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« Peut-être ou la Nuit de dimanche »

ROUBAUD Jacques

(Seuil/La Librairie du 21° siècle)

 

Surtout ne pas prendre au sérieux le titre de cet ouvrage qui, avec ses sous-titres (« Brouillon de prose » et « Autobiographie romanesque »), tenta d’égarer le Lecteur sur des pistes a priori conformes. Sauf que le Lecteur fréquenta en de nombreuses circonstances le poète (et membre de l’Oulipo), Jacques Roubaud lui-même. Un individu qu’il n’aurait jamais dû approcher en raison des antécédents que le poète affiche sans la moindre vergogne. Ceux du mathématicien.

Il n’y a donc rien à attendre de cet ouvrage. Quoiqu’il y ait beaucoup à en recevoir. Et même un peu plus que cela. Au-delà des frontières de l’humour. Ces faux-fuyants qui constituent autant de dédales d’où la main secourable de Jacques Roubaud vous aide à vous extraire au tout dernier moment. Une vie qui ne se raconte évidemment, mais dont quelques bribes surgissent au détour d’un paragraphe. Un exercice littéraire de très haute voltige.

« Mettre des poèmes dans un roman n’est pas une excellente stratégie pour un auteur. Les lecteurs fuient. Je ne connais pas beaucoup d’exemples du contraire. Montaigne abonde en vers latins. Charles Lamb se fourre dans ses Elia.

Ici, place laissée au lecteur, pour y introduire ceux que son expérience lui suggère.

Mon moi conscient ayant affirmé toute ma vie que la poésie était le moteur sinon, unique, du moins premier de mes actions, je me trouve plutôt désarçonné devant la tournure prise par l’interprétation se différente que mes deux fils d’Ariane s’efforcent de m’imposer.

Est-ce pour cela que j’introduis quand même de la poésie, ruinant ainsi encore plus les chances de mon livre s’il est lu comme roman ?... »