Non, je n’écrirai pas son nom.

Celui de cet écrivain facho et catholique (un pléonasme ?).

Ma rancœur, mon courroux rejaillissent sur celui qui l’abrite et le nourrit.

L’éditeur majusculable.

Antoine.

Antoine Gallimard.

Qui voguait sur son rafiot tandis que l’autre publiait le texte immonde qui défraie la chronique.

La grande, l’honorable maison Gallimard (qui vient de s’offrir Flammarion).

Une maison qui est coutumière des relations sulfureuses avec les écrivains liés à l’extrême droite franchouillarde.

Et qui en tire quelques vanités.

Comme si, par exemple, le temps était venu d’absoudre ceux que Gaston, le Grand Ancêtre, ne désavoua pas.

Céline et Drieu la Rochelle, entre autres.

Céline, en particulier, dont tant d’exégètes ont décrété qu’il est le génie littéraire du 20° siècle.

Un génie qui libella « Bagatelle pour un massacre », « L’Ecole des cadavres », « Beaux draps ».

Des textes qui outrepassent le seuil de l’immonderie.

Des textes hurlant la haine des juifs.

Publiés en ces temps de l’Occupation.

Le génie présumé est-il compatible avec l’appel à l’extermination ?

Dans la récente exposition qui marqua le centenaire de l’honorable maison Gallimard (et qui fut présentée à Montpellier), la photo de Céline figurait parmi les dizaines de portraits des écrivains publiés par la dite maison.

Rendue à une sorte de banalité cette photo-là.

Sans une phrase pour rappeler que Céline ne fut pas un écrivain comme les autres, qu’il fut parmi ceux que l’on prétend les plus grands celui qui exalta l’extermination.

Une ignoble ordure.

Que je me refuse d’absoudre.

Puisqu’il n’est pas en mon pouvoir d’absoudre le plus ignominieux des crimes.

L’autre, le nouveau, celui qu’Antoine vient de confirmer dans ses prérogatives au comité de lecture, celui-là est une résurgence.

De la pire espèce.

Celle qui justifie et chante les louanges d’un certain facho qui abrégea la vie de quelques dizaines de jeunes norvégiens.

Une bagatelle.