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« Hommes, bois, abeilles »

RIGONI STERN Mario

(La Fosse aux Ours)

 

Des textes inconnus du Lecteur. Le bonheur de se laisser emporter par chacun des courts récits qui évoquent une vie qui n’est plus, des souvenirs des deux guerres auxquelles l’Auteur fut mêlé (l’Italie en étant à chaque fois un protagoniste). Les Dolomites. Les mues successives du village. Les amitiés. La solidarité. Les souffrances aussi. Les activités ordinaires. L’élevage de quelques vaches et de quelques moutons. La terre qui se cultive et qui donne le nécessaire. Les ruches et la récolte du miel. Ce qui relève de l’immuable. Ce qui fut la vie des habitants de ces montagnes où les saisons s’égrènent tout au long d’une vie.

Mario Rigoni Stern est un Ecrivain majeur, un de ceux dont la rencontre puis la fréquentation redonnent sens à sa propre existence.

« Ce jour-là, les abeilles étaient tranquilles mais actives. Les diligentes reines, suivies d’un petit groupe de servantes qui tentaient de les soustraire à mes regards, déposaient leurs œufs dans des cellules bien nettoyées ; d’autres œufs étaient en voie de développement et, sur les rayons les plus centraux, les larves étaient en train de se transformer en nymphes et en abeilles. Les couvées étaient toutes féminines, bien distribuées, et il n’y avait pas encore de cellules avec des faux-bourdons. Il n’y avait pas non plus d’insectes parasites, et le plancher des ruches semblait bien sec ; des restes de cire et des fragments d’opercules avaient été accumulés dans les angles situés au sud-ouest : le premier jour de chaleur, je ferai le ménage. Bref, tout cela voulait dire qu’elles avaient été bien protégées pendant l’hiver et que, même s’il avait été dur et long, elles l’avaient bien supporté. »