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« Le grand combat »

COATES Ta-Nehisi

(Autrement)

 

Années 80. Le grand combat des noirs américains. Dans ce récit autobiographique ô combien prenant. Au cœur d’une famille dont le père, à peine remis de l’effroyable guerre du Viet Nam, est devenu un militant de la cause. Celle que défendit Malcom X. Dont ce père, à West Baltimore, fut un propagateur. Père violent. Père instable. Mais qui sut aussi fournir à son fils les repères grâces auxquels il devint un écrivain. Dont la découverte de James Baldwin ou de Richard Wright. Avec, en toile de fond, les émeutes, les violences policières, les cadavres de gamins à peine plus âgés que lui. Le revers du rêve américain.

« Pourtant les grandes causes ne manquaient pas : Mandela, le Nicaragua, la lutte contre Reagan. Et nous nous entre-tuions pour des baskets cousues par des serfs, des blousons à la gloire d’équipes qui ne nous appartenaient pas, des casquettes arborant le nom d’Etats sudistes. Je sentais la chute, elle était partout. Le déferlement d’armes à feu bouleversait l’ordre naturel. Des gamins qui avaient l’âge de regarder « Les Aventures de Teddy Ruxpin » tenaient entre leurs mains le pouvoir d’effacer une vie. Mais mon père avait juré de nous guider à bon port. Mes parents se liguèrent avec d’autres mères pour nous sauver. »

Voilà pour le contexte. Le père guida l’adolescent d’alors à bon port. Un privilège. En dépit des violences subies, qu’elles aient été physiques ou morales. Un récit bouleversant dont le Lecteur n’a nulle envie de se défaire.