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« Ce qui reste de la nuit »

SOTIROPOULOS Ersi

(Stock)

 

Le Lecteur a souffert, beaucoup souffert pour accompagner jusqu’à son terme une narration dont il ne nie pas les qualités littéraires, mais pour laquelle il a manqué de beaucoup de repères. Malgré un décor presque familier : le Paris de la fin du XIX° siècle. En dépit d’un contexte historique qui lui est également familier : l’affaire Dreyfus. Mais sa totale méconnaissance de Constantin Cavafy, poète grec, celui-là même dont l’Auteure retrace trois journées de son séjour parisien, cette méconnaissance le désorienta. Elle désorienta d’autant plus que le jeune voyageur a confié à Jean Moréas quelques-unes de ses œuvres et qu’il attend un avis, une critique, un point de vue du poète symboliste. Une école avec laquelle le Lecteur est en dysharmonie. Malheureux Cavafy qui crut découvrir l’opinion de Moréas sur ses poèmes dans les trois mots griffonnés sur l’enveloppe qui les contenait : « »Style pauvre Maladresses ».

Reste un roman bourré de références qui offrent un portrait somme toute assez proche de ce que fut la vie politique et intellectuelle de la ville capitale en ce mois de juin 1897. Portrait auquel se greffent celui d’une riche famille grecque exilée à Alexandrie et l’approche, chez Constantin Cavafy, d’une homosexualité refoulée mais aussi fantasmée.

« Comme un tableau dont on commence à déchirer la toile et que derrière celle-ci apparaît une histoire plus ancienne, puis une autre, et encore une autre, jusqu’à ce qu’enfin tombent par poignées les fils de la trame, il se vit lui-même, ce qu’il tenait pour lui-même – quel lui-même à propos ? un têtard – en train de s’effilocher et de choir, déchiré. L’écho des noms claquait en lui. Baudelaire, Rimbaud, Hugo. Rimbaud, Verlaine, Mallarmé. Baudelaire, encore Baudelaire. La liste était inexorable. Assez, cria-t-il. De nouveau il avait parlé intérieurement. Il jeta devant lui un regard dépité. »