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« L’enfant qui mesurait le monde »

ARDITI Metin

(Grasset)

 

« Il fut un temps où nous offrions au monde des temples, des stades et des amphithéâtres. Aujourd’hui, nous défigurons un site merveilleux pour y construire le Périclès Palace, symbole de nos rendez-vous répétés avec le ridicule et la honte. Appauvri et hagard, notre pays sombre chaque jour davantage dans l’indignité et le malheur. »

Un roman où il est question de la Grèce. Une Grèce à laquelle l’Auteur voue une profonde affection. Le pays, avec son histoire et toutes les traces qu’il a laissé dans la mémoire collective. Un peuple, en très grande souffrance, où les autorités bradent tout ce qui peut l’être. Y compris des lieux enchanteurs. L’île de Kalamaki, par exemple. Vendue à des affairistes. Mais où l’opiniâtreté de quelques-uns va contrarier les plans des puissants. Celle d’Eliot, architecte américain (mais issu d’une famille d’origine grecque), venu s’installer sur l’île où se fille décéda accidentellement. Maraki, la femme du maire dont elle est séparée et qui vit de la pêche. Et Yannis, son enfant autiste, enclos dans son monde à lui et qui « mesure le monde ».

Ce roman relate moins un combat contre la violence, la corruption et l’injustice, qu’une résistance qui en appelle à l’intelligence et s’adosse à une culture qui constitue le lien vital entre l’ancien et le nouveau. Un roman qui captiva le Lecteur. Un roman qui entrouvre les portes de l’espoir, qui ne s’englue pas dans la résignation, qui ne fait pas du pessimisme une valeur cardinale. Un roman qui s’ouvre à l’autre, à tous les autres. « Le but d’un enseignement classique est de nous offrir un peu de clairvoyance face à des problèmes nouveaux et complexes. Nier l’universalisme de notre héritage, c’est faire avec la culture ce que les circonstances nous obligent à faire avec notre économie : nous en remettre à autrui. Là est la vraie humiliation. »