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« Le pas suspendu de la révolte »

BELEZI Mathieu

(Flammarion)

 

Roman quelque peu fastidieux. Une déception pour le Lecteur qui avait aimé une œuvre antérieure de Mathieu Belezi, « C’était notre terre ». Ici, du convenu. Un même récit raconté successivement par quelques-uns des personnages. Ceux d’une famille déchirée. Qui narrent leurs affrontements. Le père qui a déserté. La mère qui feint de l’attendre. La parentèle. Les enfants en souffrance. L’aïeul évidemment abandonné dans un mouroir. Des crimes atroces sur lesquels enquête le frère de celle qui feint d’attendre. Une mise en scène qui n’a pas su retenir l’attention du Lecteur. Un roman qui s’achève tel un polar apocalyptique. Comme une illustration du désenchantement qui affecte les sociétés contemporaines ? Avec ce qu’il faut de touches caricaturales sur les anachroniques rêveries de celles et ceux qui traversèrent les années qui suivirent l’éruption de mai 68?

Oui, du convenu.

(« … et aussitôt le fracas des guitares, trompettes et autres maracas emportait les discours, bousculait les rires, et on laissait les ogres barbudos inviter nos mères à danser dans leurs bras, et les sorcières se frotter le ventre contre le ventre de nos pères, on s’en fichait si nos mères finissaient dévorées par les ogres et si nos pères disparaissaient dans le ventre des sorcières, à la grande table vide il y avait des places à prendre, et on était tous bien décidés à s’en emparer, à jouer les pachas révolutionnaires de l’île… »)

Le pas de la révolte est en effet définitivement suspendu.