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« Et j’ai su que ce trésor était pour moi »

LACLAVETINE Jean-Marie

(Gallimard)

 

Le Lecteur s’est senti bien dans ce roman. Tellement bien qu’il peina à le refermer. Le Lecteur aime bien Jean-Marie Laclavetine. Il l’aime d‘autant mieux que cet écrivain-là collabore à Siné Mensuel.

Oui, le Lecteur l’admet bien volontiers : de temps à autre, il succombe aux délices de ce qui est assimilable à du copinage. Mais il a depuis bien longtemps mis en garde celles et ceux qui prennent le temps de parcourir ses notes : il ne pratique pas la critique littéraire qu’il abandonne à quelques individus immensément cultivés et qui sont dotés d’un sens du commerce dont il est lui, le malheureux Lecteur, dénué.

Donc, ce roman serait comme une histoire qui n’aurait ni queue ni tête. Des récits qui interfèrent. Ceux qu’élaborent et essaient de mettre en forme deux écrivains, amants improbables (mais amants tout de même) qui se cherchent, se trouvent, se perdent, se cherchent encore. Qui disposent de cette faculté d’introduire dans leurs récits des parts d’eux-mêmes. Et qui donc en usent. Sauf que l’amante est dans le coma, que l’amant la visite nuitamment dans sa chambre d’hôpital grâce à l’affectueuse complicité d’une belle infirmière (rousse de surcroit). Et qu’au bout du compte, le Lecteur, comme fasciné, se laisse emporter dans le tourbillon, se sustente des rêves à travers laquelle il devient évident que la réalité n’est qu’un reflet de la fiction. Un constat accessoire, tant il est vrai que le tourbillon enivra le Lecteur jusqu‘à l’émerveillement. Un état auquel le Lecteur, en ses banales et insignifiantes fonctions, est rarement appelé.