pays-que-jaime

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le pays que j’aime »

BONVICINI Caterina

(Gallimard)

 

Quarante années de l’histoire récente de l’Italie. Dans un roman qui peine à frémir. Un roman dont les deux principaux personnages, censés incarner le meilleur et le pire de ce qui caractérisa ces années-là. Deux personnages auxquels le Lecteur n’a concédé qu’un intérêt très relatif. Tant leurs parcours respectifs lui parurent convenus et prévisibles. Olivia et Valerio. L’héritière des Morganti, richissimes bâtisseurs lorsque débute le récit, installés à Bologne. L’enfant du jardinier des Morganti. Elevés ensemble. Une scolarité en parallèle. Donc des liens très profonds. Donc l’inévitable histoire d’amour. Un amour contrarié, d’autant plus contrarié qu’Olivia est dotée d’un fort caractère. Et que Valerio s’initie à l’ambition, qu’il épouse une riche héritière romaine dont la famille trafique elle-aussi, étrange hasard, dans l’immobilier et qu’il devient un redoutable et redouté affairiste.

Le roman côtoie le mélo. Mais il ne s’y ensevelit pas. Même s’il frôle de temps à autre la catastrophe. Du moins ce que le Lecteur considère comme telle. En particulier via les incessantes retrouvailles d’Olivia et de Valerio, leurs « je t’aime moi non plus », l’ascension sociale de l’un et l’apparente régression de l’autre. Au cœur de cette Italie qui va s’offrir à Berlusconi, une Italie où la corruption structure la vie économique et l’action politique. Une Italie que l’Auteure regarde de très haut, comme s’il lui importait avant tout d’accorder quelques vertus morales à la « haute » société des Affairistes.

Une déception. Vite oubliée.

Un roman reflet d’une gauche italienne amputée du goût de la dénonciation abrupte, du refus des compromis honteux ?