état, lui raconter la vie de son père, Alfred Machin. Un aventurier d’exception. Un pionnier aussi. D’une forme d’art nouveau : le cinéma. Un cinéma dans lequel les animaux sont des acteurs essentiels. Et des studios niçois qui font penser à ceux de la Victorine, mais que Maryline Desbiolles appelle « Bon Voyage ». Nice, où l’œuvre nait. Où elle s’achève. On meurt jeune chez les Machin.

André, le Narrateur, narre mieux qu’il n’écrit (puisque le roman est affaire d’écriture. Sans se soucier du Lecteur. Qui lit et se laisse emporter. Jusqu’à la tombe niçoise d’Alfred Machin. Jusqu’à suivre l’ombre de Suzanne, la femme qu’aima le Narrateur. Jusqu’à respirer les odeurs du port et s’émerveiller, lui aussi, devant le prodigieux spectacle d’un feu d’artifice.

« A la nuit, les feux d’artifice sont tirés sur la mer. J’aime les feux d’artifice. Je me souviens des feux d’artifice tirés depuis la place des Nations-Unies à Casablanca, mais selon moi les feux les plus beaux sont ceux tiré sur l’eau et plus encore sur la mer. Un peu au large, les bateaux sont réunis et forment la cour venue acclamer le roi. On m’a raconté qu’en février, le dernier jour du carnaval de Nice, un feu d’artifice salue la disparition du roi de carton-pâte brûlé dans une barque voguant sur les flots noirs… »