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« L’abandon des prétentions »

RINKEL Blandine

(Fayard)

 

La mère racontée par sa fille. Un leitmotiv : « Qu’est-ce qu’une vie réussie ? ». Celle que se répète la Narratrice, cette fille qui retranscrit de brefs moments de la vie de Jeanine, la mère. Une femme qui s’avance dans la soixantaine, Jeanine. Une qui a presque réussi. Issue d’une famille déshéritée de paysans bretons, elle a mené un parcours universitaire qui fit d’elle une enseignante d’anglais. Divorcée. Solitaire quoique solidaire. Aidant des réfugiés. Partageant avec eux ce qui relève du nécessaire mais aussi de l’accessoire. Quitte à se faire berner. Et la Narratrice, la fille, comme témoin non pas des frasques d’une quelconque vieille dame indigne, mais d’une femme dont le générosité débordante la conduit trop souvent à l’aveuglement.

« Agir pour donner du sens à sa vie, puis penser, pour en donner à la mort ; quelques vingtaines d’apaisantes réflexions sur la mort parsèment le journal de Jeanine… Entreprendre encore et jusqu’à la vfin, non pas en niant la mort mais parce qu’on la sait présente, par une sorte de pessimisme enjoué… » Donc la nécessité, pour la Narratrice, de préserver les traces qui peuvent l’être. Le Lecteur fut sensible à ce roman bancal mais attachant. Parfois redondant. S’essoufflant ici ou là. Lui concédant dans ces moments-là un répit salutaire.