9782714468949

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Volia Volnaïa »

REMIZOV Victor

(Belfond)

 

La Russie. La Russie sibérienne. Où les conditions d’existence semblent dater d’un autre temps. Même si la modernité introduit quelques-unes des machines qui permettent, a priori, de vivre un peu mieux. La pêche et la chasse. Un peu de braconnage. Quelques trafics, dont celui des œufs de saumons, qui permettent d’améliorer l’ordinaire. Les longs hivers. Quelques personnages hauts en couleur. Ceux de ces chasseurs/pêcheurs. Ceux des quelques flics censés faire appliquer les lois d’un état par ailleurs inexistant. Ceux de paumés venus quêter en ces contrées reculées leur rédemption. Les pots de vin.

« Le bourg de Rybatchi était le centre administratif d’une grande région forestière au sein d’un oblast. A en croire le pancarte rouge au musée local créé à l’époque soviétique par un gars du cru, un retraité, grand original, cette taïga était vaste à peu près comme quatre fois la Suisse. Et elle comptait quatre mille habitants rassemblés au bourg de Rybatchi, plus deux mille autre dispersés dans plusieurs villages ainsi que quelques équipes de pêcheurs éparpillés le long de la côte. Avant la perestroïka, la dissolution de l’Union soviétique ou Dieu sait quels autres événements advenus sur le continent, la région était sept fois plus peuplée. La vie était alors… plus dure, ou au contraire meilleure, ceux qui savent ce qu’est la belle vie n’ont qu’à trancher, toujours est-il qu’elle était plus simple… »

Une vie simple, qu’essaient de préserver ceux qui sont restés. Jusqu’au jour où, après un banal incident entre un chasseur et les flics du cru, la machinerie étatique se met en branle et tente, à la mode russe, d’imposer sa loi (qui n’est peut-être pas « la » loi).

Un roman de belle qualité. Aux yeux du Lecteur. Un roman russe qui ne s’englue pas dans l’infinie noirceur. Un roman qui traite de la vie d’hommes et de femmes qui ne se résignent pas, qui entretiennent la flamme de l’espoir. Un passionnant regard sur un monde qui change mais qui s’essaie aussi à ne pas se renier.