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« Les âmes rouges »

GREVEILLAC Paul

(Gallimard)

 

Travail thésardeux plus que vraiment littéraire. Le monde intellectuel soviétique. Entre soumission (pour l’immense majorité de ses acteurs) et rébellion et dissidence (pour une infime minorité). Point de révélations qui aient été en mesure de retenir l’attention du Lecteur. L’accumulation d’informations connues depuis très longtemps. Reproduites avec un brin de manichéisme, sans une véritable approche humaine. Même si les deux personnages « littéraires », le Censeur et le Dissident, ne manquent pas de pertinence et (peut-être ?) d’authenticité. Il manque à l’Auteur l’approche des réalités parfois complexes qui émanaient du « socialisme réel », des contradictions qui émergeaient tant du côté des Censeurs que de celui des Dissidents. Un Auteur qui ne marcha pas dans les rues du Moscou ou du Berlin (Est) de l’autre temps, ce qui lui interdit de concevoir que derrière les murs d’immeubles aux façades « de crépi crème, propre(s), ennuyeuse(s), anonyme(s) » vivaient des êtres humains de chair et de sang difficiles de réduire à quelques clichés conformes. Clichés qui conduisent Paul Graveillac à reprendre à son compte, par exemple, la thèse simpliste d’un Aragon ayant endossé à tout jamais le costume du stalinien pur jus.

Reste un roman historiquement utile pour celles et ceux qui abordent à cette période et s’essaient à démêler le vrai du faux. Mais un roman sans vraie qualité littéraire. Jamais ennuyeux, certes. Mais rarement en mesure de susciter la passion.