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« La pièce obscure »

ROSA Isaac

(Bourgois)

 

L’Espagne s’extirpe tant bien que mal du franquisme. Un groupe d’hommes et de femmes loue un local dans les profondeurs duquel il aménage la pièce obscure. Lieu de liberté. De leur nouvelle liberté. Sans tabou. Où chacune et chacun accompagnent les fulgurantes évolutions de la société espagnole. Quand l’initiation à la démocratie, quand la découverte des apparents bienfaits de la société de consommation créent l’illusion d’entrer dans un monde nouveau. « Pendant ces années de rire, la pièce obscure fut le point autour duquel nous tournions tous, comme si nous étions liés par des cordes extensibles qui nous permettaient de nous éloigner, mais de nous en aller tout à fait : au moment où on le tendait trop, l’élastique se contractait, nous renvoyait là d’où nous venions. »

Les années passent. Hors de la pièce obscure, les habitués vont se confronter à la crise, brutale, insensée. Avec les stigmates qui font penser aux années du franquisme. Donc comme un retour en arrière. Même si la pièce obscure leur offre un abri où le monde extérieur n’a pas sa place. Un cocon ? Sans doute que non. Un havre, peut-être, où s’arrêter avec l’espoir que la tourmente cessera un jour ou l’autre. « Elle admit que l’ouragan la faisait reculer de plusieurs cases, elle se retrouvait à vingt ans mais sans les avoir… »

Un roman noir ? Le Lecteur préférerait le définir comme un roman réaliste. Un roman qui montre la société telle qu’elle se transforme. En mal plus qu’en bien. Sans travestissement ni faux semblant.