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« Mets le feu et tire-toi »

McBRIDE James

(Gallmeister)

 

Sensations contradictoires. Entre une incapacité totale du vieux Lecteur de s’intéresser à ce qui s’apparente à une biographie de James Brown. Tellement étranger à la musique qui fut celle du chanteur que les descriptions « techniques » ont dépassé son entendement. Et la découverte lui ayant permis d’aller au-delà d’une vision abstraite des réalités d’un racisme dont ce même James Brown, originaire du Sud des Etats-Unis, eut à souffrir. Le vieux Lecteur, le roman refermé, s’avère toujours incapable d’écouter le Chanteur. Mais il connaît un peu mieux l’abominable visage d’une certaine Amérique.

« Si vous attendez que l’homme blanc soit parti pour les interroger sur cet espace, celui qui sépare les Blancs des Noirs en Caroline du Sud, les Noirs vous répondront, « Oh, c’est rien du tout. M. Untel est mon ami. Ca fait quarante ans que je le connais. On s’entend tous bien ici. » Ce n’est que le soir, quand ils sont chez eux, quand les lumières sont baissées, une fois qu’ils ont fait leurs prières, qu’ils ont fini de chanter, que la télé est éteinte, que le vin se met à couler et que les langues commencent à se délier, une fois qu’ils sont en sûreté dans leur maison et en famille, que le discours change, et alors le bruissement n’est plus un bruissement. C’est un cyclone rugissant d’une fureur mêlée de dégoût et de quatre cents ans d’amertume refoulée. »