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« Monologues de la boue »

MAZABRARD Colette

(Verdier)

 

Les monologues d’une marcheuse. Au cœur de paysages autrefois familiers au Lecteur, des rivages de le Mer du Nord jusqu’à la ligne bleue des Vosges, en passant par ses Ardennes natales, Charleville (la brasserie de l’Univers existe toujours !) et Sedan, les monuments aux morts des deux guerres, l’Argonne de Dhôtel (écrivain auquel l’Auteure ne fait pas référence mais qui semble parfois renaître de ce texte), les forêts, un monde en voie d’extinction. « Eaux vertes et sombres, herbes sombres qui ondulent, reflets sombres des arbres qui bordent les canaux. Jardins ouvriers… » Ou bien encore : « A un moment, la chaleur émane de l’humus, la forêt bout, plus tard de la vapeur se dégage, les étoiles brillent plus fort, rien n’existe que la forêt, que la nuit, les arbres s’écartent, le ciel scintille, la forêt se contracte, la vapeur apparaît, il va bientôt faire jour. »

La suite du voyage. Les chemins de Compostelle. Une quasi similitude, une étrange parenté entre le pays basque et les terres du nord de la France. Du moins dans le regard de la marcheuse à la recherche de l’oubli plus que d’elle-même.

Une brève remarque destinée à l’Auteure. Rimbaud ne naquit pas à Charleville-Mézières, mais bel et bien à Charleville, cette ville « qu’on ne trouve pas ». Les deux cités furent réunies bien après la mort du Poète et même bien après la naissance du Lecteur (qui se considère toujours comme « carolopolitain » !)