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« Mourir au printemps »

ROTHMANN Ralf

(Denoël)

 

Un douloureux roman qui raconte les dernières semaines de la guerre vues par un adolescent engagé de force dans les SS, à un moment où les armées nazies s’avèrent incapables de contenir les offensives des troupes soviétiques sur le front de l’Est. Les ultimes soubresauts. La folie meurtrière de ceux qui refusent d’admettre l’évidence. Des familles meurtries. Au cœur de villes où ne subsistent que des ruines qui n’offrent qu’un abri illusoire. Les pères disparus. Celui dont Walter essaiera de retrouver la tombe dans la succession des cimetières érigés en toute hâte sur les rives du Danube. Les vaines tentatives pour s’extraire du désastre. Celle de Fiete, l’ami de Walter, qui malgré une blessure s’essaiera à la désertion. La terreur. Plus qu’absurde, plus que criminelle. Des pages bouleversantes, celles qui racontent les derniers instants de Fiete, fusillé par quelques-uns de ses camarades, dont son ami Walter.

« Mais Fiete n’était pas mort, sa lèvre inférieure tremblait, sa cage thoracique montait et descendait, et une main happa l’air. Tandis que le médecin se penchait sur lui et rabattait les lambeaux de manteau pour compter les impacts – il les tapota avec son crayon -, le garçon respirait toujours par le nez et la bouche, une haleine délicate, secousses rapides, et il ouvrit lentement les yeux si bien qu’on put voir l’iris, le dernier éclat et le bleu pâlissant de son regard. Dans lequel il n’y avait déjà plus aucune direction. »

Un roman douloureux sur une tragédie dont les cicatrices ne sont toujours pas refermées. En tout premier lieu en ce pays qui fut celui qui se livra aux nazis avant d’atteindre à ce qui prit les apparences du néant.