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« Le deuxième vœu »

DIAZ-ETEROVIC Ramon

(Métailié)

 

L’auteur ? Un chilien qui se situe dans la bonne vieille tradition des auteurs de polars confiant leurs enquêtes à un seul et même personnage. Chez Diaz-Eterovic, un certain Herrera, détective privé, quelque peu abîmé par la vie, en équilibre instable, tant sur le plan professionnel qu’affectif. Herrera vieillit, tout comme Simenon, son fidèle compagnon, un chat qui lui sert de confident. Presque autant qu’Anselmo, son proche compagnon, kiosquier de son état et turfiste avisé.

Dans ce roman, Herrera reçoit la visite d’un exilé chilien qui vit et travaille depuis trente ans en Allemagne. L’objet de la requête ? Retrouver le père de l’exilé disparu, bien évidemment, sans laisser d’adresse. Enquête difficile dans un pays où le sort réservé aux vieux n’est guère reluisant. Or, le père du client d’Herrera est âgé de 82 ans. Et les circonstances vont conduire le détective à partir à la recherche de son propre père, un père qu’il n’a jamais connu. Les deux recherches vont s’entremêler. Le passé, par bribes, ressurgira.

Diaz-Eterovic appartient, de toute évidence, à la petite famille des bons, des très bons faiseurs de polars. « Le deuxième vœu » le confirme. Si dans ce roman, le désenchantement affleure, c’est que le Chili, même désentravé de la dictature, est un pays ravagé comme tant d’autres par le libéralisme. Un pays où les vieux et les pauvres sont une charge insupportable. Un pays des solitudes. Un pays de l’enfermement. Un pays des souffrances non dites. Un pays où il revient aux femmes de préserver ce qui peut l’être encore, à savoir ce petit peu d’humanité, ce presque rien d’amour, ces traces à peine perceptibles de beauté.