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« N’envoyez pas de fleurs »

SOLARES Martin

(Bourgois)

 

Polar mexicain. Qui donne à voir, à ressentir le pourrissement d’une société où la corruption, sur fond d’une violence hors-norme, affecte jusqu’aux plus hauts dignitaires de l’Etat. « Le gouverneur de l’Etat de Tamaulipas avait toujours été le premier à réagir : dès qu’un affontement avait lieu, il disait qu’il ne s’était rien passé, que c’était encore une manifestation de psychose collective – à supposer que la psychose collective utilise des balles de 9 mm. La présidence de la République, aux mains des chefs d’entreprise, était légèrement moins réactive que le gouverneur, mais elle ne manquait pas d’imagination : huit jours après un combat de cette nature, elle insistait sur le fait que c’était au gouverneur de rétablir la paix dans la région, que le président avait d’autres chats à fouetter, ou bien qu’il ne croyait pas à ces histoires extravagantes venues du nord. Ce qui explique que, sur sept cent mille habitants, cinq cent mille aient préféré émigrer… »

Polar très noir, quasiment désespéré, entrecoupé de fulgurances d’un humour lui-même très noir. Un polar qui traite de thèmes analogues à ceux de « Cartel », le roman (américain) de Winslow dont le Lecteur avait rendu compte récemment. Plus chirurgical. Beaucoup plus éloigné des réalités mexicaines, celles qui s’accumulent dans le récit de Solares, qui lui confèrent beaucoup plus d’authenticité. Deux bouquins qui toutefois sont susceptibles de se compléter et de s’enrichir mutuellement pour qui veut se faire une idée sur ce qu’endure actuellement le peuple mexicain.