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« La Madone de Notre-Dame »

RAGOUGNEAU Alexis

(Viviane Hamy)

 

Une jeune fille est retrouvée assassinée en la cathédrale Notre-Dame (de Paris). Les flics feignent de s’emmêler les crayons. Un coupable idéal : un jeune homme qui s’en était pris à la future défunte lors de la procession du 15 août. Or, le coupable idéal se suicide chez les flics, la magistrate en charge du dossier ayant exigé que lui soient retirées les menottes. Un curé plutôt desservi par dame nature s’obstine dans la recherche de la vérité. Il interroge quelques témoins et reçoit les confidences d’un SDF polonais fortement alcoolisé. La suite démontrera que la recherche de la sainteté est un exercice particulièrement périlleux.

Le Lecteur ne s’ennuya pas. Ce polar s’inscrit dans une tradition « hamynienne », celle qui veut que les enquêtes apparemment les plus compliquées se résolvent grâce à l’entremise de « braves » gens qui ne sont pas des flics. Ici donc un curé sans histoire, ou presque. Un brave homme capable d’obtenir les confessions de braves gens. C’est parfois drôle, jamais désopilant.

NB/ L’éditrice Viviane Hamy vient de perdre le plus beau des fleurons de sa maison, l’excellente Fred Vargas. Au profit de qui ? Au profit de la maison Flammarion, désormais annexe de la maison Gallimard. Fred Vargas, la désertrice, s’est défendue en arguant du fait qu’elle aurait été en quelque sorte trahie par Viviane Hamy. Ce qui n’aurait rien d’étonnant dans ce petit monde clos de l’édition. Mais le Lecteur n’oublie pas que Fred Vargas est une « écrivaine à succès », donc un produit rentable. Il lui semble donc logique que le Gros (Flammarion) ait su créer les conditions économiques optimales pour obtenir ce transfert. Après tout, l’argent n’a pas d’odeur. Fred Vargas pourrait donc tout bêtement s’être donnée au plus offrant. Puisse-t-elle tout de même, dans cette affaire, n’y avoir pas perdu son âme ?