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« L’enfant qui »

BENAMEUR Jeanne

(Actes Sud)

 

« C’est peut-être ça, la destinée, une femme qui ne sourit pas, silencieuse au milieu de tout ce bruit. Une île. » L’enfant, seul. En quête de la femme, la mère, la voyageuse. Le père qui ne s’est pas résolu à l’absence, qui fréquente le café et déserte la maison, sa façon à lui de s’absenter de l’enfant. Et puis la grand-mère qui, à proprement parler, ne cherche pas à sauver quoique ce soit, mais qui parvient à préserver de fragiles et fluctuants équilibres.

Une fois de plus, la magie a fait sentir ses effets. Sur le (vieux) Lecteur. Son attachement aux livres de Jeanne Benameur. Ici un livre qui se présente comme un roman mais qui n’est peut-être pas un roman. Un livre qui contient les émotions sans vraiment les brider. Un livre qui raconte une possible (re)naissance, celle de l’enfant, qui explore des territoires inconnus, en compagnie d’un chien, ami et protecteur. Au cœur de proximités qui furent (peut-être ?) celles qu’avait parcourues la femme qui fut la voyageuse et la mère.

Une œuvre s’accomplit. Celle de jeanne Benameur. Discrète. Merveilleusement humaine.

« Les femmes comme elle ne partent pas sur les routes. Pourtant c’est cela qui l’aurait sauvée. Partir, quitter tout, ne plus jamais revoir sa maison ni le village. Il aurait fallu une vie nouvelle pour être elle aussi neuve. Mais quand on est une fille du village on reste au village et on se tait et on croise l’homme qui sort du Café, qui ne vous jette pas un regard, et on ne dit rien. On oublie. Vient le temps où on se demande si cela a vraiment eu lieu. »