9782752910462

 

 

 

 

 

 

 

 

« Six mois dans la vie de Ciril »

JANCAR Drago

(Phébus)

 

La Slovénie post-titiste. Dont Ciril s’est extrait pour vivre à Vienne où ce jeune violoniste non dénué de talent joue du Mozart dans les couloirs du métro avant de se consacrer, la nuit venue, à un ensemble avec lequel, dans une boîte minable, qui interprétait pour un maigre public des musiques slaves. Jusqu’au jour où Stefan s’arrête devant lui. Un billet de cinq euros. Quelques mots échangés. Slovènes l’un et l’autre. Donc le hasard. Stefan entraîne alors le jeune violoniste à ses trousses. D’abord dans Vienne, puis le retour à Ljubljana. Là où Stefan dirige « son » affaire, là où Ciril fit ses études. Une drôle d’affaire.  Capitaliste, certes, mais aussi vaguement maffieuse. Stefan embauche Ciril, d’abord en tant que petite main puis comme collaborateur/conseiller de l’affairiste qui fait dans l’immobilier.

Le roman raconte, par la « voix » de Ciril, les six mois que durera cette association entre l’affairiste et le jeune artiste. Ciril qui retrouve une ville où il eut des attaches. Où il revient vers un passé dont il avait cru se délivrer. Où il découvre un monde nouveau, transformé par le capitalisme, le monde l’Argent Roi. « On n’a pas besoin de connaître l’ethnomusicologie, encore moins l’art ; pour savoir gagner de l’argent, il faut une intelligence particulière. Il n’est pas nécessaire d’être pratique, c’est-à-dire de savoir construire des maisons ou manipuler un réacteur atomique. Il suffit d’être fin et astucieux… »

Un roman passionnant. Qui confronte deux mondes inconciliables : celui des Artistes et celui des Affairistes. Un roman dans lequel le Lecteur a aimé s’immerger. D’autant plus qu’au-delà de Ciril et de Stefan, d’autres personnages le prémunissent des risques du manichéisme. Tel celui de l’architecte mal embarqué dans les « mauvaises » affaires de Stefan. Un roman empreint de nostalgies et qui laisse entrevoir les fulgurances des colères devant le gâchis et les incohérences.