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« Marcher droit, tourner en rond »

VENET Emmanuel

(Verdier)

 

Court et passionnant roman. Une succession de portraits des membres d’une même famille observée par celui qui se tient en marge de la société. Le Narrateur. Solitaire. Atteint du syndrome d’Asperger, une variante de l’autisme qui se caractérise, entre autres, par un nombre très limité de centres d’intérêt (le scrabble et les catastrophes aériennes chez ce Narrateur). Lors des obsèques de Marguerite, son aïeule, il va disséquer les comportements de ses proches, rapprocher le contenu des éloges funèbres des souvenirs qu’il garde de la défunte et donc, au bout du compte, brosser un tableau féroce des travers, des mensonges, des dissimulations, des manquements, des trahisons qui caractérisent le véritable récit de l’histoire familiale. Avec, en contre-point, les évocations de celle dont il s’était épris lorsqu’il était lycéen. Des évocations qui lui servent à étouffer les cris rageurs que lui inspirent la fourberie et l’hypocrisie ambiantes.

« … Pour ma tante Lorraine, le but de la vie se résume à rester jeune, mince et belle, et à payer le moins possible d’impôts, ce qui l’autorise à penser qu’elle a réussi la sienne puisqu’elle a pu, jusqu’à la soixantaine, entrer dans des pantalons taille quarante, se faire sauter par des représentants de commerce et défiscaliser l’essentiel de ses revenus… »