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« Sucre noir »

BONNEFOY Miguel

(Rivages)

 

« La canne était coupée à la main par des dizaines de mulâtres dont les contrats, mal rédigés, signés d’une croix tremblante, étaient valables pendant un siècle ».

Le Lecteur fut subjugué par ce roman/fable, subjugué au point qu’il le parcourut pratiquement d’une seule traite. L’histoire d’un trésor, le naufrage du navire du capitaine Henri Morgane, un pirate qui a accumulé moult richesses et dont, trois siècles après sa disparition, la légende reste si vive que des aventuriers continuent à explorer les territoires censés être ceux de ce naufrage. Dont un certain Severo Bracamonte qui échoue dans la plantation de cannes à sucre où ne l’attendait pas Serena Otero, l’héritière de l’exploitation. Severo Bracamonte s’installe, prend racine et finit par oublier le pourquoi de sa présence avant d’épouser Serena et de se transformer en distillateur de rhum. Il engrange ainsi de conséquentes richesses. Mais il découvre également la statue d’une Diane chasseresse qui  bouleversera son destin, conduisant sa fille adoptive, Eva Fuego, à régner sur le domaine. Un domaine qu’avait déserté Serena Otero, laquelle, au terme de nombreuses péripéties et de longues années plus tard, retrouvera la terre de ses aïeux et élucidera, sans l’avoir cherché, le mystère du trésor du capitaine Henri Morgane.

Oui, un beau roman. Ecrit dans une langue très fluide. Moins classique qu’il n’y paraît au premier abord. Interrogeant le Lecteur sur son propre devenir à travers l’évocation des prodigieuses forêts primaires du Venezuela et leur destruction programmée. Donc sur le fond un roman ancré dans le temps présent, y compris dans la narration de la fable sur le présumé trésor d’un pirate et sur sa recherche par quelques aventuriers.