51N4fFGjZNL

 

 

 

 

 

 

 

 

« Brand’s Haide »

SCHMIDT Arno

(Tristam)

 

Un fort ancien et particulièrement désagréable souvenir. Du temps des humanités du Lecteur. Un professeur d’allemand sans doute épris de cet Ecrivain alors inconnu sur les rives de Meuse. Un devoir : la traduction de deux ou trois pages de ce roman. Un résultat nullissime : le (jeune) Lecteur s’était avéré incapable de comprendre le propos d’Arno Schmidt tel qu’il lui fut alors présenté.

Soixante ans plus tard, le (vieux) Lecteur opta pour la traduction de Claude Riehl. Une traduction qui lui autorisa l’accès à l’œuvre. Une œuvre qui aujourd’hui encore s’apparente à une rupture. Une œuvre d’accès non pas difficile mais troublant, donc dérangeant. Une œuvre qui évoque l’Allemagne de l’après-guerre. Le Narrateur. Arno Schmidt lui-même. Deux jeunes femmes qui ont accepté qu’il occupât le gourbi proche de celui où elles se sont installées. Le partage du presque rien, du si peu dont il faut cependant se satisfaire. Dans la proximité des vainqueurs, les occupants, des britanniques. Face à tout ce survit du nazisme, face aux consciences toujours marquées par l’idéologie des vaincus. Le tout porté par une écriture qui agit en contrepoint des écritures dites classiques. Et un souffle particulier qui dans son expression induit peut-être une tentative de rupture avec ce qu’Arno Schmidt vécut au cours de sa jeunesse.

« Les abrutis !: la liberté relevait la tête, et eux se trituraient les mains, terrorisés comme devant un revenant ! (c.-à-d. moi aussi, j’étais encore obligé de prendre un élan ; mais à chaque fois j’arrivais à me remémorer, très vite, mon adolescence heureuse ne vous obligeait à vous mettre au garde-à-vous, ou la « tenue d’honneur » n’existait pas : ô gué !... »