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« Journal de la canicule »

BEINSTINGEL Thierry

(Fayard)

 

Le Lecteur ne dissimule pas ce qui s’apparente à de la déception. Il avait découvert l’Ecrivain Thierry Beinstingel, voilà un an ou deux, dans un précédent roman dont il garde un souvenir plutôt positif, « Faux nègres ». Ce nouvel opuscule, lui, l’a plutôt déçu. Ou, et plus exactement, il n’a pas répondu à son attente. (La nuance mérite d’être spécifiée.)

Durant une quarantaine de jours, le narrateur s’approprie un genre littéraire qu’a priori il ne maîtrise pas, le journal. Pour deux raisons. D’une part, entre le 20 juillet et le 30 août, la canicule exerce ses ravages. D’autre part, ses proches voisins ne donnent plus signe de vie. Ce solitaire à l’existence fort ordinaire – celle d’un cadre intermédiaire oeuvrant en tant que dessinateur au service d’une collectivité territoriale – s’inquiète de cette possible disparition. Il parvient à s’introduire dans la demeure voisine, vide de tous ses occupants depuis plusieurs semaines. Puis il  explore chacune des pièces, à la recherche d’éventuels indices. En vain. Son imagination, adossée à l’annonce par la télévision d’un tragique fait divers, le conduit à échafauder de morbides hypothèses. Mais il travaille. Il est également dans l’obligation de rendre des visites régulières à sa mère, laquelle réside dans une confortable maison de retraite.

Le Journal entremêle les éléments disparates de l’enquête, les évolutions de la canicule et les menus faits et gestes quotidiens accomplis par un fonctionnaire qui, se relisant, finit par découvrir ce qu’il croit être son talent caché d’écrivain. Le tout dans un monde très ordinaire où il ne se produit rien d’exceptionnel. Ce qui explique peut-être que le Lecteur se soit assez vite lassé du côté très ordinaire de la narration.